Homéopathie et hypothyroïdie chez l'animal de compagnie

Dépister et traiter l'hypothyroïdie avec l'homéopathie selon le terrain

L’hypothyroïdie atteint majoritairement le chien et l'on note une nette prédisposition raciale : caniche, setter, teckel, pinscher, shar -pei, schnauzer, bouledogue, labrador.

Docteur Jacqueline PEKER, vétérinaire homéopathe

L'altération du fonctionnement thyroïdien entraîne des répercussions sur l'ensemble des systèmes organiques, étant donné l'impact des hormones thyroïdiennes sur l'activité métabolique cellulaire elle-même.

Ces affections thyroïdiennes sont diamétralement opposées chez le chien et le chat:

LES HYPOTHYROÏDIES sont plus volontiers l'apanage du chien, alors que les HYPERTHYROÏDIES frappent plutôt le chat.

En tant qu'homéopathe, nous considérons que le phénomène « HYPO » s'installe surtout sur une diathèse sycotique et le phénomène « HYPER », sur une diathèse tuberculinique.

À lire : Homéopathie et hyperthyroïdie chez l'animal de compagnie

 

HYPOTHYROÏDIE

L’hypothyroïdie atteint majoritairement le chien. On connaît dans cette espèce des hypothyroïdies congénitales (qui entraînent un nanisme dysharmonieux, chez le berger allemand, principalement) et des hypothyroïdies acquises. Pour ces dernières, qui sont essentiellement primaires (thyroïdite lymphoplasmocytaire et atrophie idiopathique, plus rarement néoplasmes thyroïdiens). On note une nette prédisposition raciale : caniche, setter, teckel, pinscher, shar -pei, schnauzer, bouledogue, labrador.

Notons que nous avons surtout là des animaux phospho-fluoriques et carbofluoriques.

SYMPTÔMES EVOCATEURS D'UNE HYPOTHYROÏDIE CHEZ LE CHIEN

  • Léthargie - Dépression – Anxiété
  • Fatigabilité
  • Intolérance à l'effort
  • Apathie
  • Obésité
  • Frilosité
  • Polyneuropathies
  • Diarrhées
  • Alopécies sysmétriques
  • Hyperpigmentation cutanée
  • Séborrhée grasse
  • Pyodermites récidivantes
  • Lipidose cornéenne
  • Infertilité
  • Syndrome vestibulaire
  • Bradycardie
  • Goitres dans environ 6% des cas.

 

N'est-ce pas un tableau bien proche de notre SYCOSE au cours de laquelle tout semble possible et surtout la réactivité cutanéo-muqueuse et tissulaire, la congestion récidivante des muqueuses, la peur, l'anxiété, la fatigabilité... le dysfonctionnement thyroïdien et surrénalien.

On devra isoler des «fausses» hypothyroïdies qui peuvent être liées à de nombreuses affections concomitantes : Cushing, pyodermite chronique, insuffisance rénale ou hépatique, diabète sucré.

Les symptômes de l'hypothyroïdie chez le chien sont peu spécifiques, mais ils permettent une approche homéopathique très intéressante. Les symptômes cutanés permettent une réelle suspicion.

Comme dans la SYCOSE, il semble exister une prédisposition de sexe – les femelles castrées sont à plus hauts risques que les femelles non castrées

Comme dans la SYCOSE encore les animaux jeunes sont plus facilement atteints.

Certaines anomalies biologiques peuvent confirmer la suspicion: ainsi, 75 % des chiens hypothyroïdiens sont également hypercholestérolémiques. Des troubles de l'adhésion plaquettaire ont été observés.

Les ulcères cornéens, les dépôts cornéens, les uvéites observés sont en relations avec l'hyperlipémie.

Chez les femelles, on note un anoestrus persistant, des avortements, des mortinalités, des lactations nerveuses.

Ces troubles sont en rapport avec une hyperprolactinémie résultant de la stimulation des cellules hypothysaires secrétrices de prolactine par la TRH. Chez le mâle, on peut avoir une atrophie testiculaire, une hypospermie, une infertilité.

Il peut enfin y avoir altération de la sécrétion d’hormones, surtout hormone de croissance, prolactine et gonadotrophine

Le diagnostic exige le dosage des T4 inférieurs 1,5 microgrammes par 100ml ou inférieurs à 20 nanomoles par litre.

La biopsie cutanée peut fort utilement orienter le diagnostic : certaines lésions histologiques sont en effet fortement évocatrices d'une endocrinopathie : hyperkératose, atrophie de l'épiderme, hyperpigmentation, kératose, atrophie et dilatation folliculaire, épaississement dermique, myoedème.

 

LE TRAITEMENT ALLOPATHIQUE

Consiste dans la prise de : L-THYROXINE : 20 micro-g/jour ou EUTHYRAL, 1 comprimé /5 kg/jour.

Une amélioration des symptômes s'installe après 6 à 8 semaines de traitement, mais il faut adapter une dose d'entretien.

L'hypothyroïdie est proche de la SYCOSE, disons-nous. Oui, quand on constate qu'une intoxication médicamenteuse en est souvent la cause : administration trop fréquente de glucocorticoïdes, sulfonamides, produits iodés, phénobarbital… la liste est bien longue.

Ne peut-on incriminer également une mauvaise hygiène, une mauvaise alimentation, des infections prolongées, des anesthésies répétées, des intoxications de toutes sortes, la suppression des chaleurs ... et pourquoi pas les vaccinations, chaque année répétées, quel que soit l'état de l'animal.

 

L'HOMEOPATHIE EST INDISPENSABLE

THUYA : Remède n° l de la sycose et dont la pathogénèsie colle parfaitement avec le tableau clinique de l'hypothyroïdie

  • Abattement, fatigabilité
  • Obsession (si marquées dans les grossesses nerveuses)
  • Obésité
  • Troubles génitaux avec gonflement des mamelles
  • Dermatoses tenaces et récidivantes, le plus souvent suppurées sur un poil terne et cassant
  • Ongles mous, déformés
  • Polyneuropathies
  • Mais aussi intoxications internes et externes de toute sorte... sans oublier les vaccinations répétées.

CAUSTICUM

  • Dépression - peur – anxiété
  • Enraidissement articulaire
  • Dermatoses chroniques avec hyperpigmentation cutanée.

CALCAREA CARBONICA 

  • Fatigabilité - intolérance à l'effort
  • Obésité
  • Frilosité
  • Vulnérabilité aux infections.

BARYTA CARBONICA 

  • Lenteur
  • L'animal semble toujours perdu et refuse de sortir
  • Souvent amygdales hypertrophiées
  • Pouls lent - peau sèche et malsaine
  • Obésité
  • Hypertrophie prostatique
  • Bradycardie.

GRAPHITES 

  • Associé à une diminution de l'activité psychique, physique, métabolique et endocrinienne.
  • La Peau est sèche, squameuse ou suintante avec des ulcérations, et le poil terne et cassant avec prurit intense aggravé la nuit
  • Diarrhée fétide contenant des aliments mal digérés.

FOLLICULINUM 

Peut être intéressant chez les femelles dont les symptômes s'aggravent au moment des chasses ou qui ont tendance aux grossesses nerveuses qui elles aussi viennent compliquer le tableau clinique.

Citons THYROIDEA - déjà utilisée par Cartier en 1929. L'action de ce médicament est fonction de la dilution :

  • 7 à 30 CH : si hyperthyroïdie (surtout utiliser des dilutions croissantes chez le chien)
  •  5 CH si dysthyroïdie
  • 4 CH si hypothyroïdie

Étant entendu que ce médicament complète aussi bien le traitement classique que l'action des grands médicaments homéopathiques.

 

Quelle dilution faut-il utiliser ?

Il n'est pas question de heurter de front un déséquilibre endocrinien. Qu'il soit en plus ou en moins. N'oublions jamais que l'action du médicament homéopathique est centrifuge et que celui-ci doit préférer son arrivée sur un organe sans lésion.

Aussi préférons-nous dans un premier temps les moyennes dilutions 7 ou 9 CH tous les deux jours, ou 2 fois par semaine pendant 6 semaines.

Si la réaction est bonne, on pourra prescrire 15 CH une fois par semaine pour le remède de fond et continuer à améliorer ponctuellement les petits symptômes gênants avec des 5 ou des 7 CH.

 

Il est certain que depuis 30 ans, nous avons de plus en plus de troubles thyroïdiens.

Faut-il incriminer la pollution, l'alimentation industrielle, le mode de vie, les médicaments trop agressifs, les vaccinations répétées ? Comment s'y retrouver ?

J’ai accepté de vous exposer nos problèmes vétérinaires, c'est que je pense que l'Homéopathie dans des troubles aussi graves joue un véritable rôle.

L'important, c'est de ne pas prescrire tout seul dans son coin et d'être content ou non des résultats obtenus ... L'important, c'est de travailler en équipe et même s'il est plus sympathique de lire un bon policier - il faut savoir prendre le temps de transmettre... rédiger quelques pages d'observation, les lire en public ...

Nous n'avons plus de temps à perdre si nous voulons, nous, les praticiens, sauver notre Homéopathie.

 

 

Modifié le: 
07/05/2018
par: 
Véronique Baumann
Auteur : Jacqueline PEKER - Auteur - 22/09/2017

À propos de l'auteur

Docteur Jacqueline Peker, vétérinaire homéopathe et auteure de nombreux ouvrages dédiés à l'homéopathie vétérinaire.

La référence en homéopathie, phytothérapie et médecines complémentaires depuis 1999