Les animaux malades de leurs maîtres

- "Docteur, il faut que vous compreniez que dès que je suis stressée, la petite recommence à vomir"
- "Docteur, depuis que je suis au chômage, donc à la maison toute la journée, mon tout petit est redevenu propre".
- "Docteur, depuis l'instabilité de ma situation sentimentale, mon grand est de nouveau agressif. Pensez-vous que de me sentir ainsi mal dans ma peau peut agir sur sa santé, sur son mental ?"

Docteur ... docteur... docteur...

Ce petit, ce tout petit, ce grand qui sont-ils ? Des enfants ?

Certes non. Le premier s'appelle India et ressemble à un cocker américain. Le second est un croisement de loulou et se prénomme Tomy. Quant au troisième, c’est Max le siamois.

Et le docteur, vous vous en doutez,... c'est moi, Jacqueline PEKER, vétérinaire homéopathe.

Pour percer le mystère des réactions de l'homme face au stress, les scientifiques ont copieusement observé les animaux, surtout les rats.

Laissez-moi vous conter l'expérience la plus célèbre 

On met trois rats dans trois cages identiques, dont le plancher est électrifié. Les malheureux animaux reçoivent de temps en temps des décharges électriques légères mais agressantes. Ils sont tous trois soumis au même régime : même alimentation, même rythme de sommeil ...

Il n'y a qu'une petite différence :

  • le premier rat possède une petite roue qu'il peut actionner pour stopper l'agression électrique,
  • le second dispose d'un signal sonore qui le prévient de l'imminence de la décharge, mais il ne peut rien faire pour s'en protéger.
  • Seul le troisième doit se contenter de subir la situation.

Au bout de quelques jours, les défenses immunitaires du troisième rat s'effondrent. Son comportement s'altère rapidement ainsi que sa santé. Le second résiste mieux parce qu'il peut se préparer à supporter l'agression. Le premier, enfin, s'adapte parfaitement.

Et, ce qui est vrai pour le rat est parfaitement vrai pour le chat ou le chien. Non préparés "aux agressions", ils sont malades ... souvent gravement et de manière irréversible.

Il faut dire aussi qu'en ce début de siècle, l'animal de compagnie fait partie intégrante de la cellule familiale et si, dans quelques années, mon ami Jean- Jacques SALVA et moi-même publions le résultat de nos consultations, vous découvrirez des familles THUYA, LACHESIS, HYOSCYAMUS, mais aussi AMBRA GRISEA ou ARGENTUM NITRICUM.

Le GECAF ou groupes d'études du comportement des animaux familiers a pu inviter le psychiatre Boris CYRULNIK qui a présenté un parallèle entre le chien et l'enfant de remplacement.

C'est vrai, l'animal est parfois un enfant de remplacement et cela le conduit à un comportement plus ou moins dominateur ... ou à un comportement dépressif… l'un comme l'autre n'étant que le reflet du comportement du maître.

 

L'interrogatoire homéopathique

Il prend ici sa vraie valeur, car le moindre petit détail doit être "verbalement" révélé par le maître, mais aussi "photographiquement" révélé par le malade à quatre pattes.

Le "stress" peut conduire vers l'agressivité, mais aussi vers un état dépressif. Il peut être la cause de désordres physiologiques importants ... Ainsi, pendant que son maître parle, l'animal s'agite ou se terre, ou lèche le sol, ou vomit, ou distribue ses crottes ou ses urines sur notre table de consultation, ou montre les dents ou vous regarde tendrement... humblement...

« Il va bien ... je vais bien ... il est stressé et mal dans ses poils…, je vais très mal »...

Tous les facteurs de l'environnement peuvent être actifs sur la santé de nos chers petits : un déménagement, un deuil, le départ d'un être cher, l'abandon, même momentané. L'interrogatoire sera toujours incisif, parfois même douloureux, car le médicament homéopathique devra rééquilibrer le malade, mais aussi modifier le comportement du maître.

Ainsi je me souviens d'une de mes clientes qui avait perdu Max son teckel à poil dur. Immédiatement, elle avait acheté Emile, un autre teckel qu'elle aime et pourtant refuse… car il a tous les défauts. Emile comprend vite qu'il n'est qu'un chien de remplacement et il se renferme sur lui-même, mangeant mal, perdant ses poils, ne jouant plus. J'ai beaucoup parlé avec la maîtresse ... et un jour elle a jeté à la mer la petite urne qui contenait les cendres de Max tant aimé. Emile cessant d'être un fantôme a retrouvé le goût de vivre et aujourd'hui ils partagent leur temps, sans aucun problème.

STAPHYSAGRIA avait permis à Emile de retrouver poils et appétit mais il a fallu chasser la mort de la maison pour que chacun retrouve son équilibre.

Tout "stress", disons toute agression extérieure, inattendue, incompréhensible, peut provoquer chez l'animal un trouble, soit au niveau du comportement, soit un déséquilibre physiologique. C'est donc ce stress que nous devons chercher à mettre en évidence, si, nous voulons que le médicament prescrit trouve la cible contre laquelle il est lancé.

Toute agressivité, toute dépression, toute anxiété, toute modification comportementale ou physiologique… doivent trouver leurs causes endogènes ou exogènes.

L'Homéopathe, que je suis, utilise peu de substances psychotropes, sauf parfois au tout début des symptômes quand il s'agit de sauvegarder l'équilibre familial.

Ainsi, dans une agressivité débutante, dans un comportement hallucinatoire (les animaux hurlant dès qu'on les laisse seuls) ou dans certains états confusionnels, les dérivés de la phénothiazine sont efficaces mais ils devront très vite être remplacés par le médicament le plus semblable.

Plus de vingt ans d'Homéopathie vétérinaire m'ont toujours évité la prescription des anxiolytiques, sauf peut-être dans certaines grossesses nerveuses particulièrement difficiles à soulager. Je me sens coupable, lorsque je prescris du Valium ou du Tranxène, tout simplement parce que je sais que je suis passée à côté du remède semblable par insuffisance de mon interrogatoire.

Nos psychiatres vétérinaires sont très friands des « antidépresseurs », dont l’action est de courte durée car elle reste en surface. Si un chat décide d'uriner sur les fauteuils, simplement parce qu'il est jaloux du nouveau petit ami de sa maîtresse, je fais très nettement plus confiance à LACHESIS 15 CH qu'au Tofranil. Certes il a fallu comprendre, interroger encore et encore et ignorer la cystite, le changement de sciure, le chauffage par le sol, l'eau calcaire et doucement pénétrer le psychisme d'un amoureux à 4 pattes ... tout simplement rejeté, bafoué et qui ne sachant décrocher une carabine, choisit de soulager sa vessie... ... sur les fauteuils tant aimés de l'indigne.

Alors, peut-on parler de « Psychiatrie et d'Homéopathie vétérinaire » ? Certes oui. La condition ? C'est de respecter les règles de l'Homéopathie. Les animaux peuvent être "stressés", quelle que soit leur constitution et quel que soit leur terrain diathésique. Mais ils réagiront de façon différente.

 

Animaux de compagnie, constitutions et diathèses

Les animaux carboniques vont intérioriser longtemps leurs troubles, mais quand tout éclate, ils deviennent agressifs vis-à-vis de tout ce qui les entoure, même les objets ou les jouets qu'ils ont aimés. La plupart semblent obsédés par la nourriture ou par un objet précis.

Les animaux phosphoriques sont le plus souvent dépressifs, tandis que les fluoriques sont imprévisibles comme le sont beaucoup de chats .

La diathèse psorique chez les animaux "stressés" se traduit en général par des troubles cutanés et locomoteurs.

La diathèse sycotique est surtout marquée par des troubles génitaux et une tristesse infinie aggravée par les temps froids et humides (comme on les connaît bien, nos chiennes à grossesse nerveuse interminable, et qui sont tristes, boulimiques ou anorexiques, avec des mamelles lourdes, chaudes, pendantes... des chiennes qui traînent partout leurs bébés imaginaires).

La diathèse luétique est toute instabilité, toute impulsivité ... l'animal est peureux, douillet, ne trouvant jamais la bonne place.

J'aime bien parler du tuberculinique, car c'est celui qui est le plus sensible aux chocs émotifs répétés et qui traduit son état de stress par des troubles de la température, des troubles digestifs, des toux nerveuses, une grande fatigue ou une grande agitation. Il tremble à la moindre émotion et laisse toujours sur la table de consultation un tapis de poils humides.

Attention, un psychiatre vétérinaire reste avant tout un vétérinaire... et une diarrhée reste une diarrhée et doit être dominée en tant que telle... Mais, si on vous dit : "Docteur, dès que je suis stressée, le petit a de la diarrhée !", alors il faut piocher plus loin et le signe étiologique retrouvera sa place.

 

La thérapeutique

N'étant pas uniciste, je prescris le plus souvent 2 ou 3 médicaments en alternance.

Si le comportement de l'animal risque de détruire l'équilibre familial (agressivité, anoxerie ou boulimie, hallucinations, besoin de fuir, anxiété), je n'hésite pas à piocher dans l'arsenal chimique et à "drainer" l'organisme :

  • soit par un complexe homéopathique,
  • soit par un traitement phytothérapique,
  • soit par les oligo-éléments,
  • soit par l'ostéopathie.

Je « prépare mon malade » pour permettre aux un ou deux médicaments les plus semblables d'atteindre le centre de la cible. Je prescris en 9 CH, puis en 15 CH et je maintiens l'équilibre avec des 30 CH.

Dans les cas les plus rebelles, chez les animaux en équilibre instable, je choisis les korsakoviennes (et surtout chez le cheval).

Le maître doit comprendre notre prescription. Sa collaboration restevindispensable, car c'est lui qui doit nous avertir au moindre déséquilibre.

La santé d'un compagnon à 4 pattes assure celle de vos patients à 2 pattes.

Aussi devons-nous toujours travailler ensemble.

Tous les médicaments homéopathiques habituels se retrouvent en psychiatrie vétérinaire, car ces animaux malades de leurs maîtres ont aussi besoin de GELSEMIUM, ARGENTUM NITRICUM, THUYA, HYOSCYAMUS, STRAMONIUM, AMBRA GRISEA.

Mais, je voudrais simplement vous parler de STAPHYSAGRIA .

Le malade qui peut tout avoir, dedans ou dehors ... mais qui ne peut rien exprimer, et tous ces troubles sont consécutifs à une colère rentrée, à une vexation, à une grande contrariété, à des sentiments non exprimés ... le sujet est muet. .. Alors, il se gratte, perd ses poils, mange tout ou n'importe quoi, ou refuse toute nourriture ... Il frotte même son derrière par terre, se mordille les pattes ou le bout de la queue ... il faut dire que les troubles intestinaux existent avec tantôt constipation, tantôt diarrhée.

Le malade contrarié... et muet manifeste de fréquents besoins d'uriner... et souvent relâche son sphincter n'importe où ... cystite ou contrariété ... va savoir ?

Le malade Staphysagria est très excité sexuellement... bon moyen de se faire remarquer, tandis que la femelle, pendant des heures, se lèche la vulve ou crie son angoisse amoureuse à tous les mâles du voisinage. Toujours le bon moyen de se faire remarquer où de lutter contre l'indifférence ?

STAPHYSAGRIA ?

Remède de l'animal de compagnie pas toujours bien compris, parfois négligé et qui pourtant tient à sa place.

Ce remède, je l’ai étudié pendant des années et je peux prouver toute sa valeur dans notre monde dominé par le stress.

Une chose dont nous devons être sûrs…dont nous devons être fiers… c'est que nos médicaments savent franchir les barrières du temps.

Avec mon Plock…tant aimé…

 

Jacqueline PEKER, Vétérinaire homéopathe

Modifié le: 
17/03/2017
par: 
Véronique Baumann
Auteur : Jacqueline Peker - Auteur - 15/03/2017
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