Homéopathie et hyperthyroïdie chez l'animal de compagnie

Expert

Le traitement homéopathique de l'hyperthyroïdie principalement chez le chat

C'est un grand classique de l'endocrinologie féline due à un excès de développement d'hormones thyroïdiennes. L'altération du fonctionnement thyroïdien entraîne des répercussions sur l'ensemble des systèmes organiques, étant donné l'impact des hormones thyroïdiennes sur l'activité métabolique cellulaire elle-même.

Docteur Jacqueline PEKER, vétérinaire homéopathe

 

Ces affections thyroïdiennes sont diamétralement opposées chez le chien et le chat:

LES HYPOTHYROÏDIES sont plus volontiers l'apanage du chien, alors que les HYPERTHYROÏDIES frappent plutôt le chat.

En tant qu'homéopathe, nous considérons que le phénomène « HYPO » s'installe surtout sur une diathèse sycotique et le phénomène « HYPER », sur une diathèse tuberculinique.

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HYPERTHYROÏDIE

C'est un grand classique de l'endocrinologie féline due à un excès de développement d'hormones thyroïdiennes. Dans la très grande majorité des cas, on trouve un adénocarcinome ou une hyperplasie bénigne.

Sont souvent atteints des animaux âgés - en moyenne 13 ans – sans prédisposition raciale, ni sexuelle.

Les troubles du comportement (hyperexcitabilité, hyperactivité) sont parfois très précoces. Néanmoins, les motifs essentiels de la consultation demeurent l'amaigrissement (dans 95 % des cas) et la polyphagie. La maigreur, voire même la cachexie, est quasi constante.

Le chat est agité, anxieux et présente un aspect de déshydratation avancée, Les propriétaires nous disent que le chat respire mal et surtout qu'il y a accélération du cœur au moindre effort.

LES SYMPTOMES

  • Amaigrissement,
  • Polyphagie et perte de poids,
  • Anomalies du pelage,
  • Syndrome polyuro-polydipsie,
  • Diarrhée chronique,
  • Nervosité – hyperactivité,
  • Vomissements,
  • Tremblements,
  • Fréquence cardiaque augmentée et souffle systolique,
  • Chaleur mal supportée.

Certains examens doivent être entrepris avant de décider de l'orientation du traitement.

  • La RADIOGRAPHIE révèle dans 50 % des cas une cardiomégalie.
  • L'ELECTROCARDIOGRAMME révèle une tachycardie sinusale, un R (mv) augmenté, des extrasystoles sinusales et des QRS augmentés.
  • L'ECHOCARDIOGRAPHIE montre un myocarde hyperdynamique et plus rarement une cardiomyopathie dilatée.
  • Les premiers EXAMENS BIOCHIMIQUES révèlent souvent une élévation des transaminases.
  • Mais d'autres examens doivent permettre d'affiner le diagnostic:
    • Dosage des T 4 (thyroxine) par kit semi quantitatif (Idexx) ou par RIA.
    • Test de freinage par iodothyronine (T3) pour confirmer un résultat douteux obtenu avec les méthodes précédentes.
    • T 4 chez le chat : 6 nanogrammes par 100 ml.

Le Centre de Radiothérapie de l'Ecole Nationale Vétérinaire d' Alfort peut effectuer des scintigraphies. La méthode consiste à injecter une substance radioactive qui se concentre dans les cellules thyroïdiennes secrétantes. On visualise ainsi les nodules hyperthyroïdiens « chauds».

Souvent le lobe thyroïdien, non palpable, est hyperfixiant et ceci explique les nombreuses rechutes hyperthyroïdiennes post-chirurgicales.

Il faut savoir que de 3 à 5 % des chats hyperthyroïdiens ont une localisation médiastinale, ce qui explique que l'examen manuel est impossible.

  • LE TRAITEMENT PEUT ETRE CHIRURGICAL. (exérèse des lobes secrétants) avec les complications que cela implique : exérèse qui risque d'être incomplète, hypoparathyroïdie secondaire.
  • LE TRAITEMENT MEDICAL consiste à administrer du BASDENE 2,5 mg / kg / jour en 3 prises, ou du NEO-MERCAZOLE : 1 mg / kg / jour en 3 prises.

On diminue les doses après 3 semaines de traitement, mais la toxicité de ces 2 produits les rend difficiles à utiliser.

Le traitement de choix de l'hyperthyroïdie féline est la RADIOTHERAPIE METABOLIQUE A L'IODE 131.

L'iode radioactif se concentre dans les cellules sécrétantes et les détruit. Le Dr Patrick DEVAUCHELLE qui dirige le Centre Radiothérapie Scanner d' Alfort, affirme que 90 % des chats guérissent en une seule administration, 10 % des réfractaires guérissent après une seconde ou une troisième administration.

Ce traitement nécessite une hospitalisation de 2 à 3 semaines et ne peut s'effectuer qu'en milieu spécialisé.

Il est indispensable de traiter les troubles cardiaques associés. On conseille un bétabloquant, comme l'AVLOCARDYL, en cas de tachycardie et de cardiomyopathie hypertrophique. Lors de cardiomyopathie congestive, on conseille l'association digoxine- furosémide.

 

ET L'HOMEOPATHIE, QUEL ROLE PEUT-ELLE JOUER?

Elle est souvent la seule possibilité pour tous les propriétaires de chats qui n'ont pas les moyens financiers de supporter une thérapeutique trop compliquée.

Les chats «malades» nous sont presque toujours des phosphoriques ou des phosphofluoriques tuberculiniques.

L'interrogatoire conduit à préciser un grand nombre de symptômes qu'il est indispensable de hiérarchiser.

Le malade apparaît très vite « TUBERCULINUM » mais, dans un premier temps, il est indispensable de soulager - on pourrait même dire de drainer - un organisme agressé dans ses fonctions majeures.

 

ARSENICUM ALBUM

  • Le malade est épuisé, amaigri, anxieux et agité, dépressif.
  • Il a perdu beaucoup de poids, suite à des vomissements ou à des diarrhées.
  • Il boit beaucoup, mais l'eau ne semble par améliorer son état de déshydratation.
  • Le moindre exercice se traduit par une difficulté respiratoire.
  • Enfin, le poil est sec, cassant et la peau desquame.

TUBERCULINUM

  • L'interrogatoire révèle souvent des antécédents de troubles pulmonaires : coryza du chat, pneumonies.
  • Le malade est maigre, deshydraté et pourtant il semble obnubilé par la nourriture (lui si délicat…vole même nos restes dans la poubelle !).
  • Il est anxieux, instable, parfois même agressif. Il est agité de tremblements.
  • Il change constamment de place, mais le moindre effort physique entraîne une gêne respiratoire intense, toujours plus marquée dans un appartement trop chauffé. Le chat recherche le filet d'air frais salvateur.
  • La diarrhée est débilitante.

D'autres médicaments auront une action plus ponctuelle, mais très efficace sur les symptômes qui accompagnent ce déséquilibre thyroïdien. Nous les associons très souvent au BASDENE difficile à administrer au chat.

Citons :

ARSENICUM IODATUM 

  • Agitation
  • Polyphagie
  • Gêne respiratoire aggravée à l'effort
  • Troubles du rythme cardiaque
  • Peau sèche et prurit.

AURUM METALLICUM 

  • Action sur les organes en « hyper »
  • Cardiomégalie et troubles du rythme
  • Irritabilité et agitation aggravée la nuit
  • Hépatite (augmentation des transaminases)

BROMIUM : A une action incontestable sur l’hyperthyroïdie chez un chat que le moindre effort physique fatigue.

CALCAREA IODATA : Qui est un maigre boulimique, qui ne peut vivre qu'à l'extérieur.

COFFEA : Pour son excitation constante aggravée au moindre bruit, au moindre changement de vie, à la moindre caresse

  • La tachycardie est toujours aggravée par la chaleur
  • Polydipsie et polyurie
  • Diarrhée.

IODUM

  • Le chat est maigre malgré un grand appétit. Il mange vite, regardant toujours autour de lui, les pattes écartées. Autant de signes qui traduisent son anxiété et sa gêne respiratoire aggravée par la réplétion de l'estomac. I
  • Il fuit toute source de chaleur pour se réfugier le plus souvent dans la baignoire
  • Diarrhée aggravée par les laitages
  • Vomissements le matin d'un liquide jaunâtre malodorant
  • Les femelles non opérées sont nymphomanes et, si on prend le risque de les opérer malgré leur mauvais état général, on trouve de nombreux kystes sur les ovaires.

LYCOPUS VIRGINICUS : Régularise la tachycardie du chat hyperthyroïdien.

SPONGIA TOSTA :  Remède d'action limitée, mais a une action incontestable sur les troubles de l'hyperthyroïdie : troubles du rythme cardiaque, toux sèche au moindre effort, exophtalmie, agitation pire la nuit.

 

Quelle dilution faut-il utiliser ?

Il n'est pas question de heurter de front un déséquilibre endocrinien. Qu'il soit en plus ou en moins. N'oublions jamais que l'action du médicament homéopathique est centrifuge et que celui-ci doit préférer son arrivée sur un organe sans lésion.

Aussi préférons-nous dans un premier temps les moyennes dilutions 7 ou 9 CH tous les deux jours, ou 2 fois par semaine pendant 6 semaines.

Si la réaction est bonne, on pourra prescrire 15 CH une fois par semaine pour le remède de fond et continuer à améliorer ponctuellement les petits symptômes gênants avec des 5 ou des 7 CH.

Modifié le: 
05/05/2018
par: 
Véronique Baumann
Auteur : Jacqueline PEKER - Auteur - 22/09/2017

À propos de l'auteur

Docteur Jacqueline Peker, vétérinaire homéopathe et auteure de nombreux ouvrages dédiés à l'homéopathie vétérinaire.

La référence en homéopathie, phytothérapie et médecines complémentaires depuis 1999