Les échinacées en phytothérapie

Article abonné

Accès libre

Les echinacées, une famille de plantes immunostimulantes antivirales, antibactériennes et anti-inflammatoires.

Elles s'utilisent en homéopathie, surtout dans le cadre de la prévention, mais également en phytothérapie lors d'une affection virale ou bactérienne. Elles accélèrent la résolution des pathologies infectieuses. 

La pharmacopée française considère 3 espèces d’Echinacées comme médicinales, nous les avons donc abordées dans un seul et même dossier.

Botanique

  • Echinacea angustifolia ou Echinacée à feuille étroite, peut aussi être utilisée en homéopathie
  • Echinacea purpurea ou Echinacea rudbeckia purpurea ou Echinacée pourpre
  • Echinacea pallida ou Echinacée pâle

Commission E allemande ne reconnait que Echinacea purpurea comme médicinale

Famille : Asteracées

Le genre Echinacéa est commun dans la partie centrale et orientale de l’Amérique du Nord. Les échinacées sont actuellement cultivées dans tous les pays tempérés. Ces plantes sont vivaces, robustes et très élégantes. Leur inflorescence est un grand capitule dont les fleurs périphériques ont une longue ligule repliée violette, rose ou presque blanche , les faisant ressembler à une marguerite. La floraison des échinacées s’étale de juillet à septembre La racine forme un cylindre régulier, marquée de cicatrices en forme de V. On multiplie la plante par semis au printemps, ou par séparation de touffe et de racines aux intersaisons.

Les échinacées doivent leur nom à leur coeur en forme de dôme : Échinacée dérive d'un mot grec signifiant hérisson.

Parties actives

En phytothérapie, on utilise des parties de plantes différentes en fonction de l’espèce,

  • Les parties souterraines d’ Echinacea angustifolia (échinacée à feuilles étroites)
  • Les parties aériennes fleuries et parties souterraines d' Echinacea purpurea (échinacée pourpre)
  • Les parties souterraines d'échinacée pâle (Echinacea pallida)

Les échinacées sont riches en

  • Alkylamides dont l’échinacéine
  • Composés phénoliques dérivés de la caféine, en proportion différente en fonction de l’espèce : échinacoside, cynarine, acide cichorique,
  • Polysaccharides complexes : arabinogalactane, arabinorhamnogalactane, fucogalactoxyloglucane, glucuronoarabinoxylane
  • Alcaloïdes indolizidiniques
  • Acides gras
  • Huile essentielle à humulène

Propriétés thérapeutiques

Propriétés immunostimulantes

La présence conjointe d’alkylamides (fraction lipophile), de polysaccharides et de dérivés de l’acide caféique semble être un facteur majeur de l’activité immuno-stimulante, ces composants stimulent le système immunitaire selon différentes voies. Ils ont une action contre les virus, bactéries et champignons. Empêchent les germes microbiens d'agresser le tissu conjonctif et limitent leur progression par :

  • Stimulation de l’activité des macrophages (arabinogalactane), augmentation de la phagocytose des granulocytes et des macrophages (extraits alcooliques de la racine),
  • Augmentation du nombre de globule blanc et en particulier des lymphocytes.
  • Augmentation de la résistance à l’effort (l’échinacéine serait surrénalo-mimétique)

Effet antibactérien

  • direct sur Streptococcus pyogenes, Hemophilus influenzae,Legionella pneumophila, Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline,Mycobacterium smegmatis,

Activité antiviral globale, antigrippale

L'acide cichorique et l'échinacoside possèdent une activité antivirale

Anti-inflammatoire

  • Cette action serait comparable à celle de l'Indométacine, sans en avoir les effets indésirables.

Antiallergique

  • Echinacea est un remède complémentaire efficace dans le traitement de l'asthme, par le cumul des deux propriétés précédentes.

Propriétés cicatrisantes

Les échinacées participent à la restauration du tissu conjonctif en s’opposant à l’hydrolyse de l’acide hyaluronique, molécule fondamentale du tissu conjonctif

Indications

Par voie orale

  • En préventif et/ou en traitement des infections grippales, septiques, diminue les symptômes du rhume
  • immuno-stimulante en préventif (infections bactériennes, grippe, herpès, cystites, candidoses, etc…) comme en curatif. Les échinacées potentialisent les autres thérapeutiques

Par voie externe

  • Traitement local des retards de cicatrisation et des dermatites

En homéopathie 

Comment utiliser la plante

Forme disponibles 

  • Teinture-mère d’Echinacea angustifolia plante entière
  • EPS de racine d' Echinacea purpurea
  • Extrait fluide
  • Privilégier la plante fraîche et les formes galéniques qui préservent la présence de polysaccharides insolubles dans l’alcool
  • Extrait sec, en gélules, capsules…

En prévention

pour les sujets fragilisés, sensibles aux virus, toujours en cures discontinues, une prise matin et soir pendant trois semaines, puis une prise matin et soir une semaine à 10 jours par mois. Il ne faut pas prendre d’échinacée sur une longue période sans pause

  • Extrait fluide 1 gramme ou 50 gouttes par jour en une prise
  • Teinture-mère 50 gouttes deux fois par jour
  • EPS 5 ml par jour

En curatif

affections virales ou bactériennes, lésions de la peau surinfectée, en mycoses

  • Jus d’Echinacea purpurea 2 à 3 ml ou 1 à 2 ml d’extrait, 1 à 4 fois par jour, soit mélangée à l’eau, soit en prise sublinguale
  • Extrait sec d’Echinacea purpurea 3 fois par jour (150 à 300 mg)
  • Teinture alcoolique : 1 à 5 ml 3 fois par jour
  • En décoction : faire bouillir 1 g de racines (pour une tasse d’eau) pendant 10 min. Boire jusqu’à 3 tasses par jour. Je l'affectionne tout particulièrement, rajoutée à une infusion de thym sucrée au miel. En cas de pharyngite ou de grippe, je m'en prépare une thermos pour la journée. Ce remède se combine parfaitement à d'autres traitements, autant homéopathiques qu'allopathiques. 

A quoi faut il être vigilant

Vous ne devriez pas utiliser d’Echinacea sans avis médical si

  • Vous souffrez de maladies auto-immunes, et maladies évolutives comme la tuberculose,
  • Vous êtes allergiques aux asteraceae, ou si vous avez une peau à tendance atopique
  • si vous suivez par ailleurs un traitement de longue durée
  • Si vous suivez un traitement à base de Stéroïdes (propriétés immunomodulatrices additionnelles), d'immunosuppresseurs (altération théorique de l’effet immunosuppresseur)

Un peu d'histoire ?

La racine de la plante était déjà utilisée par

  • les Amérindiens, en externe lors de blessures, de brûlures, de piqûres d'insectes.
  • Les Comanches la mastiquaient pour les maux de dents et de gorge.
  • Les Sioux l'employaient très souvent comme antidote lors de morsures de serpent et au cours d'états infectieux.

Les immigrants européens en Amérique du Nord s'y intéressèrent très rapidement. Les premiers arrivants en Oklahoma considérèrent cette plante comme un remède universel.

En 1880, un immigrant allemand, H.C.F. Meyer, conçut une préparation à base d'Echinacée, et la commercialisa sous le nom de "Meyer's Blood Purifier". Elle rencontra un immense succès populaire. Les autorités médicales d'abord sceptiques se laissèrent convaincre après qu'il eut proposé de se laisser mordre par un serpent à sonnette devant un groupe de médecins afin de prouver l'efficacité de son remède. Impressionnés, deux professeurs de médecine décidèrent d'expérimenter la potion, dont ils devinrent bientôt d'ardents défenseurs. La plante fut dès lors admise par la médecine officielle américaine.

Nom latin: 
Echinacea
Nom usuel: 
Echinacée
Modifié le: 
11/10/2017
par: 
Véronique Baumann
Auteur : Séverine Dewally - Dr en Pharmacie - 23/05/2010
La référence en homéopathie, phytothérapie et médecines complémentaires depuis 1999