L'homéopathie à travers l'histoire

statut Hahnemann,pathogenesie_guermonprez

Homéopathie, un historique

Le mot homéopathie est dérivé des mots grecs "homoios" ( similaire ) et "pathos" (la souffrance). C'est le procédé thérapeutique qui traite l'image de la maladie à l'aide d'un moyen qui cause des symptômes similaires chez la personne en bonne santé.

 

Un peu d’histoire

Hippocrate (640 - 370 av. JC)

Hippocrate émet déjà, dans ses aphorismes, des principes thérapeutiques généraux jetant les bases d’une médecine moderne. Sa thérapeutique repose sur deux principes :

  • « Primum non nocere».
  • Aider en toutes circonstances l'action spontanément favorable de la nature.

Il énonce en outre trois méthodes sur lesquelles devraient reposer la thérapeutique :

  • L’expectative qui fait intervenir la « natura medicatrix» : c’est dans les ressorts cachés de la nature que se trouvent les ressources de la guérison. Le médecin doit aider la nature, lui permettre de guérir sans la contraindre, l’écouter, la connaître, et la respecter
  • L’opposition qui utilise la loi des contraires : donner au patient un médicament qui combat directement son mal.
  • L’aide qui se fonde sur la loi des semblables : donner au patient un médicament semblable au mal, mais à très petite dose, suscitant ainsi une réaction de l’organisme.

Paracelse (1493 - 1541)

Au début du XVIème siècle, Paracelse, alchimiste astrologue et médecin suisse, reprend dans son enseignement nombre de données issues de la médecine des semblables et met en valeur l’individualisation du malade, l’individualisation du médicament, et la loi de similitude. On lui doit l’expression simila similibus.

Samuel Hahnemann (1755 – 1843)

Le fondateur de l’homéopathie en tant que méthode thérapeutique est Samuel Hahnemann.

  • En 1790, il traduit la « Matière médicale » du Dr. William Cullen. Ce dernier mentionne des résultats paradoxaux selon les doses prescrites de quinquina. S. Hahnemann décide alors d’en absorber, et il constate les jours suivants l’apparition d’une fièvre intermittente. Il ajoute en note de la traduction de W. Cullen : « L’écorce péruvienne, qui est utilisée comme remède de la fièvre intermittente, agit parce qu’elle peut produire des symptômes similaires à ceux de la fièvre intermittente chez le sujet sain. ». Le principe de similitude évoqué par Hippocrate était remis à l'ordre du jour.
  • En 1796 à l'occasion de la publication d'un article en allemand, il invente l'homéopathie et commence à en mettre en pratique les principes thérapeutiques.
  • Il ne pratiquera réellement qu'à compter de 1800, période à partir de laquelle il expérimente d’autres substances comme le mercure, la belladone, l’arsenic, … et en arrive aux mêmes conclusions. Il commence à soigner certains de ses malades, en prescrivant des préparations en doses infinitésimales. Il garde et compile toutes ses observations. Il se dit qu'Hahnemann a découvert le principe de la dynamisation (agiter fortement le médicament entre chacune des dilutions) pour préparer un médicament homéopathique en constatant que les traitements administrés au domicile des patients étaient plus efficaces que ceux administrés dans son cabinet ; la seule différence : le trajet à cheval.
  • En 1810, il publie "L’Organon de l’art de guérir" dans lequel il développe les fondements de la théorie homéopathique.
  • Il rédige de 1811 à 1821 « La matière médicale pure » dans laquelle il détaille les réactions produites sur des individus sains par diverses substances testées, suivie en 1828 du « Traité des maladies chroniques ». Au final, il énonce les trois principes sur lesquels repose l’homéopathie : la similitude, linfinitésimalité et la globalité
  • A compter de 1832 l'essentiel de ses oeuvres est disponible en France. S Hahnemann s'installera à Paris en 1835 ou il décèdera en 1843. Il est enterré au cimetière du Père Lachaise.

Les principes fondamentaux de l'homéopathie

La similitude

La similitude établit une relation entre l’effet expérimental d’une substance chez un sujet sain et une situation morbide analogue. En d’autres termes, le médicament homéopathique traite chez le malade des symptômes similaires à ceux qu’il a provoqué chez un sujet indemne. Lors de son exercice, l’homéopathe compare le tableau toxicologique d’une substance à un tableau clinique. Si ces deux tableaux coïncident il prescrira ladite substance diluée et dynamisée, procédés pharmaceutiques qui la transforment en médicament homéopathique. Quelques exemples :  

Les effets de la substance Le médicament Les pathologies traitées
Piqûre avec douleur et œdème rosé soulagé par le froid APIS MELIFICA, l’abeille Toute pathologie brutale, angine, pathologie articulaire, … avec œdème inflammatoire présentant ces caractéristiques.
Insomnie, accélération du rythme cardiaque COFFEA, le café Troubles de l’endormissement, palpitation, par extension, certaines formes d’hyperthyroïdie, …
Nausées IPECA Vagotonie

  [caption id="attachment_48795" align="alignleft" width="296"]Extrait de "Homéopathie, Principes - Clinique - Technique" Michel Guermonprez, Collections Initiales, Ed. Boiron, Paris 2006 Extrait de "Homéopathie, Principes - Clinique - Technique" Michel Guermonprez, Collections Initiales, Ed. Boiron, Paris 2006[/caption] Focus sur les pathogénésies Les pathogénésies désignent l'ensemble des symptômes provoqués par l'administration expérimentale d'un médicament à un sujet sain, sensible à la substance étudiée. Elles consistent donc en l’expérimentation sur le sujet sain de substances à dosages non toxiques, selon des protocoles rigoureux et en double aveugle. La pathogénésie médicamenteuse comporte : les symptômes induits par la substance administrée, les effets toxiques enregistrés lors d'intoxication accidentelles et les symptômes vérifiés par l'expérimentation clinique. Elles s’effectuent donc sur plusieurs semaines et font l’objet d’un rapport remis par les expérimentateurs, puis d’une synthèse qui recueille les symptômes statistiquement significatifs, mais également les signes isolés originaux. Elles sont complétées par la suite par les validations expérimentales, cliniques et critiques ayant fait l’objet d’un consensus. le recueil de toute les pathogénésies constituent la matière médicale.  

L’infinitésimalité

À l’origine, S. Hahnemann n’a diminué les doses que pour éviter les risques toxiques, puis il a découvert que certaines propriétés ou inversions d’action apparaissaient à mesure que la souche était diluée. En France et en Europe, les dilutions actuellement prescrites s’échelonnent de la teinture-mère à la 30 CH ou la 30 DH (procédé décrit plus loin).  

La globalité

La prescription du médicament doit être fondée sur la globalité des signes dans une approche exhaustive. L’homéopathe considère le symptôme dans son contexte, les signes annexes étant tout aussi importants pour la prescription, et il prend également en compte ce que l’on nomme modalités (circonstances aggravantes ou améliorantes). L’histoire de la maladie, circonstances déclenchantes, circonstances climatiques, climat psychologique, ainsi que la biographie générale du patient conditionnent également la prescription.

Modifié le: 
10/10/2018
par: 
Véronique Baumann
Auteur : Séverine - Dr en Pharmacie - 16/07/2015

À propos de l'auteur

Séverine Dewally, Docteur en pharmacie, spécialisée en homéopathie,  nutrithérapie, phytothérapie et aromathérapie.

Bibliographie
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