Pathologies des mamelles en homéopathie vétérinaire - J Peker

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Mammites, mastoses, tumeurs mammaires en homéopathie vétérinaire

« Il n 'y a pas de maladies, il n'y a que des malades » ... Aussi, l'examen des mamelles en vétérinaire fait partie de l'examen général... et c'est cet examen associé à l'interrogatoire qui permettra la prescription du ou des médicaments qui doivent améliorer ou rétablir la santé.

Dr Jacqueline Peker, vétérinaire homéopathe

L’examen clinique

Examen visuel, certes, mais aussi examen tactile, car les doigts du vétérinaire doivent découvrir le moindre petit nodule enfoui dans le tissu mammaire... la moindre douleur… tout ce qui peut modifier ou compléter une prescription.

Les « femelles carboniques » trop nourries et dont le ventre balaie les tapis, présentent, plus que les autres, des nodules ou kystes à l'intérieur du parenchyme mammaire. Ces kystes sous-cutanés à parois minces, hémisphériques, plus ou moins rosés ou bleuâtres, sont remplis ou non d'un liquide clair.

 

Mamelles et terrain : constitutions et diathèses

À LIRE : Constitutions et diathèses en homéopathie

  • Cette mastose ou fibro-adénomatose est sans gravité. Pourtant, chez les « chattes sycosiques », un traitement de fond doit être entrepris avant toute exérèse chirurgicale.
  • Chez les « femelles phosphoriques », en dehors même de toute tumeur mammaire, cette mastose, même sans gravité, doit nous faire surveiller l'appareil pulmonaire et les ganglions proximaux.
  • Les mamelles des femelles carboniques de diathèse sycotique sont notre grand souci, car les tumeurs mammaires sont le plus souvent malignes (surtout chez les chattes) et s'accompagnent très vite de métastases pulmonaires et ganglionnaires. Pourtant, l'évolution reste lente, alors qu'elle peut être foudroyante chez les femelles phosphoriques à diathèse sycotique ou luétique.

 

Un vétérinaire homéopathe est consulté aussi bien pour des problèmes aigus, voire même sur-aigus, que pour des problèmes chroniques ... mais dans tous les cas, l'examen des mamelles est indispensable.

Pourquoi ?

Parce qu'il peut nous orienter vers la diathèse :

  • SYCOSE : si le toucher profond ou superficiel révèle la présence de «petits nodules» plus ou moins durs, plus ou moins sensibles.
  • PSORE : au cours d'un «eczéma» trop vite combattu par une injection de cortisone, on assiste à une alternance morbide au niveau des mamelles qui deviennent rouges, chaudes, œdémateuses et prurigineuses.
  • LUÈSE : après un traitement antibiotique destiné à combattre une infection cutanée, auriculaire, vaginale. . . on peut assister à une réaction mammaire ; une ou plusieurs mamelles gonflent et laissent sourdre un liquide jaunâtre, plus ou moins purulent.

 

« Pas de maladies ... rien que des malades ... »

 

Un interrogatoire rigoureux est donc indispensable.

 

L'homéopathe est sans cesse à l'ECOUTE de son malade mais, en médecine vétérinaire, il écoute aussi les maîtres avec ses oreilles et les malades ... avec ses mains, ses yeux, son nez ...

Tout doit être passé en revue, car la prescription du similimum n'autorise aucune négligence.

  • Hérédité
  • Alimentation
  • Mode de vie
  • Cycle sexuel et traitements hormonaux
  • Interventions chirurgicales de convenance ou non
  • Pathologies et leur rapport avec les saisons
  • Traitements reçus
  • Parasites internes ou externes ...
  • Psychisme ...

 

POURQUOI ?  COMMENT ?  QUAND ? IL FAUT TOUT SAVOIR ...

Le médicament existe, mais il n'y a que la Matière Médicale qui autorise sa prescription et il y a lieu de s’approcher au plus près du «médicament individualisé ».

 

Nous allons donc parler des grands médicaments de la mamelle ... mais attention, le médicament de fond de Pouzic ne sera peut-être pas le même que celui de Plum ... pour les mêmes kystes, la même inflammation... d'autant plus que l'une est carbo-fluorique et l'autre phosphorique.

Restons homéopathes et refusons la facilité.

Les affections des mamelles sont rarement isolées et plus encore en homéopathie où nous devons rechercher les alternances morbides et les relations entre les grands émonctoires.

Pourtant, dans notre clinique quotidienne, nous pouvons être confrontés à des problèmes qui, pour les maîtres, peuvent paraître comme des « lésions ou des troubles » isolés, mais qui pour nous, sont toujours reliés à d'autres déficiences ou troubles aigus ou chroniques et parfois même iatrogènes.

 

LES MAMMITES

Sont des inflammations des mamelles, consécutives à une congestion ou à une infection.

Les glandes sont chaudes, rouges, gonflées et douloureuses et après quelques heures peuvent laisser échapper un liquide plus ou moins grisâtre, sanieux ou purulent.

  • ACONIT : car d’apparition brutale et violente souvent après une exposition à un froid sec (chienne de chasse). La peau, très vite, est rouge et brûlante et la chienne agitée demande sans cesse à boire. Elle cherche souvent à poser ses mamelles sur le carrelage.
  • BELLADONNA : est la phase suivante avec rougeur, douleur et chaleur. C'est souvent le cas chez les chiennes qui ont subi une césarienne et dont les petits ne peuvent tirer le lait. La malade a les muqueuses sèches, réclame à boire ... tandis qu'une forte fièvre s'installe.
  • APIS : Les mamelles sont gonflées et pourtant pâles. C'est souvent ce que l'on rencontre avant les chasses. La chienne n'a pas soif, mais pourtant se lèche. Il faut penser alors à la diurèse en faisant boire du thé légèrement sucré.

Mais, ce premier stade d'inflammation est vite dépassé et quand on nous présente la malade, on a souvent affaire à une mammite en phase d'état, voire même à une infection.

  • BRYONIA : Les mamelles sont dures, chaudes, pâles et très douloureuses au toucher. La malade a souvent très soif, mais pourtant refuse de se déplacer. Dans tous les cas, nous devons vérifier la fièvre, mais aussi la couleur des urines. Combien ai-je vu de « mammites » évoluant sur une piroplasmose mal déclarée sur un animal vacciné !

Nous devons aussi vérifier chaque articulation, car il n'est pas rare que mammites et arthrites se succèdent (disons plutôt qu’une mammite peut accompagner les phases douloureuses de l'arthrose).

  • PHYTOLACCA : les mamelles sont dures comme du bois, douloureuses et souvent une hypertrophie ganglionnaire de proximité peut faire redouter l'abcès.

Après une mise-bas difficile, quand les conditions d'hygiène sont mauvaises et que les bébés sont trop nombreux et mal entretenus, on peut avoir à traiter une « mammite suppurée », souvent staphylococcique.

 

Un traitement antibiotique peut se révéler indispensable, mais nous complétons toujours par PYROGENIUM 7CH et MYRISTICA 5CH pour leur rôle de « vidangeur ».

  • CARBOLIC ACIDUM : bien souvent évite l'installation des gangrènes.

Localement, l'argile ou les crèmes au Calendula - non toxiques en cas de léchage - seront préférées à tous les autres produits.

 

 

LA MASTOSE

C’est une fibro-adénomatose de la mamelle, caractérisée par l'évolution de kystes à l'intérieur du parenchyme mammaire et plus fréquente chez la chatte.

Ces kystes sous-cutanés sont à parois minces, hémisphériques, plus ou moins roses ou bleuâtres, et renferment un liquide clair. Cette mastose est plus fréquente chez les sujets sycotiques qui reçoivent des traitements hormonaux.

  • CONIUM : les nodules siègent un peu partout, mais assez souvent en grappes autour des mamelons. En période pré-menstruelle ils sont le plus souvent sensibles au toucher.
  • IODUM : Nodosités bleuâtres insensibles au toucher qu'on trouve chez des chiennes phosphoriques, agitées, voire même agressives et souvent efflanquées.
  • ASTERIAS RUBENS : Indurations souvent douloureuses avec réactions ganglionnaires qui entraînent l'établissement d'un bilan avant de décider l'exérèse chirurgicale.

 

LA PSEUDO-GESTATION

Bien connue chez la chienne, elle s'installe durant le metoestrus et se traduit par des symptômes nerveux et par une inflammation de la mamelle qui peut être chaude, enflée et douloureuse et gonflée de lait.

L'interrogatoire permet de prescrire le médicament le plus proche des symptômes nerveux : agressivité, boulimie ou anorexie, tristesse ou exubérance ... La chienne gratte le sol ou les lits, materne, s'isole, hurle à la mort... souvent le tout à la fois… et les dilutions croissantes d'IGNATIA, 9, 12, 15, 30 CH sont efficaces pour venir à bout de ce « comportement paradoxal».

La parfaite application des règles de la Matière Médicale fait que l’Homéopathie est la seule thérapeutique efficace pour le traitement, voire même pour la prévention des grossesses nerveuses.

Ainsi sont évités les traitements hormonaux dont les troubles secondaires sont redoutables.

  • PULSATILLA : Mamelles gonflées, chaudes et douloureuses sur lesquelles se dessine le lacis des veines mammaires. La « malade », frileuse et lymphatique recherche le froid, et présente un appétit capricieux. Cette grande timide, au caractère soumis, sait parfois montrer les dents. Les chasses sont le plus souvent en retard et peu abondantes. Un prurit généralisé accompagne très souvent cet état de pseudogestation.
  • CALCAREA CARBONICA : La femelle est obèse, mais boulimique, frileuse, vite fatiguée. Les chasses surviennent tous les 4 mois et sont très abondantes. Quelques jours avant le début des chasses, les mamelles sont dures, chaudes, douloureuses et la chienne est agressive, refusant de rester seule. En dehors des chasses, il y a souvent des désordres cutanés (croûtes, prurit, plaques rouges plus ou moins suintantes) et des périodes de constipation ou de diarrhées. Chez les chiennes plus âgées, les troubles cardiaques sont toujours aggravés par la grossesse nerveuse.
  • SULFUR : apparaîtra comme le médicament de fond des chiennes psoriques quand, deux mois après les chasses, tout devient rouge, chaud, malodorant, y compris le poil et la peau. Les chiennes sont agitées, tendres ou agressives, boulimiques ou anorexiques. Leur ventre est ballonné, agités de borborygmes ou même de flatulences avec une constipation opiniâtre.
  • THUYA: Est le médicament de fond des chiennes sycotiques. Pendant les chasses apparaissent des lipomes, des abcès des glandes anales, des kystes mammaires... et pendant la grossesse nerveuse, tout coule : les yeux, le nez, le vagin, l'anus ... tandis que la chienne refuse toute compagnie, manifestant ainsi son état de dépression intense.

 

Ainsi, nous restons fidèles à notre doctrine : « pas de maladies ... des malades ».

 

LES TUMEURS MAMMAIRES

Mais, il est impossible de parler de la mamelle, sans aborder le douloureux problème des tumeurs mammaires beaucoup trop fréquentes chez nos animaux de compagnie et qui sont malignes à 90 % chez les chattes et à plus de 50 % chez les chiennes.

Sont-elles la conséquence d'une alimentation industrielle, d'une vie familiale plus stressée, des traitements chroniques plus longs et plus fréquents, des traitements hormonaux, des pseudo-gestations; des conditions de reproduction? Je l'ignore.

Certes, la chirurgie a fait de grands progrès, mais la chimiothérapie est mal acceptée et son efficacité douteuse. Il est toujours très difficile de conseiller une exérèse chirurgicale immédiate.

Pendant deux mois, voire même jusqu'aux chasses suivantes, je prescris un traitement de fond destiné à aider l'organisme à mieux se défendre et, si besoin est, un ou plusieurs médicaments symptomatiques parmi lesquels se détachent :

CONIUM - PHYTOLACCA - ASTERIAS RUBENS - CONDURANGOIODUM en fonction de l'état et de l'aspect de la tumeur.

Ces mêmes médicaments, je les prescris, en 5CH, après la chirurgie pour diminuer les récidives, quand toute la chaîne mammaire n’a pu être enlevée.

Mon association actuelle avec un service spécialisé en chirurgie, me permet de préparer les animaux et de les aider à mieux supporter l'acte chirurgical.

Dans de nombreux cas, l'Homéopathie permet de dominer les complications :

  • mauvaise cicatrisation
  • fistulisation
  • choc

Le vétérinaire homéopathe sort de son isolement, isolement qui nous a été imposé par certains praticiens allopathes.

Qu'importe ... un grand pas est fait en médecine vétérinaire ... et il mérite d'être suivi en médecine humaine.

 

QUELQUES MOTS SUR LES MAMMITES EN MEDECINE RURALE

FORMES AIGUES

  • BRYONIA : Pis dur, pâle froid, douloureux (la vache reste immobile, les pattes écartées). Douleur améliorée par une pression forte.
  • PHYTOLACCA : Inflammation apparue brutalement «grosses boules» dans le pis qui est douloureux. Température. Abattement. Ganglions mammaires douloureux. Le lait est comme de la bière.
  • KALIUM MURIATICUM : Si mammites « sub-aigues » à répétition avec un lait épais et fibrineux. Chaque inflammation laisse une « boule » non douloureuse dans le pis.

 

FORMES CHRONIQUES

  • SILICEA
  • CALCAREA SULFURICA
  • SIEGESBECKIA
  • CONIUM : Durcissement de la mamelle sans douleur : tarissement
  • ISOTHERAPIE :  Indispensable pour le traitement des mammites de toute origine, en médecine rurale.

 

AFFECTIONS DU TRAYON

  • CROTON TIGLIUM Manchon dur, rouge et douloureux à l'extrémité d'un trayon. La vache refuse la traite.
  • CASTOR EQUI

 

Crevasses et gerçures

  • RHUS VENETA : Vésicules puriantes avec des croûtes foncées.

 

Modifié le: 
04/06/2018
par: 
Véronique Baumann
Auteur : Jacqueline PEKER - Auteur - 29/09/2016

À propos de l'auteur

Docteur Jacqueline Peker, vétérinaire homéopathe et auteure de nombreux ouvrages dédiés à l'homéopathie vétérinaire.

La référence en homéopathie, phytothérapie et médecines complémentaires depuis 1999