Sucre et syndrome métabolique ou syndrome X

syndrome metabolique

Autrefois, le sucre était considéré comme un nutriment exceptionnel, réservé aux grandes occasions, ou aux malades.

Notre consommation a explosé ces dernières années.

Ces trente dernières années, le surpoids a augmenté de plus de 30 % aux États-Unis, alors que la consommation de graisses diminuait de 11 %, et que celle des produits allégés augmentait fortement.

Glucose et glycémie

Le glucose est le principal carburant de nos cellules. À jeun, la glycémie (taux de glucose dans le sang), chez les sujets sains, peut varier de 0,70 à 1,10 grammes par litre de sang (3,9 à 5,6 mmol/l).

  • Sous 0,70grammes/litre de sang, il y a hypoglycémie,
  • Au-dessus de 1,10 g/l, il y a hyperglycémie.

Le taux de glucose sanguin varie en fonction des apports alimentaires (sucres plus ou moins concentrés, plus ou moins associés à d'autres aliments ou à des fibres alimentaires ou encore selon le mode de préparation des repas) et des dépenses à fournir. Lorsque nous consommons des sucres, le glucose est libéré dans le sang, la glycémie augmente. Pour gérer cet afflux de glucose, le pancréas sécrète de l'insuline qui ordonne à certains organes (les muscles, le foie, les cellules graisseuses?) de le capter.

  • Une partie de ce glucose est directement utilisée par les cellules,
  • Une partie est transformée par le foie en glycogène puis stockée
  • La partie en excès est transformée et stockée sous forme de graisse (triglycérides) dans les adipocytes.

La maladie métabolique ou syndrome X

Quand les pics sanguins de glucose sont trop fréquents, certaines cellules finissent par ignorer l'insuline ; on dit qu'elles deviennent résistantes à l'insuline, ou insulino-résistantes. La glycémie augmente, le pancréas sécrète de plus en plus d'insuline et fini par se fatiguer. Le diabète de type 2, dit diabète gras risque de s'installer. Parallèlement, l'organisme réagit comme s'il était en privation de sucre, l'appétit s'accroît. Le sucre est stocké dans les cellules graisseuses (adipocytes qui jouent un rôle essentiel dans la régulation de la glycémie) sous forme de triglycérides. Les cellules réclament du glucose, l'organisme utilise les graisses stockées dans les adipocytes ce qui occasionne une libération de triglycérides dans le sang, facteur de risque de maladies cardio-vasculaires.

La maladie ou syndrome métabolique répond donc à plusieurs critères :

  • Surpoids augmentation de la ceinture abdominale (fréquent chez l'homme, et la femme ménopausée). Tour de taille supérieur à
    • 102 cm chez l’homme
    • 87 cm chez la femme
  • Troubles de l'assimilation du glucose. (État pré diabétique) 
  • Glycémie à jeun supérieure à 1,10
  • Augmentation du taux de triglycérides circulant, supérieur à 1,5 grammes /l.
  • Perturbation de l'équilibre des fractions du cholestérol : HDL cholestérol inférieur à 0,40 chez l’homme et 0,50 chez la femme
  • Perturbations de l'équilibre tensionnel : Tension artérielle supérieure à 130/85

Ces facteurs triplent le risque cardio-vasculaire en général. La détection des patients peut être simple : il suffit, chez les personnes en surpoids, de mesurer le tour de taille (supérieure à 88 cm chez les femmes et supérieure à 102 cm chez les hommes) et le taux de triglycérides y compris chez les enfants.

Le critère majeur est l’augmentation de la masse grasse abdominale, responsable de l’insulino-résistance.

La prévalence

La prévalence en France est d’environ 20 % chez les hommes, 18 % chez les femmes, et 1 % chez les enfants.

ATTENTION, on ne parle pas ici de surpoids et d’obésité, mais d’augmentation de la masse grasse abdominale, simplement objectivée par l’augmentation du tour de taille, associée à des anomalies biologiques.

L’obésité viscérale est responsable de l’insulinorésistance, laquelle entraîne un défaut de métabolisation du glucose avec à court terme un risque de voir apparaître un diabète de type II. S’en suivent des complication cardiaques, hypertension artérielle, risque d’insuffisance cardiaque, risque accru de thromboses, …

Le traitement

Le traitement des personnes atteintes du syndrome métabolique consiste en :

  • une modification de l’hygiène de vie,
  • normalisation des prises alimentaires
  • reprise d'une activité physique.

La diminution du tour de taille, améliore rapidement la plupart des paramètres biologiques.

En pratique :

  • Sur le plan diététique, on réduira les graisses, les sucres rapides et l’alcool. Il ne s’agit pas de régime, mais de normaliser les prises alimentaires.
  • Une activité physique modérée au début de la prise en charge facilitera la réussite, un peu de marche, bannir l’ascenseur, …

☛  À lire : Intérêt des index glycémiques en diététique

 

Modifié le: 
11/10/2017
par: 
Véronique Baumann
Auteur : Véronique Baumann - Médecin homéopathe - 19/01/2005

À propos de l'auteur

Docteur Véronique Baumann, médecin homéopathe, fondatrice du site Homeophyto.com et auteure d'ouvrages grand public sur l'homéopathie. 

La référence en homéopathie, phytothérapie et médecines complémentaires depuis 1999