L’homéopathie et les troubles du comportement chez les animaux de compagnie

Agressivité, anxiété, jalousie.... chez l'animal, par Jacqueline PEKER, vétérinaire homéopathe

En 28 ans de pratique canine, je n’ai jamais utilisé de psychotropes, mais j’ai prescrit IGNATIA, GELSEMIUM, PHOSPHORUS, RAUWFOLFIA, HYOSCIAMUS… en 7, 9, 15, 30 CH… une ou deux fois par jour, une ou deux fois par semaine, une ou deux fois par mois… médicaments associés ou non à la phytothérapie, aux oligoéléments, à l’ostéopathie, à l’acupuncture…

Jacqueline PEKER, Vétérinaire homéopathe

Le Petit Robert dit que le « comportement », c’est la manière de se comporter…

Un trouble du comportement est marqué par un changement d’attitude, de conduite, mais la rigueur de l’interrogatoire homéopathique doit mettre le doigt sur le ou les facteurs déclenchants, internes ou externes.

Ce qui est important, c’est ce moment précis où vivre ensemble se transforme en enfer. Pour le maître, certes, mais aussi ô combien pour le chien.

Qu’importe de savoir si les troubles du comportement sont des psychoses ou des névroses, ce qu’il faut soulager, c’est le mal-être du maître et de l’animal et donc la possibilité de vivre ensemble !

Les troubles du comportement et l’homéopathie

Pendant presque 25 ans, j’ai soigné – disons soulagé ou amélioré – des « troubles du comportement" à savoir :

  • L'agressivité,
  • L'anxiété (y compris chez les chiots, souvent provoquée par la séparation),
  • La coprophagie ou troubles entraînant une destruction de l’environnement ou même des automutilations,
  • Les énurésies ou la simple décision de faire ses besoins n’importe où, n’importe comment,
  • Le mal des transports,
  • Les peurs.

La sensibilité de l’animal peut être :

  • Externe : attitude par rapport aux humains, aux autres animaux, aux agressions auditives, visuelles, olfactives, tactiles,
  • Interne : expression de l’amour, du désir, de la colère, de la jalousie avec agressivité interne ou externe.

 

LES NEVROSES

Elles sont d’origine exogène, le comportement anormal étant déclenché par une perception réelle ou imaginaire. Elles sont de toute façon liées à une mauvaise adaptation de l’animal aux phénomène extérieurs. Citons :

  • L’hystérie,
  • L’hystéro-épilepsie,
  • Les névroses post-émotionnelles : angoisse, anxiété, peur, panique, anorexie mentale.

 

Hystérie

C’est une névrose liée à une perturbation génitale ou à une modification de l’affectivité. Elle évolue en crises à tendance convulsive, désordonnées mais sans perte de connaissance. Elles sont légendaires chez les chattes siamoises, mais associées à un hyperfolliculinisme.

  • IGNATIA : extrême variabilité des symptômes – attitude pleine de contradictions – agitation aggravée la nuit – photophobie – goût pour des aliments indigestes – ballonnement intestinal et borborygmes.
  • MOSCHUS : irritabilité et parfois même fureur – grande excitation – aggravation la nuit – yeux fixes – refus de manger.
  • PLATINA : humeur changeante avec colère et agressivité –besoin d’être toujours en hauteur – aggravation la nuit et au moindre contact – raideur de la nuque et crampes intestinales – constipation dès qu’on change les habitudes.

Hystéro-épilepsie

La crise est déclenchée par un contexte extérieur : bruit, odeur, objet, lumière vive.

Les médicaments : STRAMONIUM et CUPRUM METALLICUM

Comportement changeant

  • ACTAEA RACEMOSA : qui passe de l’hystérie à la tristesse (surtout pendant une grossesse nerveuse),
  • IGNATIA : comportement paradoxal : « de la léchouille au coup de croc » sans que personne ne sache ni pourquoi ni comment,
  • CROCUS SATIVUS : indiqué chez le chat qui, en quelques minutes, devient un fauve et surtout la nuit.

Agitation

  • ARGENTUM NITRICUM : agitation par anticipation – avant la chasse, avant le départ en vacances… et on assiste à une diarrhée émotionnelle,
  • CHAMOMILLA : si l’animal est intolérant à la douleur.

Anxiété

Elle traduit souvent une réaction inconsciente de l’état de douleur.

  • S’il y a quelque part rougeur, chaleur et douleur : BELLADONNA
  • S’il s’agit d’une anxiété vraie, l’homéopathe doit tenir compte des modalités :
    •            Le soir, à la tombée de la nuit : LYCOPODIUM,
    •            Entre 1 h et 3 h du matin : ARSENICUM ALBUM.
    •            La solitude dans un endroit inconnu peut perturber un animal :

                       . ARSENICUM ALBUM : hurle à la mort,

.  GELSEMIUM : tremble.

                      .  IGNATIA : refuse de manger.

Dans ces cas « aigus », il convient de renouveler très fréquemment les prises, même les hautes dilutions.

Jalousie

Souvent sous l’influence du système génital :

  • HYOSCYAMUS : l’animal est furieux
  • LACHESIS : l’animal est triste et se cache dans un coin,
  • PLATINA : si la cause est une rivalité sexuelle. On pourra associer ORIGANUM chez les mâles et MUREX PURPUREA chez les femelles.

Agressivité

  • MERCURIUS SOLUBILIS : agressif avec les autres animaux et très souvent avec les très jeunes enfants – c’est un chef de bande.
  • NUX VOMICA : agressif dès qu’on le contrarie – il détruit tout, même ses jouets et si on veut l’en empêcher, il se retourne contre son maître comme s’il ne reconnaissait plus personne – c’est en plus, un maladroit, impatient et précipité – en dehors de cela, quand tout va bien, il mange et il dort ;
  • ANACARDIUM ORIENTALE : agresse et aboie ;
  • ASARUM : médicament intéressant chez le chat quand l’agressivité est provoquée par le bruit
  • HEPAR SULFUR : agressif et démolisseur
  • LACHESIS et HYOSCYAMUS : l’agressivité est provoquée par la jalousie
  • SULFUR : agressif si on lui retire quelque chose qu’il a dans la bouche. C’est en plus un voleur et un paresseux.

Les peurs

Chez les animaux anxieux

Plus généralement

  • Peur de rester seul dans l’obscurité : STRAMONIUM,
  • Peur des autres animaux : BROMUM – HYOSCYAMUS – RANA BUFO,
  • Peur des étrangers : AMBRA GRISEA,
  • Peur d’être touché : ARNICA,
  • Peur de la foule : ARGENTUM NITRICUM , si, en outre, l’animal s’enfuit,
  • Peur de l’orage :

            - avant : GELSEMIUM

            - après : PHOSPHORUS, RHODODENDRON,

Cette « répertorisation » doit être considérée comme un outil de travail, mais ne doit en aucun cas se substituer à l’interrogatoire.

Le pica

Cette maladie se définit par la consommation d'aliments non comestibles.

C’est une dépravation du goût, qu’on peut considérer comme une névrose.

Dans tous les cas, il faut prescrire : NUX VOMICA 9 CH associé à 

  • CALCAREA CARBONICA 15 CH - ’il y a désir d’œufs, de terre, de bois, de plâtre ou de charbon,
  • À CICUTA VIROSA 15 CH si l’animal lèche les murs ou mange de la craie ou des pommes de terre crues,
  • À ALUMINA 15 CH : s’il y a en même temps une constipation rebelle.

La coprophagie

Cette maladie se définit par la consommation d'excréments.

C'est aussi un trouble du comportement qu’on peut attribuer au mode de vie, à une alimentation déséquilibrée, à une insuffisance enzymatique intestinale, à une insuffisance pancréatique.

Dans tous les cas, on donnera CALCAREA CARBONICA 9 CH et une association des trois CALCAREA (CALCAREA CARBONICA, CALCAREA FLUORICA, CALCAREA PHOSPHORICA) en basse dilution (3X – sous forme de trituration).

Les animaux rétifs

L’animal refuse de faire le service pour lequel il a été dressé.

Certains bergers allemands refusent le dressage et certains lévriers refusent de courir.

  • AGARICUS MUSCARIUS sera prescrit sur la grande variabilité de son humeur, qui peut aller jusqu’à l’agressivité, sur la présence de contractures rachidiennes qui semblent douloureuses, sur une « intelligence » assez lente, sur le fait que les ongles poussent anormalement. Au moment du refus, l’animal semble avoir oublié ce qu’il doit faire. Le dos est raide, les muscles secoués de tremblements et le pouls accéléré.

Le tic du lécher

Il est mieux connu chez le cheval, et LYCOPODIUM est le médicament le plus souvent indiqué, mais AGARICUS MUSCARIUSpeut aussi donner d’excellents résultats : la tête remue constamment, et on constate des tremblements de la langue.

Dans toutes ces situations, la gemmothérapie, la phytothérapie, les oligo-éléments sont très souvent des compléments indispensables.

Oui, j’ai amélioré des chiens, des chats, des chevaux, mais ENCORE FAUT-IL QUE LES MAÎTRES MODIFIANT LEUR RAPPORT AVEC LEURS ANIMAUX !

Jacqueline PEKER, Vétérinaire homéopathe

Modifié le: 
16/12/2017
par: 
Véronique Baumann
Auteur : Jacqueline PEKER - Auteur - 28/11/2016

À propos de l'auteur

Docteur Jacqueline Peker, vétérinaire homéopathe et auteure de nombreux ouvrages dédiés à l'homéopathie vétérinaire.

La référence en homéopathie, phytothérapie et médecines complémentaires depuis 1999