Qu'est ce que la microkinésithérapie?

microkiné

La microkinésithérapie , une méthode thérapeutique manuelle globale

La microkinésithérapie est une technique de soins effectuée avec les mains, qui consiste à contrôler et à restaurer la vitalité de tous les tissus corporels.   Le contrôle s'effectue par une micro palpation (le terme micro qualifie la finesse du geste) qui permet de trouver facilement les tissus en dysfonctionnement, c'est-à-dire, ceux qui sont porteurs d'une séquelle pathologique qui s'est inscrite à la suite d'une agression non rejetée.

Michel Zaluski, masseur kinésithérapeute.

En effet, toute agression subie met automatiquement en route des mécanismes auto-correcteurs chargés de lutter et de supprimer les conséquences de cette agression (cicatrisation après plaie, consolidation après fracture, anticorps après antigènes, etc...). Dans certains cas, ces mécanismes n'ont pas fonctionné ou n'ont pas réussi à supprimer les conséquences de l'agression. Les tissus vont alors porter la marque de ces séquelles pathologiques et présenter un dysfonctionnement. C'est sur ces tissus que la microkinésithérapie va agir en reproduisant, selon les données homéopathiques, c'est-à-dire d'une manière semblable et minime, l'agression primitive pour remettre en route les mécanismes d'auto-correction défectueux qui n'avaient pas fonctionné et ceci même des dizaines d'années plus tard. Cette remise en route des mécanismes auto-correcteurs permet d'obtenir une normalisation rapide des tissus qui facilite grandement une bonne rééducation des fonctions. L'étude se fait à partir des lésions traumatiques qui sont les plus faciles à retrouver, à corriger et aussi à reproduire expérimentalement, ce qui facilite beaucoup l'apprentissage de leur recherche. Ces corrections permettent de résoudre bon nombre de séquelles douloureuses. Le fil directeur de cette lecture est la loi évolutive telle qu'elle se présente en embryologie, phylogenèses ou biogenèses.  

La main

La main de l'homme est un instrument merveilleux qui est capable d'établir une infinité de contacts avec le monde qui l'entoure. La palpation consiste à établir ce contact manuel avec le corps d'un patient pour y recueillir des informations utiles à la mise en œuvre de gestes thérapeutiques. Pour cela, il faut des mains disponibles et une méthodologie très précise qui consiste à isoler le tissu à étudier entre les 2 mains et non sous une seule main, et à utiliser des récepteurs sensitifs adéquats.  

Claude Bernard

Claude BERNARD définit un être vivant comme un milieu intérieur qui doit se protéger du milieu extérieur dans lequel, il se trouve et se maintenir dans un équilibre vital que LANNON a appelé homéostasie. Pour faire cela, l'organisme bénéficie de facultés que l'on appelle aujourd'hui l'autopoïèse, c'est-à-dire littéralement "la faculté de faire quelque chose soi-même". Cette faculté permet non seulement de régulariser les différentes fonctions de notre organisme, mais également de s'auto-corriger, de se réparer en cas d'agression venant de l'extérieur ou de perturbations provenant de l'intérieur de nous-même. Depuis les origines, nous bénéficions de ce mécanisme de cicatrisation. C'est lui qui restaure nos plaies et consolide nos fractures. Bien plus, avec ces capacités immunologiques, notre organisme peut se protéger et se défendre contre les attaques virales ou microbiennes. Cette même faculté nous permet de repartir après des chocs émotionnels ou les épreuves de la vie.

Cette auto-correction est donc un mécanisme fondamental qui s'exerce en permanence pour préserver et maintenir ce milieu intérieur dans le meilleur état possible. Or, il arrive que parfois son efficacité soit insuffisante ou inadaptée à l'agression et dès lors des séquelles vont apparaître. Ces séquelles nous les connaissons bien puisque c'est sur elles que l'on nous demande d'agir. Nous disposons pour cela de tout un arsenal de techniques antalgiques comme les massages ou l'électrothérapie, de techniques de mobilisation ou de musculation, de techniques de stimulation ou de proprioception de postures, qui sont là pour nous permettre de réaliser ce travail et d'obtenir les résultats espérés. Toutes ces techniques ont comme point commun, le fait que c'est le thérapeute qui agit directement ou par l'intermédiaire d'un instrument et qui obtient par ce moyen des résultats très souvent satisfaisants. Pourtant, on peut se demander si l'organisme du sportif ne pourrait pas intervenir dans cette lutte contre les séquelles traumatiques ou microtraumatiques répétées, non seulement par le travail actif de mobilisation ou de musculation qu'on lui demande, mais également en lui demandant de remettre en route ses propres mécanismes d'auto-correction, ceux-là même qui n'ont pas fonctionné ou d'une manière insuffisante pour qu'il reprenne ce travail de correction interrompu en restaurant les tissus dans leur intégrité primaire. C'est là le but de la microkinésithérapie. Mais, encore faut-il pour cela se rappeler les lois qui commandent ces mécanismes d'auto-correction et trouver les gestes qui vont les déclencher. Il existe une grande loi en immunologie, et elle s'énonce ainsi : pour qu'un organisme mette en route un anticorps (un mécanisme de défense), il faut qu'il ait reconnu l'antigène (l'agresseur).

Cette loi est celle que nous allons suivre en microkinésithérapie, en essayant de retrouver la trace laissée par l'antigène qui a pénétré dans le corps afin de s'en servir pour ré-informer le corps de ce qui s'est passé. Cette trace, laissée par l'agresseur va apparaître sous nos doigts comme une perte de vitalité, une atonie, une inertie, une raideur, dans le tissu atteint. Cette inertie est facile à retrouver en se servant d'une technique palpatoire. Elle consiste à sentir la réaction d'un tissu, isolé entre les 2 mains du thérapeute. Celui-ci effectue des sollicitations de type étirement, poussées synergiques, compressions, etc... Un tissu altéré par une séquelle d'agression présente toujours une caractéristique palpatoire particulière sous forme de résistance à la sollicitation.

La correction consiste alors à retrouver et à isoler la portion du tissu qui a gardé la mémoire de l'agression pour informer à nouveau l'organisme de ce qui s'est passé afin qu'il réagisse et effectue une auto-correction complète et satisfaisante. C'est ainsi qu'un muscle qui a subi un étirement forcé après un choc traumatique a gardé en mémoire cet étirement et va le présenter à nouveaux aux doigts du thérapeute sous la forme d'une tendance à vouloir s'écarter en permanence alors qu'un raccourcissement en sens inverse est impossible. Il existe cependant un problème qui vient de ce que la trace laissée par l'agresseur ne reste pas dans le site de l'agression mais se répand et se diffuse parfois très loin de ce lieu d'origine et crée ainsi à distance des symptomatologies variées et trompeuses. Tout le problème en microkinésithérapie va donc consister à retrouver par-delà la symptomatologie présentée par le malade, la cause initiale, c'est-à-dire l'étiologie responsable de ces symptômes. Cette étiologie est mémorisée et donc inscrite quelque part dans l'organisme, mais pas forcément à l'endroit où le malade se plaint, ni exactement là où l'on peut observer des altérations dans les fonctions ou les structures.  

 

Contrôle musculaire et nerveux

La palpation de ces tissus (musculaire et osseux), issus du mésoblaste, se fait avec les doigts des mains placés de manière à isoler le muscle, l'aponévrose ou l'articulation à étudier. Les doigts perçoivent donc la présence ou l'absence d'un micromouvement découvert par W. SUTHERLAND de 10 cycles par minute environ, soit 3 secondes aller et 3 secondes retour. Prenons comme exemple le cas d'un sportif qui souffre d'une cervicalgie basse irradiant "en porte-manteaux" le long du trapèze vers l'épaule gauche ou droite. La palpation classique des vertèbres cervicales montre une diminution bien connue de mobilité entre C7 et D1, une douleur à la pression, et souvent des images radiologiques d'arthrose débutante qui justifient des traitements locaux. Par contre, le bilan microkinésithérapique montre :

  • Une absence de micro mobilité articulaire entre C7-D1,
  • La persistance du micro mouvement dans les masses musculaires cervicales basses,
  • Mais par contre la disparition de la micro mobilité des muscles du plancher pelvien.

Cette correction est obtenue en reproduisant lentement, doucement et suffisamment longtemps, le traumatisme initial qui a eu lieu à cet endroit, parfois des années plus tôt, pour permettre une réponse libératrice de la masse musculaire qui retrouve son micro mouvement. Il s'agit donc d'une homéopathie physique. La localisation curieuse de cette correction s'explique par l'étude du développement embryologique des muscles. Les embryologistes connaissent bien la migration de certains muscles qui vont exécuter leurs fonctions à distance de leurs vertèbres d'origine. Le diaphragme thoracique, par exemple, avec son nerf moteur, le phrénique issu des étages vertébraux de C3 à C5. De même une migration a eu lieu pour les muscles pelviens à partir de C7-D1, ce qui explique la correspondance observée. De ce fait, toute une étude myologique nouvelle fondée sur l'embryogenèse a donc été effectuée et distingue deux groupes :

  • Les muscles vertébraux du mésoblaste paraxial qui commandent les micro mouvements des vertèbres entre elles et qui conservent une liaison avec le derme. Cette liaison permet leur contrôle à partir de l'étude de la micro mobilité de la peau selon une topographie stricte. Un traumatisme d'un de ces muscles provoque une pathologie de métamère.
  • Les muscles du mésoblaste latéral conservent une relation avec les viscères. Tout traumatisme qui s'inscrit dans la portion musculaire provoque également l'arrêt du micro mouvement dans le viscère correspondant (splanchnopleure) et dans les articulations sous-jacentes.

 

Contrôle et correction du tissu nerveux

Ce contrôle s'effectue avec la paume des deux mains placée sur l'épiderme ou sur les centres nerveux à étudier, pour contrôler la présence ou non d'un micro mouvement de 2 cycles par minute soit 14 secondes aller et 14 secondes retour. L'étude micropalpatoire de l'épiderme s'effectue sur les faces antérieures et postérieures du crâne, cou, thorax et abdomen, et va montrer une ou des zones en restriction. Par exemple une restriction du système sympathique objective une lésion d'un relais ganglionnaire, médullaire, mésencéphalique, télencéphalique ou rhombencéphalique. La correction consiste à stimuler très doucement ce relais nerveux par l'application des paumes de main. Ceci permet d'obtenir en quelques secondes le relâchement complet de l'hypertonicité musculaire. De manière réversible ou reproductible, si nous stimulons ce relais de correction, nous faisons réapparaître l'hypertonicité du muscle concerné. Donc, l'étude du système nerveux a été reprise à partir de son développement dans l'évolution des espèces. Chaque étape de ce développement se retrouve dans des ensembles nerveux très précis avec leur correspondance sur l'épiderme, d'où une nouvelle cartographie de la surface du corps. En nous résumant à travers cette technique, nous nous efforçons de trouver l'étiologie de la pathologie apparente. Il se peut que ce soit simplement des séquelles traumatiques ou nerveuses, mais dans bien d'autres cas aucune étiologie de ce type n'apparaît dans l'interrogatoire, notamment quand le sportif présente un trouble vertébral lombaire sans étiologie directe classique mais avec par exemple une entorse de cheville. Il convient donc de rechercher d'autres causes possibles, là, à nouveau, la nature a bien fait les choses. Ainsi, on a pu retrouver une autre cartographie de toutes les différentes sortes d'agressions qu'a pu subir l'organisme.

  • Au niveau du cou sont mémorisées les agressions infectieuses non rejetées.
  • Au niveau du thorax, les agressions toxiques.
  • Au niveau du bassin, les agressions traumatiques.
  • Au niveau des membres inférieurs, les agressions par obstruction des circuits vitaux (garrots, ...)

Ainsi, il est facile de retrouver à partir de la trace qu'il a laissé le type d'agression subie et de la mettre en relation palpatoire avec la zone pathologique. À nouveau la correction consiste à faire réagir l'organisme en l'informant par la main du thérapeute sur l'étiologie du mal (et donc sur l'antigène) pour qu'il mette en route l'auto-correction spécifique (anticorps) Nous pouvons ainsi continuer à chercher et trouver bien d'autres étiologies comme des agressions vibratoires, des chocs émotionnels ou problèmes relationnels qui sont bien souvent la véritable origine des désordres dits "fonctionnels" => en avoir plein le dos.  

Contrôle et correction du mésoblaste intermédiaire

Lors du développement de l'embryon, un tissu issu du mésoblaste intermédiaire va se former entre les mésoblastes paraxial et latéral, et mettre en place le système urogénital. Pour le dos dans sa globalité, il apparaît des notions d'attaches embryologiques qui, étant en restriction c'est-à-dire en tension, vont constamment amener des forces de traction sur la colonne vertébrale, ou ses annexes (côtes, ...) En microkinésithérapie, nous avons pu mettre en évidence, grâce aux embryologistes, des tensions sur des secteurs particuliers :

  • Colonne vertébrale : Rein et Vessie.
  • Système costal : Médullosurrénale et Glandes génitales.
  • Système antérieur, sternum, symphyse pubienne : glande mammaire et prostate ou utérus.

Lors du bilan, nous pouvons mettre en évidence la tension régulière d'un de ces paramètres sur l'ensemble du tonneau que représente le tronc (en 3 dimensions), mais les corrections à appliquer appartiennent au domaine neurologique.  

Avec toutes ces données, que pouvons-nous faire pour le dos de nos sportifs?

Prophylaxie

Les embryologistes nous annoncent des développements :

  • Osseux, articulaires et péri articulaires,
  • Musculaires - mésoblaste paraxial, - mésoblaste latéral,
  • mésoblaste intermédiaire,
  • Neurologiques,
  • Endoblastiques,
  • Extra-embryonnaires.

Pour la prévention, une voire deux séances de microkinésithérapie permettront au corps de se régénérer c'est-à-dire retrouver son maximum de possibilité en rejetant l'ensemble des cicatrices laissées par de multiples agressions. Il est apparu qu'avec une unité fonctionnelle et psychologique stabilisée (expérimentation de M. X sur une équipe de basket ball) le taux (pourcentage) des lésions s'avère moindre. Et, lorsqu'il y a pathologie du dos, les soins à mettre en œuvre, quelles que soient les techniques utilisées (microkinésithérapie, Mézières, massages, thérapies manuelles, physiothérapie, ...) sont d'une efficacité remarquable ; encore faut-il à travers ces techniques, être étiologique quant à la pathologie.  

Le curatif

Bilan palpatoire : => une lésion => une auto-correction avec les restrictions suivantes : - Opiniâtreté de compétitions très ou trop proches (en général, nous voyons les sportifs après 3 rhumatologues, 2 ostéopathes, 1 ou 2 guérisseurs, 1 ou 2 chirurgiens, + quelques magnétiseurs) donc en fin de chaîne, sauf ceux qui ont entendu ou testé ce type de travail. - Une lésion anatomique a besoin de se restaurer selon la physiologie, mais il est vrai qu'avec cette pratique, les temps de restauration sont diminués de manière significative. Il ne s'agit pas ici de prêcher, mais de comprendre une autre approche de ce dos qui ne demande pas à être malmené mais qui subit des efforts dans le temps, l'espace et l'intensivité.  

Modifié le: 
14/08/2018
par: 
Véronique Baumann
Auteur : - 24/09/2002

À propos de l'auteur

Michel Zaluski, masseur kinésithérapeute et formateur en microkinésithérapie

La référence en homéopathie, phytothérapie et médecines complémentaires depuis 1999