Le stress et les animaux

Ou comment gérer le stress en homéopathie vétérinaire

Le stress alors est bien la cause de maladies mentales mais aussi de nombreux désordres physiologiques ; l'homéopathe vétérinaire et l'Homéopathie doivent et peuvent jouer un rôle considérable.

Dr Jacqueline Peker, Vétérinaire Homéopathe

Le stress

Rappelons que le "stress" est la spécialisation d'un mot anglais qui signifie "effort intense ou tension". Mais, la définition de Jean DELAY dans son « Introduction à la Médecine Psychosomatique » nous semble plus adaptée :

« Un choc, quelle que soit sa cause, entraîne une modification brusque, intense et brève de l’équilibre nerveux et humoral, que SELYE a appelé la réaction d’alarme. Des agents variés amènent une réponse identique qui augmente la résistance des organismes exposés à l’agression et mis par le fait même dans une condition nouvelle : la réponse au stress. C’est un état de tension aiguë de l’organisme astreint à mobiliser ses défenses pour faire face à une situation menaçante ».

On ne peut oublier que le mot stress vient du latin « stringere » qui signifie étreindre ... serrer, peut-être étouffer en provoquant angoisse, anxiété ... détresse. Un mot qui était utilisé pour exprimer la souffrance, la privation, les ennuis, les calamités, l'adversité.

 

Le stress animal

Conséquences d'une vie difficile s'exprimant en un seul mot. Comment alors ne pas penser aux chiens enfermés dans un studio de 20 m2, aux chats abandonnés seuls pendant ces longs week-ends fériés, aux chevaux de course aimés pour leurs seules performances, aux bovins amenés à coups de pieds dans les abattoirs, aux poules qui vivent à 1000 dans un enclos où il y a tout juste de la place pour 100 ... Incompréhension de l'homme égoïste, besoins économiques dominant le monde actuel.

Le stress alors est bien la cause de maladies mentales mais aussi de nombreux désordres physiologiques.

Comment imaginer que des porcs qui restent tassés plus de 15 heures dans des camions surchauffés n'aient pas leur vie psychique désorganisée ? Leurs muscles intoxiqués?

Chez les animaux le stress peut être physique ou psychique, étant bien entendu que dans les deux cas, c'est l'homme qui, presque toujours, reste le facteur déclenchant.

L'élevage intensif en batterie des veaux ou des poules, les conditions de transport, les coups sont autant de stress physiques. Si ces animaux n'étaient pas destinés à la boucherie, on pourrait certainement attribuer au stress nombre de maladies métaboliques, endocriniennes, cardiovasculaires, ou même dermatologiques ... mais?

Ce qui doit nous faire réfléchir, c'est que la qualité de la viande, du lait, des œufs en souffre. Les consommateurs que nous sommes, devraient être bien plus vigilants !

Pour le cheval et pour les animaux de compagnie, le stress physique est plus facile à apprécier et l'interrogatoire homéopathique rigoureux doit nous permettre de l'apprécier lors de maladies inexpliquées.

Je vous citerais le cas d'un Doberman qui était secoué de quintes de toux tous les matins avant la promenade. Echographie et radiographie n'ayant mis en évidence aucune lésion, nous avons interrogé tous les membres de la famille. Le matin, c'était la fille de 15 ans qui était chargée de la promenade, corvée pour la gamine qui se vengeait contre le chien en le frappant dès que les parents avaient le dos tourné... alors Sam toussait... pour éviter de sortir... ou pour sortir une heure plus tard avec la maîtresse.

Les chevaux maltraités par un garçon d'écurie sont souvent déréglés sur le plan intestinal.

Les chattes enceintes, qu'on traite à coups de pieds, accouchent de bébés qui, toute leur vie durant, restent agressifs vis-à-vis de l'homme.

Nos animaux ont aussi leur psychisme et nombreuses sont les « contrariétés » qui les déstabilisent perturbant ainsi leur état mental... On connaît la longue liste des maladies psychosomatiques : les conflits familiaux, le départ d'un être aimé, l'abandon pendant les vacances dans une garderie à quatre étoiles, l'introduction d'un bébé ou d'un autre animal... Autant d’évènements qui se traduisent par des perturbations psychiques et parfois physiques tout à fait inattendues.

 

L'interrogatoire homéopathique

Il doit être le plus rigoureux possible.

Il faut écouter le, ou les maîtres, trier ce qu'ils considèrent comme important, surveiller le comportement de l'animal, l'aborder avec les mains, avec le cœur, car le médicament doit agir là où s'est installé le mal.

L’intervention de l'homéopathe doit aussi modifier le comportement des proches... de ceux qui trop souvent refusent de comprendre.

Si le chat qui urine partout, sauf dans son plat, continue à être abandonné deux jours par semaine ... inutile de demander à l'homéopathe d'être efficace. De même pour ce chien agressif qu'on enferme toutes les nuits dans le garage.

Le cheval avec lequel on travaille devra être compris, respecté, mais aussi aimé comme on aime un animal de compagnie.

Posséder un chien ou un chat, c'est accepter le don de soi. Il faut nourrir, promener, mais aussi savoir donner du temps, savoir respecter leur besoin de tendresse ...

Le médicament homéopathique qui répond à des troubles locaux, généraux et psychiques, est le seul qui puisse rétablir l'équilibre d'un animal stressé, donc déséquilibré sur tous les plans.

Ainsi dans une dermatose chronique, quand on a éliminé les puces, changé l'alimentation et les coussins, augmenté le temps des promenades ... et que le chien toujours et sans cesse se gratte, ne faut-il pas aller chercher plus loin ?

Ce nouveau bébé dont on s'occupe sans cesse, ne permet-il pas de penser à LACHESIS et ces week-ends enfermés chez la concierge ne font-ils pas penser à KALIUM PHOSPHORICUM ?

Un chat de trois ans qui urine partout a peut-être une cystite, mais pourquoi ne pas penser qu'il a été perturbé quand on a transformé l'appartement et qu'on a déplacé son plat dans un placard.

J'ai soigné un vieux Braque allemand qui faisait une gastro-entérite hémorragique tous les samedis vers 17 heures. Tom, qui avait une insuffisance cardiaque n'allait plus à la chasse et le samedi, très exactement, à partir de 17 heures, s'agitait, tant et si bien que c'était la débâcle intestinale. ARGENTUM NITRICUM l'a détendu, mais j'ai aussi conseillé de continuer à le laisser chasser... à son rythme. Il est mort à 15 ans dans son sommeil... agité, m'a-t-on dit, mais ne rêvait-il pas des lièvres d'antan ?

 

La biochimie des maladies du stress

Elle a été étudiée en médecine vétérinaire.

L'organisme doit maintenir son équilibre interne, tout en mobilisant l'énergie nécessaire au processus d'adaptation. De là à dire que le stress est nécessaire à la maintenance du rythme biologique, il n'y avait qu'un pas qui a été allègrement franchi tout comme chez l'homme.

Un excès de stimulation entraîne cependant les maladies dites du stress.

Que se passe-t-il dans une situation de stress ? Le rythme respiratoire s'accélère, le rythme cardiaque augmente et les rythmes cérébraux deviennent nettement plus rapides.

SELYE a concentré toute son attention sur les glandes surrénales et leur sécrétion.

Sous l'influence de stimulations nerveuses sympathiques, excitations venant de l'hypothalamus, les nerfs splanchniques libèrent de l'acétylcholine qui vient se fixer sur les récepteurs à acétylcholine disséminés sur la membrane des cellules chromaffines qui libèrent de l'adrénaline et de la noradrénaline dans le sang circulant.

 

  • Le taux d'adrénaline semble plus élevé dans la peur (maladie de l'oedème chez le porc provoquée par le transport), les états dépressifs, l'anxiété.
  • Le taux de noradrénaline semble, lui, plus élevé dans la colère et les états agressifs.

 

La cortico-surrénale décharge une série d'hormones de constitution stéroïde, les "hormones du stress" : gluco-corticoïdes et minéralocorticoïdes.

  • Quand on sait que les gluco-corticoïdes ont une action anti-allergique et antihistaminique, on comprend mieux pourquoi nos animaux se grattent à longueur de jour et de nuit.
  • Les minéralo-corticoïdes eux, accélèrent la vitesse de sédimentation et favorisent la production de maladies hypertensives.

 

Ainsi, les porcs qui meurent pendant le transport, ne meurent pas toujours étouffés, mais parce qu'ils ne peuvent résister aux dégâts provoqués par une vasoconstriction des vaisseaux ... et une nouvelle fois, je pose la question : "comment est la viande des survivants ?".

Les hormones du stress sont libérées dans le sang en réponse à la présence d'une autre hormone sécrétée par l'antéhypophyse : l'hormone adréno- corticotrope.

Fort heureusement, le système nerveux central est bien armé pour se défendre contre le stress. Plus le stress est aigu et plus le cerveau produit d'adrénaline, avec, pour conséquence, une action de frein sur la sécrétion de corticoïdes. Mais, toutes ces données biologiques ne nous permettent guère d'apprécier la "douleur psychique" de l'animal. Doit-il, fuir ou lutter ?

Certes, le stress "chronique" est incontestablement intégré dans le système limbique qui active, de façon permanente, leur hypothalamus. Mais, si la situation de stress dure trop longtemps (n'est-ce pas le cas des veaux élevés en batterie, ou des chiens abandonnés sur le bord de l'autoroute), ne risque-t-on pas de voir s'installer des désordres organiques irrécupérables.

 

Citons Hans SELYE :

"Nous commençons à comprendre aujourd'hui que beaucoup de maladies courantes sont davantage dues au manque d'adaptation au stress, qu'à des accidents causés par des microbes, des virus, des substances nocives ou tout agent externe ».

 

Oui, il y a bien une relation STRESS-MALADIE et, depuis plus de 30 ans que je soigne des animaux de toute espèce, je suis à même de le prouver.

Pourquoi, à un moment donné, tel animal développe-t-il ou ne développe-t-il pas telle maladie ? Tous les stress ne sont-t-ils pas psychologiques ? Pourquoi, depuis 10 ans, nos chats ont-ils développé cette forme proche du SIDA que nous appelons leucose ? Pourquoi nos chiens développent-ils actuellement autant de cancers ?

Les défenses immunitaires de tous nos animaux ont nettement diminué et leur fragilité nous laissent bien inquiets.

Les animaux pourtant ignorent tout du déséquilibre de notre monde actuel. Ils ne lisent pas les journaux, ne regardent pas la télévision et pourtant ils souffrent. Est-ce simplement parce qu'ils sont trop proches de nous ... ou peut-être le stress n'est-il, après tout, qu'une simple maladie transmissible ?

 

L'homéopathe vétérinaire et l'Homéopathie doivent et peuvent jouer un rôle considérable dans les maladies du stress.

L'interrogatoire permet seul de "décortiquer" les causes les plus cachées du déséquilibre ... car le médicament doit entraîner une réaction en chaîne ... frapper de l'intérieur pour amener vers l'extérieur les toxines empoisonnées.

En passant de la 7ème à la 15ème CH, voire même à la 30e, et pourquoi pas à la 10.000 K, nous ciblons chaque cellule perturbée et nous permettons au malade de retrouver son équilibre ... de reprendre goût à la vie.

Oui, nous guérissons et après tout, n'est-ce pas cela qu'on semble tant nous reprocher ?

Il faut dire que depuis 200 ans, nous avons les épaules solides. Si les attaques répétées contre l'homéopathie devaient constituer un stress, toute notre énergie, sans cesse réinvestie, serait à même de déjouer les attaques des plus perfides ... mais, il faut avouer que malgré toutes nos querelles, nous sommes toujours les plus forts ...

 

La foi homéopathique qui nous anime reste probablement le secret de notre équilibre … à tous.

Modifié le: 
04/06/2018
par: 
Véronique Baumann
Auteur : Jacqueline PEKER - Auteur - 19/10/2016

À propos de l'auteur

Docteur Jacqueline Peker, vétérinaire homéopathe et auteure de nombreux ouvrages dédiés à l'homéopathie vétérinaire.

La référence en homéopathie, phytothérapie et médecines complémentaires depuis 1999