Les phytohormones

On constate actuellement un engouement réel pour les phytohormones.

  • Est-il justifié ?
  • Existe-t-il un réel bénéfice pour la santé ?
  • En connaît-on les effets secondaires ?

 On connaît depuis longtemps les propriétés hormonales de certaines plantes. Leur découverte est la plupart du temps liée à l'apparition d'effets secondaires chez l'homme et chez l'animal.

On a par exemple noté une fréquence accrue des avortements spontanés chez des brebis australiennes consommatrices de trèfle, riche en phyto-oestrogènes.

On désigne par phyto-estrogènes des nutriments d'origine végétale capables de se fixer sur les récepteurs des estrogènes. Ces produits possèdent une activité variable, en fonction de leur concentration, des propres taux d'hormones stéroïdes sexuels du sujet, et de l'organe cible concerné.

Certains des effets constatés passeraient par une autre voie, indépendamment des récepteurs œstrogènes. L'intérêt qu'on leur porte provient de diverses études épidémiologiques mettant en évidence une inégalité entre les populations asiatiques consommatrices de soja et les populations occidentales en ce qui concerne l'apparition de certains cancers et de pathologies cardio-vasculaires. Trois grandes familles de phytohormones :

  • Les ISOFLAVONES, présentes dans certaines légumineuses : graines de soja, lentilles, pois…
  • Les LIGNANES, présentes dans les graines de lin, de son, le seigle, le sarrasin, le millet, le soja, l'avoine et l'orge.
  • Les COUMESTRANES, présentes dans la luzerne.

Les études portant sur les effets et l'efficacité des phyto-oestrogènes montrent nombre de disparités et de contradictions. On leur attribue les effets suivants :

  • Réduction du nombre et de la fréquence des bouffées de chaleur.
  • Amélioration des phénomènes de sécheresse vaginale.
  • Plus faible incidence de l'ostéoporose.
  • Baisse du taux de cholestérol.
  • Baisse de la tension artérielle.
  • Réduction de la progression des plaques d'athérome.
  • Plus faible incidence du cancer du sein chez les consommatrices de soja.

De nombreux produits se trouvent en vente libre, dans les officines et dans les supermarchés.

Les phytohormones ne sont pas des médicaments aux yeux de la législation, mais de simples compléments alimentaires. La réglementation est minime, les contrôles également. Les dosages proposés varient énormément d'une marque à l'autre ; certains produits très peu dosés seront bien plus efficaces que d'autres affichant des concentrations d'isoflavones bien supérieures.

Il n'y a donc aucun moyen pour la consommatrice de se repérer et de connaître les réels bénéfices qu'elle peut attendre.

Certaines pathologies contre-indiquent la prise d'hormones : le cancer du sein, les antécédents personnels et familiaux de cancer du sein, le cancer de l'utérus.

Par précaution, il serait normal d'étendre ces contre-indications aux phytohormones.

Et qui dit contre-indications dit nécessité d'un avis médical éclairé.

En résumé, il semble que les phyto-oestrogènes aient un réel intérêt dans la prise en charge de certaines pathologies de la ménopause, mais leur usage doit respecter certaines règles et être accompagné d'un réel conseil et d'un examen médical.  

Modifié le: 
11/10/2017
par: 
Véronique Baumann
Auteur : Véronique Baumann - Médecin homéopathe - 18/09/2003

À propos de l'auteur

Docteur Véronique Baumann, médecin homéopathe, fondatrice du site Homeophyto.com et auteure d'ouvrages grand public sur l'homéopathie. 

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  • 
V. Baumann, Homéopathie pratique : Le guide pour toute la famille, Larousse (21 mars 2018), ISBN : 978-2035948656
  • L. Pommier, Dictionnaire homéopathique, Le Livre de Poche (1986), ISBN : 978-2253038153

 

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