50 ans, le bel âge de la femme ?

MICHELLE-FREUD

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« J’ai 50 ans et je suis amoureuse ! », tel était le slogan d’une campagne publicitaire affichant le visage d’une femme mûre, bien dans sa peau, bien dans sa vie. Plus récemment, la marque Dove a choisi une quinqua grisonnante, pour magnifier la beauté dans ses diversités…

S’agirait-il d’une nouvelle impulsion, dans une société où l’exaltation de la jeunesse est omniprésente et où le moindre signe de vieillissement est traqué farouchement ? Retarder les méfaits de l’âge et perpétuer la jeunesse éternelle est une option de vie vers laquelle nous aspirons tous. Ce rêve deviendrait-il enfin accessible ? Il nous faut l’admettre : notre société voue un culte aux traits lisses et à la sveltesse ; la ménopause, hier une fatalité, est aujourd’hui, dans ce souci d’absolu jeunisme, combattue avec acharnement.

Pour rester jeune à tout prix, la « quinqua » se renseigne, agit et réagit avec une détermination sans faille. Traitement aux hormones, aux vitamines, régime, activité physique, cures de thalasso, chirurgie esthétique, crème à modeler, à lifter, à sculpter, à mincir, tout cela au menu du jour pour atténuer l’irréparable outrage des ans. Même si elle apprend qu’il y a lieu de sublimer cette étape de vie en misant sur la sagesse, l’expérience et la finesse d’esprit, secrets de l’éternelle jeunesse pour certains fatalistes, elle n’adhère pas pleinement à ce discours en voyant son image se ternir et surtout son corps s’épaissir.

À cet âge charnière qu’est la mi-temps d’une vie, une Européenne sur deux prendrait en effet au moins 8 kilos. Comment expliquer cette prise de poids, naturellement toujours ressentie comme excessive ?

La ménopause fait-elle réellement grossir ? Mythe ou fatalité ?

Bouleversement hormonal, réduction des dépenses énergétiques et facteurs psychologiques sont au cœur de la problématique de cette prise de poids :

  • Du fait de l’arrêt de la fonction ovarienne, le corps de la femme se modifie : la graisse semble guetter les moindres erreurs et s’accumuler en des endroits spécifiques. Du type gynoïde, femme vénusienne avec culotte de cheval et hanches, le corps a alors tendance à devenir androïde : un tissu adipeux se développe autour du ventre et de l’estomac augmentant le tour de taille.
  • Le métabolisme de base diminue progressivement avec l’âge et nous dépensons de moins en moins d’énergie. Ce même métabolisme est diminué lorsque la masse maigre et, en particulier, la masse musculaire s’affaiblit alors que la masse grasse, elle, augmente. La ménopause s'accompagne souvent d'une sédentarité accrue. Par ailleurs, on ne modifie pas forcément le contenu de son assiette, les entrées sont donc plus importantes que les sorties . C’est ainsi que l’on grossit.
  • La cinquantaine est une période de haute vulnérabilité sur le plan psychologique. Outre les différents désagréments tels que bouffées de chaleur, insomnies, déprime, etc., la femme doit assumer un certain nombre de deuils dans une société pratiquant l’apartheid anti-vieux, où l’âge s’avère un handicap à bien des endroits : perte de la capacité de fécondité, de séduction, du pouvoir professionnel, départ des enfants, autant de frustrations qui incitent souvent à augmenter, à titre compensatoire, sa consommation alimentaire.

Michèle Freud est l’auteur de « Mincir et se réconcilier avec soi » Ed. Albin Michel et de réconcilier l’âge et le corps , Albin Michel, 2007. Renseignement www.michelefreud.com 

Modifié le: 
18/08/2016
par: 
Séverine Dewally
Auteur : Michèle Freud - 18/01/2005
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