Origines des troubles psychiques infantiles négligées par la pédopsychiatrie

trouble psychiques pedopsychiatrie

Extrait de : Nos enfants, cobayes de la psychiatrie ? Enquête sur la médicalisation des problèmes de l'enfance de PIERRE VICAN Journaliste, écrivain Éditions Anagramme, 192 pages

Le commander « Dans tous les textes psychiatriques consacrés au traitement du TDAH (trouble déficitaire de l'attention avec ou sans hyperactivité) et des affections mentales associées que nous avons étudiés, il n'est presque jamais question d'examen médical. Le diagnostic du TDAH est généralement posé en fonction de l'opinion que se font les pédopsychiatres du comportement d'un enfant. Certains se réfèrent à des grilles d'analyses normalisées ou à des listes de symptômes comme celles que l'on peut trouver dans le DSM-IV, listes inspirées des théories de la psychiatrie. Face à un enfant amené en consultation pour des troubles psychiques, comment peut-on poser un diagnostic fiable en l'absence d'examens médicaux comme l'analyse sanguine, les tests biologiques, la radiographie, un scanner du cerveau ? De nombreux parents peuvent alors être persuadés que leur enfant souffre du TDAH à cause d'un déséquilibre 'du cerveau'' bien que cela puisse ne pas être le cas. Ils accepteront de lui faire suivre une chimiothérapie dont ils ignorent les dangers pour sa santé mentale et physique parce qu'on ne leur en parle pas. Presque rien n'aura été fait sur le plan médical pour détecter une éventuelle cause organique, fonctionnelle ou un problème d'ordre scolaire ou affectif. Par exemple, une avitaminose, une allergie insoupçonnée, un trouble cardiaque non décelé, un mal de tête chronique, la simple incompréhension du vocabulaire étudié en classe, peuvent modifier le caractère et provoquer des perturbations mentales comme l'irritation, des moments d'absence répétés, etc. Certains de ces symptômes peuvent traduire la présence d'un syndrome physique grave. Des médecins américains se sont penchés sur les causes physiologiques et mentales susceptibles d'entraîner chez les enfants et les adolescents des symptômes analogues à ceux décrits dans les textes de référence psychiatrique de l'hyperactivité et du TDAH. Nous nous sommes inspirés de ces études pour dresser une liste de pathologies et de perturbations psychologiques pouvant occasionner de tels troubles. Les symptômes consécutifs peuvent se déclarer quel que soit le milieu où évolue l'enfant : à la maison, à l'école, en colonie de vacances. Ne pas dépister ces pathologies et ne pas les prendre en charge conduirait à prolonger inutilement la souffrance de cet enfant, à réduire ses chances de réussite scolaire et à compromettre son épanouissement. Certaines de ces pathologies peuvent affecter gravement ses aptitudes intellectuelles et ses performances liées à l'apprentissage du langage, de la lecture, de l'écriture, des mathématiques.   Le Dr. Walker est un de ces médecins qui ont écrit des ouvrages recommandant aux parents et aux pédiatres le dépistage de maladies éventuelles pouvant affecter l'équilibre mental d'un enfant. Voici des exemples tirés de son livre :

  • 'Diana était diagnostiquée hyperactive, souffrant de troubles oppositionnels avec provocation à cause de son mauvais caractère, de ses crises de colère et de son comportement agressif. Comme elle se bagarrait souvent, elle était sans cesse envoyée chez le proviseur. Elle était également frêle, pâle, d'une constitution fragile, insomniaque, faisait pipi au lit et perdait l'appétit. Quelque chose la rendait misérable. Ce quelque chose s'est révélé être les symptômes d'un début de diabète. Un endocrinologue montra à ses parents comment contrôler le régime de Diana et surveiller sa maladie. Elle n'a jamais eu besoin de voir un psychiatre.''
  • Un autre spécialiste, le neurologue Gordon Millichap, rapporte l'histoire d'un garçon de 9 ans étiqueté TDAH 'à cause de problèmes d'inattention, de distraction et de difficultés à faire ses devoirs à la maison.'' Le garçon souffrait de maux de tête et avait redoublé sa classe. Le neurologue découvrit que tout le côté droit du corps de l'enfant était parcouru de tremblements et qu'il avait des épisodes de confusion et de crises nerveuses. Un scanner du cerveau révéla la présence d'un grand kyste dans le lobe temporal du cerveau.''
  • Autre exemple, celui de Debby, âgée de 5 ans. La fillette était menue et délicate mais sa mère la décrivait comme un 'méchante petite peste'' qui avait 'sale caractère'', piquait des crises de colère et se mettait souvent à hurler. Elle pleurait sans arrêt, dormait très peu et se frappait fréquemment la tête. Un médecin recommanda un psychotrope pour remédier à son comportement 'inacceptable''. Mais un autre médecin exigea des examens approfondis et découvrit que Debby souffrait d'une anomalie pathologique des vaisseaux sanguins situés entre le cœur et les poumons, ce qui compliquait l'irrigation du cerveau et son oxygénation par le sang. Debby subit une opération chirurgicale, ce qui permit de corriger cette anomalie qui aurait pu lui être fatale et que la cure de psychotropes aurait masquée. Presque aussitôt, le comportement de Debby s'améliora, elle n'eut plus de crises de colère et son instituteur remarqua qu'elle faisait de réels progrès en classe.

La liste suivante des facteurs physiques et mentaux dont les symptômes sont souvent pris à tort pour des troubles du TDAH est inspirée des travaux du Dr Sydney Walker, neurologue et psychiatre américain, auteur de nombreuses publications , par ailleurs directeur du Southern California Neopsychiatric Institute de La Jolla, en Californie. Pierre Vican dresse la liste d'environ 45 facteurs physiques et psychologiques à prendre en considération chez l'enfant manifestant un comportement non optimum. En voici une partie :

Sept conditions à rechercher en priorité

  • Hypoglycémie
  • Allergies
  • Difficultés d'apprentissage
  • Hyper- ou hypothyroïdie
  • Troubles oculaires ou auditifs
  • Plombémie légère ou accentuée
  • Problèmes vertébraux

Autres facteurs physiologiques relativement courants à suspecter

  • Contamination par les polluants
  • Intoxication au monoxyde de carbone
  • Troubles du sommeil
  • Intoxication au mercure
  • Déficience en fer
  • Déficience en vitamines, en minéraux et en oligo-éléments
  • Déficit magnésien
  • Déficit calcique
  • Déficience en vitamines B
  • Parasitose
  • Infections virales ou bactériennes
  • Malnutrition ou alimentation déséquilibrée
  • Agents alimentaires
  • Blessures à la tête
  • Conduites addictives accidentelles
  • Conduites addictives intentionnelles (consommation de drogues licites ou illicites) Manque d'exercice

[.]

Négliger ces facteurs, comme le font généralement les psychiatres – qui sont pourtant médecins de formation – c'est faire courir de grands risques aux enfants et aux adolescents pour deux raisons :

  • absence de diagnostic précis avec aggravation possible des véritables pathologies non diagnostiquées ;
  • traitement médicamenteux ou psychothérapeutique non adapté.

Pour pouvoir donner un consentement éclairé à un acte médical qui concerne leur enfant, les parents avisés demanderont toujours des informations et un avis documentés.

Les enfants portent en eux l'espoir du monde

Les experts de l'INSERM affirment que les enfants au tempérament difficile ou hyperactif présentent les risques de la délinquance. Ils se fondent sur les chiffres de la violence scolaire dont font les frais les enseignants. Mais il apparaît cependant que, dans ses excès, la psychiatrie normative rejette sur les enfants la responsabilité d'une problématique qu'il revient aux adultes de résoudre. Dans le cadre de l'école, par exemple, le comportement des élèves est stigmatisé au nom de leurs prétendues déviances. Cet aspect répressif a été relevé avec beaucoup de pertinence par le Dr Breggin que nous avons déjà cité à plusieurs reprises. Voici ce qu'il a déclaré en septembre 2000 devant le sous-comité de surveillance et d'enquêtes du Congrès américain : « On diagnostique les enfants comme souffrant du TDAH lorsqu'ils sont en conflit avec ce qui est attendu ou ce qui est demandé de la part des parents et/ou des enseignants. [.] En diagnostiquant le TDAH chez l'enfant, on lui fait porter la responsabilité des situations conflictuelles avec l'école. Au lieu d'examiner le contexte de la vie de l'enfant – les raisons pour lesquelles il est turbulent ou désobéissant en classe ou à la maison – le problème est mis sur le compte d'une déficience de son cerveau. La classe et la famille sont toutes deux épargnées par la critique ou par la nécessité de se réformer et l'on fait au contraire de l'enfant la source du problème. Le traitement médicamenteux devient alors la solution coercitive du conflit dans lequel le protagoniste le plus faible, l'enfant, est drogué pour en faire un individu plus obéissant ou soumis. [.] Je félicite ces parents qui ont le courage de refuser de donner des psychostimulants à leurs enfants et qui tentent, au contraire, d'identifier leurs véritables besoins à l'école, à la maison et dans la communauté et d'y répondre.» La position de Breggin rejoint celle de Szasz pour qui, rappelle l'essayiste Guy Sorman,

« la maladie mentale n'est pas un problème médical, mais un problème de pouvoir. »

Une maman outrée par l'attitude des pédopsychiatres a, probablement mieux que quiconque, réussi à résumer la situation : « On étiquette les 'enfants à problèmes'' avec cette pathologie mentale, en omettant de dire que cela revient à les taxer d'idiots ou de dérangés mentalement, parce qu'on n'arrive à rien avec eux du fait que l'on est incapable de prendre leur véritable problème en considération. » Telle est l'indignation que partagent nombre d'observateurs aux quatre coins du monde. Pour revenir à Breggin, l'expert illustrait ainsi ses propos dans un de ses derniers livres : « Supposez qu'un groupe d'enfants isolés se tienne sur la plage d'une île déserte, agitant les bras au-dessus de la tête, faisant le signal universel de détresse. Imaginez qu'un navire-hôpital détecte la présence de ces enfants et accoste. Supposez que le médecin descende à terre, interroge les enfants et ordonne à l'infirmier de leur donner du Prozac ou de la Ritaline pour qu'ils cessent de lancer des signaux de détresse. Supposez maintenant que le navire reprenne la mer sans que le personnel médical ait cherché à savoir pourquoi les enfants sont seuls sur cette île, où sont leurs parents, à quels dangers ils sont exposés, ni même si les enfants veulent être sauvés. Cela semble évidemment ridicule. Mais, en de nombreuses façons, c'est ce qui arrive partout [.]. Des millions d'enfants envoient désespérément des signaux de détresse et les médecins les renvoient à la maison avec des médicaments qui suppriment leur capacité à communiquer leur détresse. » Nous ne doutons pas que les professions psychiatriques et médicales comptent dans leurs rangs des chercheurs et des praticiens animés par un réel désir de prêter secours aux enfants en détresse mentale, dans le respect de leur dignité et de leurs droits. Nous n'ignorons pas non plus que l'Éducation nationale abrite un grand nombre d'enseignants motivés par une haute idée de leur vocation pédagogique. À ces femmes et à ces hommes intègres va notre gratitude.

Mais il nous semble qu'une société qui en arrive à tolérer que l'on dépersonnalise des enfants en leur administrant des drogues parce qu'elle a perdu le dialogue avec eux, est une société qui se condamne en hypothéquant ce qu'elle a de plus précieux : la joie de vivre et l'intelligence qui illuminent leur regard.

3-The Hyperactivity Hoax. 4-Le trouble oppositionnel avec provocation (TOP) est un « ensemble de comportements hostiles ou provocateurs, également fréquemment associé au trouble des conduites. Il est parfois même considéré comme un précurseur. » Dossier de presse Paris, 22.9.2005. Trouble des conduites chez l'enfant et l'adolescent. Expertise collective de l'Inserm 5- A Dose of Sanity ; The Hyperactivity Hoax ; Psychiatric Signs and Symptoms Due to Medical Problems. Voir le site : http://www.ghchealth.com/50-conditions-that-mimic-adhd.html 6- Reclaiming Our Children : A Healing Solution for a Nation In Crisis, Perseus Books, Cambridge, Mass., 2000, page 142  

Modifié le: 
11/10/2017
par: 
Véronique Baumann
Auteur : Véronique Baumann - Médecin homéopathe - 23/12/2002

À propos de l'auteur

Docteur Véronique Baumann, médecin homéopathe, fondatrice du site Homeophyto.com et auteure d'ouvrages grand public sur l'homéopathie. 

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