L'homéopathie en 15 points essentiels

homéopathie gouttes

Un dossier complet sur l'homéopathie, définitions, fabrication, usages et indications, posologies...

L'homéopathie fait partie des médecines dites complémentaires. Le mot homéopathie est dérivé des mots grecs "homoios" ( similaire ) et "pathos" (la souffrance). C'est le procédé thérapeutique qui traite la maladie à l'aide d'un moyen qui cause des symptômes similaires chez la personne en bonne santé.

 

SOMMAIRE

 

Les principes de l'homéopathie ?

L'homeopathie est officiellement reconnue en France depuis 1965, date à laquelle elle a fait son apparition à la Pharmacopée Française et elle est utilisée par près de 200 millions d'individus dans le monde.

L'homeopathie est une méthode thérapeutique qui repose sur trois principes fondamentaux :

  • La similitude ;
  • Le principe de dilution - dynamisation
  • La globalité.

La similitude

Si une substance provoque des symptômes chez une personne saine (comme une intoxicaton), ce même produit, préparé selon les processus pharmaceutiques spécifiques à l'homopathie, sera capable de traiter un malade qui présente des symptômes similaires. Par exemple :

  • Une piqûre d'abeille provoque un gonflement (oedème), une rougeur, et des douleurs brûlantes soulagées par l'application de froid. En homéopathie, APIS MELLIFICA, préparé à partir de l'abeille entière soulage les œdèmes rosés, chauds, soulagés par le froid, quelle que soit leur origine : angine, rhumatismale, piqûres d'insecte....
  • Le café empêche de dormir, COFFEA CRUDA, médicament homopathique soulage les troubles de l'endormissement. 

Lors de sa consultation, l’homéopathe compare les symptômes  provoqué par une substance à ceux présentés par son patient. Si ces deux tableaux coïncident il prescrira cette même substance sous sa forme homéopathique.

Les dilutions-dynamisation

Il s'agit du mode de préparation des médicaments homeopathiques, qui consiste à diluer la substance de base (la plupart du temps, une teinture-mère) dans un volume de liquide, et ce, plusieurs fois en fonction de la dilution souhaitée. Entre chaque dilution, le mélange obtenu doit être agité une centaine de fois ; c'est la succussion. Le principe associant dilution/succussion est appelé dynamisation. Il existe plusieurs modes de préparation.

  • La dilution centésimale Hahnemanienne (CH) : la teinture-mère est dilué dans 99 fois son volume de liquide, on l'agite une centaine de fois, on obtient une solution à 1 CH (soit 1%), on prélève une goutte de cette solution que l'on dilue dans 99 fois son volume de liquide, on l'agite, on obtient une solution à 2 CH, et ainsi de suite jusqu'à obtenir le degré de dilution souhaité.
  • La dilution décimale Hahnemanienne (DH) : la teinture-mère est dilué dans 9 fois son volume de liquide, le reste du procédé est le même ; on obtient des solutions titrées en DH. Les premières dilutions utilisées par Samuel Hahnemann était des décimales ou DH
  • La dilution Korsakovienne : on utilise un flacon unique pour la préparation ; on jette le contenu du récipient, on peut considérer qu'il reste environ 1% de la teinture-mère initiale. Si l'on rempli à nouveau le récipient, on obtient la 1K. Cette méthode permettrait d'obtenir des remèdes d'action plus globale que par les dilutions Hahnemaniennes, en effet, il reste dans le flacon des traces des précédentes dilutons. 

Pour les substances insolubles dans l'eau comme les minéraux, on utilise du lactose pour les premières dilutions selon le même principe : la substance de base est incorporée par exemple pour les décimales à 90 % de lactose, agitée, puis rediluée, jusqu'à obtenir un mélange soluble dans un mélange d'eau et d'alcool.

Les correspondances entre les dilutions Hahnemaniennes et Korsakoviennes

  • La distinction CH/DH est primordiale pour les très basses dynamisation.
  • D'un point de vue thérapeutique, on considère qu'au delà de la 7ème dynamisation, les CH sont équivalents aux DH.

Dilutions Décimales

TM

1DH

2DH

3DH

4DH

5DH

6DH

 

 

 

8DH

10DH

12DH ...

Dilutions centésimales

TM

 

1CH

 

2CH

 

3CH

4CH

5CH

6CH

7CH

9CH

12CH ... 

Dilutions Korsakoviennes

TM

 

 

 

 

 

3K

6K

30K

100K

200K

5 000 K

10 000 K ...

La globalité

L'homéopathe ne considère pas la maladie ou la lésion isolément, mais le malade dans son ensemble. L'homeopathie est un traitement de l'homme malade et non de la maladie. Un rhume, un rhumatisme ou une fièvre chez deux malades différents auront certainement deux traitements différents.

 

De quoi sont faits les médicaments homéopathiques ?

  • De végétaux, ce sont les médicaments homéopathiques les plus courants. Il s'agit généralement de plantes ou de parties de plantes toxiques. 
  • De substances animales : il s'agit généralement d'animaux ou de parties d'animaux ayant un effet délétère chez l'homme, comme des venins par exemple, ou d'organes d'animaux sains dans le cadre de l'organothérapie. ☛ En savoir plus
  • De substances minérales.
  • De substances d'origine humaine par exmple dans le cas des biothérapiques. ☛ En savoir plus
  • De substances de synthèse : des médicaments allopathiques par exemple, préparés de façon homéopathique. 

 

Les formes pharmaceutiques homéopathiques

Le médicament homéopathique existe sous nombre de formes pharmaceutique :

  • Les granules, petites billes faites d’un mélange de saccharose et de lactose, imprégnées de la solution liquide finale issue de la dilution, présentés dans des tubes en contenant environ 80. Certains fabriquants proposent des granules sans lactose.
  • Les globules, micro billes faites d’un mélange de saccharose et de lactose, imprégnées de la solution liquide finale issue de la dilution, proposés dans des tubes plus petits en contenant environ 200. Dénommés doses, ils sont destinés à être absorbés en une prise unique.
  • Les poudres orales, anciennement nommées triturations sont faites de poudre de lactose utilisée pour diluer les substances insolubles : elles sont particulièrement intéressantes pour administrer l'homéopathie aux petits enfants et aux animaux. 
  • Les solutions buvables en gouttes, elles peuvent être aqueuses ou alcoolisées.
  • Les solutions pour préparation injectable destinées à la voie sous-cutanée ; assez méconnue, l'homéopathie injectables est intéressante pour le traitement de douleurs en aigu par exemple, comme les névralgies avec ACONITUM NAPELLUS en haute dilution. 
  • Les suppositoires.
  • Les ovules.
  • Les crèmes et pommades.
  • Les collyres : il sont surtout utilisés dans le cadre de la conjonctivite notamment allergique. 

 

Les voies d’administration

L’homéopathie s’administre historiquement par voie orale sublinguale. D’autres voies sont cependant couramment utilisées :

  • La voie rectale avec les suppositoires
  • Gynécologique avec les ovules
  • Ophtalmique avec les collyres
  • Injectable sous-cutanée
  • Percutanée via crèmes, pommades et gels

 

Comment sélectionner un médicament homéopathique

L'homéopathe définit la maladie par plusieurs critères afin d'aboutir à la sélection du médicament adapté.Granules homéopathie

  • La nature du mal ou de la lésion, c'est le diagnostic posé par tout médecin, homéopathe ou non.
  • Le type de douleurs s'il y a lieu "ça brûle, ça tire, ça pique, ça lance... "
  • La localisation, les irradiations, l'évolution des lésions ou sensations.
  • Comment la maladie est-elle apparue : brutalement, progressivement, est-ce une récidive ?
  • Ce qui a déclenché, les circonstances particulières, le contexte, l'état mental au moment de la crise...
  • Le rythme des manifestations : quotidiennes, annuelles, rythmé par les cycles, par la semaine... 
  • Les autres troubles qui accompagnent la maladie : digestifs, troubles du sommeil, troubles mentaux …
  • L'horaire des crises ou de leur aggravation.
  • Les circonstances d'aggravation ou d'amélioration des symptômes : la chaleur, le froid, le vent, l'humidité, la pleine lune …..

Il faut en premier lieu bien observer les symptômes. En fonction de la présence des critères observés, on peut sélectionner le remède.

Quelle dilution choisir ?

La dilution définit à la fois la concentration du produit et les nombre de dynamisations effectuées entre chaque dilution.

On distingue :

  • Les très basses dilutions : de 1 DH à 5 DH
  • Les basses dilutions : 3 ; 4 ; 5 CH mais aussi 6 DH
  • Les moyennes dilutions : 7 ou 9 CH et pour les décimales, au-delà de la 6 DH
  • Les hautes dilutions : pour les centésimales : 12, 15, 18, 30 CH, et pour ce qui est des décimales, l’on peut considérer qu’au-delà de la 12 DH, les effets sont similaires aux dilutions centésimales : un médicament en 15 DH équivaut, sur le plan thérapeutique au même médicament en 15 CH.
  • Les très hautes dilutions : supérieures à 30 CH

La règle est la suivante : plus l’ensemble des symptômes correspond au médicament homéopatique, plus on emploie une haute dilution.

Dans les maladies aiguës,

  • Si les symptômes observés correspondant au médicament homéopathique choisi sont peu nombreux, on utilise des dilutions basses, 4 ou 5 CH.
  • Si les symptômes sont nombreux, si le tableau est complet, on utilise des dilutions plus hautes, 7 à 15 CH.

Un exemple avec NUX VOMICA , je le prendrai : 

  • En 4 ou 5 CH (basse dilution), pour les rhumes clairs, les éternuements du matin, les douleurs d'estomac, la digestion lente, les hémorroïdes et la constipation. 3 granules trois fois par jour.
  • En 7 à 9 CH (moyenne dilution) si des troubles du sommeil se rajoutent : difficultés d'endormissement, réveils nocturnes, hypersensibilité liée au stress, 5 granules matin et soir.
  • En 15 CH (haute dilution) si en plus je suis irritable, colérique, que je recherche les stimulants, café, tabac, voire alcool. 5 granules le matin.
  • J’ai un lumbago violent, je n’arrive pas à me tourner dans mon lit, la douleur me rend irritable, je prendrai NUX VOMICA en 9 CH, 3 granules en attendant le médecin.

Pour les maladies chroniques

  • On utilise les basses dilutions pour traiter en douceur un organe ; ceci s'appelle un drainage.
  • Une fois l'organisme préparé, on pourra utiliser les moyennes, voire les hautes dilutions pour mettre en place le traitement de fond. Cette décision appartient au médecin homéopathe qui seul peut juger du médicament à choisir, et ce en toute objectivité.

 

Posologies

Quelle quantité prendre ?

L'homéopathie peut être prescrite à tous, nourrissons, enfants, femmes enceintes, animaux, voire les plantes… Les dilutions et dosages sont les mêmes, quel que soit le poids et l'âge, à l’exception des gouttes orales.

  • Les granules : 3 à 5 par prise.
  • Les poudres orales ou triturations : une à deux mesurettes par prise.
  • Les gouttes : la posologie dépend du fabricant, en effet le diamètre des compte-gouttes n’est pas standard, et la taille des gouttes peut varier du simple au double. Demandez conseil à votre pharmacien.
    Pour ce qui est des enfants, on admet communément la posologie de une goutte par année d’âge et par prise.
  • Les doses : 1 dose entière par prise.

À quelle fréquence prendre les médicaments homéopathiques ?

Dans les cas aigus

Il faut démarrer au plus vite le ou les médicaments homéopathiques.

Quelques exemples :

  • En cas de piqûre d’insecte avec douleur vive et œdème, APIS MELLIFICA en 5 CH, 3 granules toutes les 10 minutes, et l’on cesse dès que tout s’apaise.
  • Je me réveille avec une gorge très rouge et une fièvre à 39°. En attendant mon rendez-vous chez le médecin, je prends 3 granules de BELLADONNA en 5 CH tous les ¼ d’heures, et à mesure que mes symptômes s’améliorent, je vais espacer les prises : toutes les 30 minutes, puis toutes les heures...

Dans les cas chroniques

Le ou les médicaments homéopathiques se prennent généralement à raison de 3 à 5 granules 2 à 3 fois par jour, avant les repas.

Pour ce qui est des doses homéopatiques, il faut bien sûr respecter les recommandations du prescripteur ; elles se prennent la plupart du temps une à deux fois par semaine.

Quand arrêter ?

Il faut impérativement espacer puis arrêter de prendre les médicaments homéopatiques dès que les symptômes s’améliorent, sinon, il y a risque de réactiver la maladie.

 

Comment prendre un traitement homéopathique

À quelle fréquence ?

La règle générale est la suivante : tant qu'un médicament homeopathique agit, il faut éviter de le reprendre.

  • Dans les pathologies aiguës, dès que les symptômes s'améliorent, il faut espacer les prises, trois ou quatre fois par jour, puis arrêter progressivement.
  • Dans les affections chroniques, les médicaments en basse dilution se prennent une à deux fois par jour, les médicaments dits de fond se prennent une fois par semaine, voire une fois par mois. Cette décision appartient au spécialiste.

Comment prendre les médicaments homéopathiques ?

  • Quelle que soit leur forme, granules, globules, comprimés, poudre, solution, il faut les laisser fondre sous la langue ; c'est la voie d'administration la plus simple, et la plus efficace.
  • Les gouttes se diluent dans un peu d'eau, on tourne le verre durant quelques secondes puis on laisse le liquide quelques instants sous la langue avant d'avaler.

Pour que l'absorption soit optimale par voie sublinguale (sous la langue),

  • Il faut que la bouche soit vierge de toute trace ou goût d'aliment ou de boisson, cigarette...
  • L'idéal est prendre le médicament 10 minutes avant un repas ou 1 heure après. Ce délai est aussi valable pour la cigarette, le café ou toute autre boisson à l'exception de l'eau.

En ce qui concerne la menthe contenue dans certains dentifrices ou chewing-gums, il faut attendre que la sensation de fraîcheur ait disparu, elle témoigne en effet d'une constriction des vaisseaux sanguins qui risque de compromettre l'absorption du médicament. 

Pour les enfants avant un an

  • Il est préférable d'utiliser les médicaments sous forme de poudre orale (trituration), ou en solution aqueuse.
  • À défaut, on peut faire fondre les médicaments dans un petit biberon d'eau minérale dédié au traitement que l'on répartira dans la journée selon les besoins..

Dans les pathologies aiguës,

  • L'homéopathie doit soulager rapidement.
  • S'il n'y a pas d'amélioration au bout de 24 heures, cela signifie que le ou les médicaments étaient mal sélectionnés, ou que le malade a besoin d'une autre forme de thérapeutique.

 

Contre indications

Il n'y en a pratiquement pas. Les hautes dilutions, lorsqu'elles sont adaptées peuvent aggraver les symptômes en début de traitement. Il ne faut pas, sauf exceptions, les employer en automédication.

 

Les limites de l'automédication

L'homeopathie agit très rapidement dans les maladies aiguës. En l'absence d'amélioration, consultez sans attendre. Ne poursuivez pas un traitement s'il ne vous apporte aucune amélioration ; cela peut s'avérer dangereux.
N'interrompez pas un traitement allopathique pour le remplacer par un traitement homéopathique et réciproquement ; ces deux médecines sont tout à fait compatibles et complémentaires.

 

Homéopathie et maladies graves

L'homeopathie peut tout à fait être employée dans les maladies graves : cancers, infections , maladies psychiatriques, hépatites…en complément de l'allopathie. L'homéopathie ne peut pas traiter à elle seule ces pathologies.
Par contre, il peut être très bénéfique d'associer les deux méthodes, notamment en cancérologie ; l'homeopathie permet en effet une meilleure tolérance aux traitements conventionnels, et potentialise leurs effets.

Une consultation chez un médecin homéopathe est indispensable.
Le raisonnement est le même pour les maladies chroniques telles le diabète ou l'hypertension.

 

La consultation chez un homéopathe

La consultation chez le médecin homéopathe, sur un plan strictement technique, se déroulera comme chez tout médecin :

  • le malade est examiné,
  • il bénéficie si besoin d'examens complémentaires.

La particularité de la consultation réside dans la recherche du détail, tant sur le plan clinique qu'au niveau de l'interrogatoire. Le moindre signe clinique, facteur aggravant, ou déclenchant les symptômes a son importance. C'est pour ces raisons que la consultation chez l'homéopathe est généralement plus longue. 

L'homéopathe conçoit son patient comme un tout, la maladie actuelle n'étant qu'un épisode, reflet d'un mode réactionnel.

Quels sont les symptômes qui intéressent le médecin homéopathe ?

Un symptôme est formé de plusieurs éléments.

  • Une sensation, comme une douleur ou des fourmis ou encore un frisson, une sensation de chaud, de froid.... On peut aussi retenir un écoulement dans le cadre d'un rhume, ou un signe visible comme une rougeur. Le moindre détail compte. 
  • Une localisation sur le corps, haut, bas, droite, gauche, l'évolution de la localisation est également importante, de haut en bas ou inversement... 
  • Des modalités ou ce qui influence les symptômes, les horaires, les lieux, la position... Ces modes d'observation sont communes à l'allopathie et à l'homéopathie, mais l'homéopathe les relève plus systématiquement que l'allopathe.
  • Les symptômes concomitants : ce sont des modifications de l'état de la personne qui apparaissent en même temps que les symptômes de la maladie et qui la rendent si particulière chez une personne donnée. On relève des symptômes rares, particuliers, inhabituels, des états mentaux, des troubles du sommeil ou digestifs...

C'est à partir des quatre composantes de la maladie, telles que les voit l'homéopathie, que le médecin cherchera, suivant les données de la loi de similitude, le ou les médicament adaptés.

L'interrogatoire.

  • Il insiste dans un premier temps sur l'épisode le plus récent : début des troubles, ce qui a pu déclencher (coup de froid, choc affectif, abus de certains aliments.), ce qui aggrave (horaires, chaud, froid, période du cycle...), ce qui soulage, les signes accompagnant l'épisode, même les plus farfelus (souvent les plus intéressants pour déterminer le ou les remèdes utiles).
  • Le médecin tente ensuite d'intégrer cet épisode à l'histoire (ou anamnèse ou biographie) du patient. À cet effet, il doit pousser l'interrogatoire aux antécédents les plus lointains du patient, à ses habitudes de vie (sommeil, habitudes alimentaires, digestion, sexualité, tempérament.), à l'histoire de ses parents, son mode d'éducation...
  • On tient compte dans la réalisation de ce tableau des modalités, c'est-à-dire l'ensemble des réactions globales du patient à divers circonstances : chaud, froid, excitants : thé, café, orage, contrariétés...
  • Certains signes physiques ou mentaux aideront aussi le soignant à déterminer le médicament homeopathique utile :
    • Signes dermatologiques : verrues, couleur et texture de la peau, implantation des cheveux (disparition de la queue du sourcil pour graphites).
    • Localisation particulière des troubles, la latéralité des lésions (tel eczéma peut se développer plus particulièrement à droite, Lycopodium, ou telle angine se localise préférentiellement du côté gauche, Lachesis).
    • Comportement du patient au cours de la consultation : timidité, agitation, anxiété, autoritarisme.
    • Habillement, soin, gestuelle...

L'homéopathe recherchera ensuite la similitude la plus complète entre le tableau qu'il a observé et celui qui correspond aux remèdes homéopathiques qu'il connaît.

Il sera parfois nécessaire de recourir à plusieurs médicaments.

  • Soit parce que des remèdes complémentaires semblent être indiqués.
  • Soit parce que l'organisme est affaibli, et qu'un drainage d'organe est nécessaire.

 

Les différentes tendances ou écoles en homéopathie

Il existe trois tendances en homéopathie, soit les tendances uniciste, pluraliste ou complexiste. Ces tendances se démarquent notamment par des recommandations différentes.

  • Si un homéopathe vous suggère un médicament unique à prendre une seule fois, cela signifie qu'il est de tendance uniciste.
  • Par contre, si l'homéopathe consulté recommande une ou plusieurs préparations composées de plusieurs médicaments à prendre en plusieurs fois, il est probablement complexiste.
  • Les homéopathes pluralistes recommanderont à leurs patients plusieurs médicaments, généralement complémentaires, à prendre durant une période plus longue, soit quelques semaines. Ce dernier courant est le plus répandu.

Les homéopathes unicistes

La stratégie du médicament homéopathique unique, ou SIMILIMUM respecte le principe selon lequel le remède prescrit doit être semblable à la personne dans son ensemble. Il est indispensable, pour ce type de stratégie de s'adresser à un spécialiste ; en effet, nul n'a l'objectivité suffisante, ni le recul pour se soigner lui-même, ainsi que ces proches selon le principe uniciste. Pour trouver un homéopathe uniciste : annuaire des homéopathes uniciste

Les homéopathes pluralistes

Ils recommanderont plutôt un ensemble de remèdes agissant en synergie. Il pourra s'agir d un médicament de fond associé à un drainage, ou à un remède constitutionnel par exemple. Les différents granules choisis agiront de maintes façons, soit localement soit en profondeur. pour trouver un homeopathe : annuaire du Syndicat National des Médecins Homéopathes Français

Les homéopathes complexistes

Ils optent pour des prescriptions multiples, la plupart du temps en formules. Les médicaments homéopathiques en vente libre dans les pharmacies sont pour la plupart «complexistes», c'est-à-dire qu'ils se composent de plusieurs médicaments et sont à prendre à plusieurs reprises. Nombre de laboratoires proposent ainsi leur formule contre la grippe, les maux de tête, les troubles digestifs. La plupart d'entre elles ne sont qu'associations de médicaments actifs dans la pathologie ciblée, d'autres sont le fruit de l'expérience de génération d'homéopathe et la synergie d'action de leurs composants leur confère une efficacité remarquable.

Les médecins anthroposophes

S'ils prescrivent la plupartdu temps des médicaments homéopathiques, la stratégie thérapeutique est différente de celle des homéopathes. ☛ En savoir plus

 

La préparation magistrale homéopathique

Que sont les préparations magistrales ?

On entend par préparation magistrale « Tout médicament préparé extemporanément (*) au vu d’une prescription destinée à un malade déterminé… ». (article L. 5121-1 du CSP) (*)

Elles permettent, sur un plan général d'ajuster la posologie en fonction de l'âge ou du poids et de l'état général du patient (pédiatrie, gériatrie, insuffisance rénale) ; en effet, nombre de médicaments allopathiques proposent des posologies standard qui ne sont pas forcément adaptées, d'adapter la forme pharmaceutique : les enfants et les personnes âgées sont parfois incapables d'avaler un comprimé, de répondre aux besoins du patient en homéopathie ou phytothérapie pour lesquels principes actifs et dosages doivent être adaptés à chacun.

Les préparations magistrales sont-elles remboursées ?

Une préparation magistrale est un médicament au même titre qu'une spécialité et son remboursement est conditionné par son intérêt thérapeutique. Le médecin est seul juge et il s'engage sur l'intérêt médical de sa prescription en apposant la mention : « Préparation à but thérapeutique en l'absence de spécialité équivalente disponible». Cette mention permet sous certaine condition, la prise en charge de la préparation magistrale sous la responsabilité du médecin.

 

Pharmacovigilance et homéopathie

Définitions

La pharmacovigilance consiste en la surveillance du médicament une fois qu’il a été mis sur le marché.

La règlementation française, notamment via l’ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé) s’assure que les médicaments soient développés très rigoureusement par les laboratoires ; c’est ce qui conditionne l’autorisation de commercialisation. Mais aucune étude aussi sérieuse soit-elle ne peut remplacer l’observation et la surveillance d’un médicament prescrit à des milliers de personnes ayant chacune ses caractéristiques (âge, pathologies associées,…). Un risque peut ne pas avoir été constaté pendant le développement du médicament et apparaitre une fois le produit commercialisé.

Le recueil des effets secondaires d’un médicament passe par la pharmacovigilance.

Qui peut déclarer un effet secondaire ?

  • Les professionnels de santé, de ville ou de l’hôpital, médecin, pharmacien, dentiste, sage-femme, …
  • Les associations de patients
  • Les patients eux-même
  • Les laboratoires pharmaceutiques

La perte d’efficacité du médicament, les interactions avec d’autres médicaments, et un défaut de qualité peuvent également être signalés.

Où et comment signaler un effet secondaire

  • Chez le pharmacien
  • Chez le médecin
  • En appelant le laboratoire pharmaceutique, il est tenu d’enregistrer votre déclaration.
  • En appelant les centres de pharmacovigilance régionaux, la liste ici ...
  • Sur le site de l’ANSM ici ...

Et l’homéopathie dans tout cela !

Le médicament homeopathique est un médicament comme les autres. Même s’il bénéficie d’un processus d’enregistrement particulier, à lire et le recueil des données concernant les effets secondaires repose sur le même principe.

Un médicament homéopathique peut-il produire des effets secondaires ?

Oui, et il s’agit la plupart du temps de ce que l’on nomme une pathogénésie.

Une « pathogénésie » désigne deux choses

  • Rappelons qu’un médicament homéopathique aura un effet thérapeutique sur une personne qui présente des symptômes similaires à ceux que présenterais une personne à laquelle on administre cette même substance. Par exemple, COFFEA pourra traiter des troubles du sommeil semblables à ceux que présente une personne qui a bu du café. En effet, si un individu prend du café haute dilution, par exemple COFFEA 9 CH, il peut présenter des troubles du sommeil dans la ou les nuits qui suivent. Si cette même personne présente des troubles du sommeil, elle sera au contraire soulagée par COFFEA 9CH.

POUR RÉSUMER : dans ce cadre, la pathogénésie désigne les effets toxiques d’un médicament homéopathique chez une personne saine. Cela s’observe si le médicament a été mal choisi, ou dans certains cas, si la dilution employée n’est pas appropriée.

  • Les pathogénésies désignent également l’expérimentation sur le sujet sain de substances à dosages homéopathiques, selon des protocoles rigoureux et en double aveugle. Elles sont généralement réalisées sur plusieurs semaines et font l’objet d’un rapport remis par les expérimentateurs, puis d’une synthèse qui recueille les symptômes statistiquement significatifs, mais également les signes isolés originaux. Elles sont complétées par la suite par les validations expérimentales, cliniques et critiques ayant fait l’objet d’un consensus. Le recueil de toute les pathogénésies constituent la matière médicale.

Comment ces informations sont-elles traitées, comment pouvez-vous vous informer ?

L'ANSM analyse les signalements transmis et prend, si besoin, les mesures nécessaires pour renforcer la sécurité des patients.

Elle publié régulièrement un Bulletin des Vigilances qui renseigne sur les actualités et les actions menées par l'ANSM.

 

La réglementation

Les médicaments homeopathiques bénéficient de divers statuts réglementaires :

L' Autorisation de Mise sur le Marché ou AMM

  • Il s’agit de médicaments avec indication commepar exemple OSCILLOCOCCINUM ou L52... Dans le cadre de l'homeopathie, Il sont la plupart du temps destinés à l'automédication. 
  • Les médicaments homéopathiques bénéficient dans ce cadre d’une procédure simplifiée les dispensant de fournir les résultats des essais précliniques et cliniques. Une AMM est valable 5 ans. Ce statut peut concerner le médicament homéopathique unitaire, mais également les formules homéopathiques.

L'enregistrement Homéopathique simplifié dit EH

Les médicaments homéopathiques antérieurs à 1994, et faisant partie de la liste des 1163 souches dites SNC (Spécialités à Nom Commun) font l’objet depuis 2001 d’une « validation » par tranches dont le calendrier a été établi en 2001. Le laboratoire pharmaceutique demandeur doit justifier du « caractère homéopathique » de la souche sur la base de données bibliographiques.
Cette procédure comporte certaines contraintes :

  • Une interdiction de revendiquer des indications thérapeutiques
  • Une limitation aux formes externes ou orales (solutions buvables en gouttes, granules, globules, poudres orales, crèmes et pommades)
  • Un degré de dilution garantissant l’innocuité (dilutions supérieures ou égales au 1/10 000 de la teinture-mère, soit 4DH ou 2CH).

Ce statut peut concerner le médicament homéopathique unitaire, mais également les formules comprenant plusieurs souches homéopathiques, dites « complexes ».

Les préparations magistrales.

Il peut s’agir :

  • De formes galéniques particulières, comme les solutions injectables, les suppositoires ou les ovules.
  • De hauteurs de dilutions qui n’entrent pas dans le cadre de l’enregistrement simplifié et qui n’ont pas encore d’AMM, comme certaines teinture-mères.
  • De formules composées de diverses souches homéopathiques.

Dans ces différents cas, des pharmacies ou des laboratoires pharmaceutiques homéopathiques exécutent, sous réserve de faisabilité, des préparations magistrales pour le compte des pharmacies dans les conditions prévues par l’article L. 5125-1 du code de la santé publique.

 

Histoire de l'homéopathie

Hippocrate (640 - 370 av. JC)
Sa thérapeutique repose sur deux principes :

  • « Primum non nocere».
  • Aider en toutes circonstances l'action spontanément favorable de la nature, on entend là la nature propre de l'Homme.

Il énonce en outre trois méthodes sur lesquelles devraient reposer la thérapeutique :

  • La « natura medicatrix» : c’est dans les ressorts cachés de la nature (ou dans l'Homme en lui-même) que se trouvent les ressources de la guérison. Le médecin doit aider la nature, lui permettre de guérir sans la contraindre, l’écouter, la connaître, et la respecter.
  • L’opposition qui utilise la loi des contraires : donner au patient un médicament qui combat directement son mal.
  • L’aide qui se fonde sur la loi des semblables : donner au patient un médicament semblable au mal, mais à très petite dose, suscitant ainsi une réaction de l’organisme. On est dans le principe de l'homeopathie.

Paracelse (1493 - 1541)

Au début du XVIème siècle, Paracelse, alchimiste astrologue et médecin suisse, reprend dans son enseignement nombre de données issues de la médecine des semblables et met en valeur l’individualisation du malade, l’individualisation du médicament, et la loi de similitude. On lui doit l’expression simila similibus.

Samuel Hahnemann (1755 – 1843)Samuel Hahnemann

Le fondateur de l’homéopathie en tant que méthode thérapeutique est Samuel Hahnemann.

  • En 1790, il traduit la « Matière médicale » du Dr. William Cullen. Ce dernier mentionne des résultats paradoxaux selon les doses prescrites de quinquina. S. Hahnemann décide alors d’en absorber, et il constate les jours suivants l’apparition d’une fièvre intermittente. Il ajoute en note de la traduction de W. Cullen : « L’écorce péruvienne, qui est utilisée comme remède de la fièvre intermittente, agit parce qu’elle peut produire des symptômes similaires à ceux de la fièvre intermittente chez le sujet sain. ». Le principe de similitude évoqué par Hippocrate était remis à l'ordre du jour.
  • En 1796 à l'occasion de la publication d'un article en allemand, il conceptualise l'homeopathie et commence à en mettre en pratique les principes thérapeutiques.
  • Il ne pratiquera réellement qu'à compter de 1800, période à partir de laquelle il expérimente d’autres substances comme le mercure, la belladone, l’arsenic, … et en arrive aux mêmes conclusions. Il commence à soigner certains de ses malades, en prescrivant des préparations en doses infinitésimales. Il garde et compile toutes ses observations. Il se dit qu'Hahnemann a découvert le principe de la dynamisation (agiter fortement le médicament entre chacune des dilutions) pour préparer un médicament homéopathique en constatant que les traitements administrés au domicile des patients étaient plus efficaces que ceux administrés dans son cabinet ; la seule différence : le trajet à cheval.
  • En 1810, il publie "L’Organon de l’art de guérir" dans lequel il développe les fondements de la théorie homéopathique.
  • Il rédige de 1811 à 1821 « La matière médicale pure » dans laquelle il détaille les réactions produites sur des individus sains par diverses substances testées, suivie en 1828 du « Traité des maladies chroniques ». Au final, il énonce les trois principes sur lesquels repose l’homéopathie : la similitude, l’infinitésimalité et la globalité
  • A compter de 1832 l'essentiel de ses oeuvres est disponible en France. S Hahnemann s'installera à Paris en 1835 ou il décèdera en 1843. Il est enterré au cimetière du Père Lachaise.

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Modifié le: 
10/10/2018
par: 
Véronique Baumann
Auteur : Véronique Baumann - Médecin homéopathe - 1/06/2018

À propos de l'auteur

Docteur Véronique Baumann, médecin homéopathe, fondatrice du site Homeophyto.com et auteure d'ouvrages grand public sur l'homéopathie. 

Bibliographie
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  • Boericke , Matière médicale, Editions Similia; Édition : 9e éd. (18 janvier 1999), ISBN : 978-2904928994
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  • D. Grandgeorge, L’esprit du remède homéopathique : Ce que le mal a dit, Editions Narayana (8 mars 2016), ISBN : 978-3955821036
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  • M. Guezmonprez, Homéopathie : Principes – Clinique – Techniques, Editions Similia (9 mai 2017), ISBN : 978-2842510763
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