Un vétérinaire homéopathe à l'ÉCOUTE de ses malades

L'écoute, l'essentiel pour un bon diagnostic en homéopathie

La guérison d'un malade  à 2 ou à 4 pattes, à poils ou à plumes, à sang froid ou à sang chaud, n'est jamais le résultat de l'action heureuse d'un seul remède. Elle est le résultat de l'attention du thérapeute, disons de son ECOUTE vis-à-vis de son malade.

Jacqueline Peker, vétérinaire homéopathe

Lors d'un premier cours, il y a bien des années, Léon Vannier disait : «Pour devenir un bon homéopathe, il faut avant tout être un bon clinicien – Il faut étudier - ECOUTER le malade, non pas seulement pour déterminer le remède homéopathique qui convient à son état, mais pour savoir aussi pourquoi, l'indication de ce remède s'est manifestée chez lui ».

ÉCOUTER le malade, pour mieux suivre le film de sa vie médicale et mieux comprendre les conditions dans lesquelles s'exerce son comportement, les modifications qu'il a subies depuis sa naissance et aussi l'effort que nous devons faire pour le rétablir.

La guérison d'un malade  à 2 ou à 4 pattes, à poils ou à plumes, à sang froid ou à sang chaud, n'est jamais le résultat de l'action heureuse d'un seul remède. Elle est le résultat de l'attention du thérapeute, disons de son ECOUTE vis-à-vis de son malade.

  • ÉCOUTE : qui s'adresse à la maladie aiguë,
  • ÉCOUTE : qui s'adresse à la maladie chronique.

Mais comment un vétérinaire homéopathe écoute-t-il ses malades silencieux ?

Pour le cheval et pour les animaux de compagnie, l'ÉCOUTE des propriétaires est une bonne approche, mais que devient-elle pour les animaux de rente et pour les élevages de volailles ou de porcs ?

Alors, il faut apprendre à ÉCOUTER avec ses cinq sens, ou peut-être avec notre 6ème sens… ce sens de l'Homéopathie, dont parlait Léon Vannier.

 

ÉCOUTER ou AUSCULTARE ou AUSCULTER.

On s'applique à « entendre» le malade dans la Totalité. 
ÉCOUTER avec ses oreilles, mais aussi avec ses mains, ses yeux, son nez ...

Car, c'est avec cette écoute, que le vétérinaire homéopathe imprimera à la consultation son sceau personnel.

Au cours de la consultation, les propriétaires, homme ou femme des villes, mais aussi entraîneurs, éleveurs, industriels d'élevages ...ont besoin d'être écoutés ... et il faut les laisser exprimer leur désarroi, leurs problèmes (car bien souvent, leurs problèmes sont aussi ceux de leurs animaux), leurs doutes, leurs craintes.

Chaque mot nous entraîne sur le chemin des DIATHESES, donc sur le chemin du ou des médicaments personnalisés.

Pendant cette consultation «passive », une autre consultation «active» se met en place. L'animal va prendre des positions, des attitudes qui vont nous conduire sur le chemin caillouteux des pathogénésies.

Leur regard, parfois nous en dit long. Ainsi a commencé :

l' « ÉCOUTE VISUELLE » du malade.

  • Regard des chiens ACONIT, qui ont peur des bruits de la ville, peur de la main de l’homme, peur d'avoir mal.
  • Regard des chattes PLATINA, qui se sont réfugiées dès l'ouverture du panier sur l'endroit le plus élevé de notre cabinet... regard vif, parfois agressif, de toute façon arrogant.
  • Regard ô combien tendre des SEPIA, imprégné de toute la tristesse du monde animal et qu'aucune caresse n'intéresse. SEPIA qui se cache sous la chaise de ses maîtres, la consultation ne le concernant pas.
  • Et le regard de SULFUR, allongé de tout son long dans l'endroit le plus frais de notre cabinet et qui guette nos caresses.
  • Je repense bien souvent à ce cheval LYCOPODIUM, à son regard brillant de colère dès qu'on voulait lui imposer quelque chose ..., mais si vite découragé, si vite imprégné de tristesse, que son entraîneur le croyait capable de pleurer.

Mais, pendant cette « ÉCOUTE visuelle » de nos malades, nous nous intéressons au poil, à la peau, aux muqueuses, au nez… mais aussi à leur façon de s’asseoir, de se coucher, de poser les pattes sur le bureau en s’intéressant à tout, comme tout bon NUX VOMICA… capable aussi  de faire tout faire tomber quand une main s’approche.

Savez-vous qu'un chien «PHOSPHORUS » reste toujours en éveil ... et le plus près possible de la porte, les oreilles droites et les narines en mouvement ?

Ainsi, chaque consultation exige notre totale disponibilité sensorielle.

 

« L’ÉCOUTE OLFACTIVE» …

... sentir le remède en s'installant là, debout, près de l’animal malade.

Ainsi reconnaît-on l'odeur d'ARSENICUM ALBUM, lors des épidémies de gastro-entérites hémorragiques (ou parvovirose), l’odeur fétide de la diarrhée d' ALOE, chez le chat ou de CHINA chez le chien ... et l'odeur si caractéristique des suppurations MEZEREUM, des otites HEPAR SULFUR, des pus CALCAREA SULFURICA.

Croyez-bien que cette «écoute olfactive» est encore plus importante en médecine rurale... dès le premier pas dans l'étable, votre nez prescrit le VERATRUM ALBUM de la diarrhée des veaux, l'HEPAR SULFUR des suppurations unguéales des moutons, le CAULOPHYLLUM de la non délivrance des vaches.

Je crois même avoir parfois senti «avec mon nez» l'agressivité de HYOSCYAMUS, en entrant dans une porcherie surpeuplée.

 

« L'ÉCOUTE TACTILE » de nos malades

Est la plus motivante pour un vétérinaire homéopathe... trouver au bout des doigts ces minuscules verrues qui vous orientent vers THUYA, trouver ce petit écoulement vulvaire qui vous approche d' HYDRASTIS ... ou simplement avec la pulpe des doigts, dénicher la douleur d'une tendinite, d'un muscle contracté, d'une névralgie dentaire ... et les remèdes scintillent: HYPERICUM, KALI CARB, KALMIA ...

C'est probablement l'Homéopathie qui m'a conduite vers l'ostéopathie cranio-sacrée.

Mais oreilles ne m'ont jamais servi à grand-chose dans la prescription de CAUSTICUM ou de BRYONIA ... Que peuvent répondre nos malades à poils ou à plumes, si on leur demande : « êtes-vous amélioré en vous couchant sur le côté douloureux ? ». Certes, beaucoup répondent avec leurs griffes, leurs dents ou leurs becs ... mais, ce qui compte, ce sont nos doigts qui palpent et approchent à petites touches la zone douloureuse. Le malade se recule, tremble ou, doucement se rapproche de vous, colle la «zone douloureuse » contre votre corps et vous savez que COLCHICUM, ARNICA, BELLIS, BELLADONNA ... vous aideront.

 

« L’ÉCOUTE » DU MAÎTRE

Mais, nous autres, vétérinaires homéopathes, devons aussi écouter nos malades, ou mieux leurs maîtres, avec nos oreilles, et c'est la première étape de toute consultation.

Après tant d'années de pratique, j'en arrive même à attacher de l'importance à la voix des propriétaires.

Combien de maîtres à la voix aiguë, agressive, accusent leur animal de hurler la nuit ou de fuir dès que des étrangers entrent dans l'appartement. Combien d'entraîneurs à la voix dure ou aboyante m'ont expliqué que les chevaux les écoutaient mal, ou même refusaient d'entendre. Combien d'oiseaux fuient la voix de l'homme et les éleveurs de volailles savent bien que le silence augmente la productivité ... le silence et la musique classique…Mozart surtout....

Mais les maîtres parlent aussi de leurs problèmes ... Tout ce qui les atteint se répercute sur leurs animaux, et c'est cette écoute-là qui va nous guider vers l'étiologie des troubles du comportement.

N'oublions pas que l'écoute des maîtres doit nous guider vers la recherche des diathèses, donc des remèdes de fond. Ainsi notre prescription tiendra compte de l'hérédité, de l'alimentation, du mode de vie, de toutes les agressions médicamenteuses subies par le malade, et des agressions vaccinales (toujours aussi nombreuses en vétérinaire). «À l'écoute des malades» avez-vous dit... !

Comment pourrions-nous prétendre être homéopathe, si nous n'écoutions pas nos malades ? Un vétérinaire homéopathe ÉCOUTE avec ses oreilles, mais aussi avec ses yeux, son nez, ses mains ... et pourquoi pas son cœur ... qu'importe…

 

La guérison de nos malades est au bout du chemin.

Docteur Jacqueline PEKER

Vétérinaire

Homéopathie – Ostéopathie

 

Modifié le: 
07/05/2018
par: 
Véronique Baumann
Auteur : Jacqueline PEKER - Auteur - 22/06/2017

À propos de l'auteur

Docteur Jacqueline Peker, vétérinaire homéopathe et auteure de nombreux ouvrages dédiés à l'homéopathie vétérinaire.

La référence en homéopathie, phytothérapie et médecines complémentaires depuis 1999