Du particularisme de l'évaluation du médicament homéopathique et de sa remise en cause

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Évaluation du médicament homéopathique par la HAS, le SNMHF réagit

À la mi-juin de cette année, alors qu’elle examinait une demande de renouvellement d’enregistrement pour des formules homéopathiques, la HAS (Haute Autorité de Santé), autorité indépendante en charge de l’évaluation des médicaments, a fait le commentaire suivant : "La Commission s’étonne du maintien du taux de remboursement à 30% des médicaments homéopathiques à nom commun compte tenu du taux de remboursement à 30% voire 15% de médicaments ayant fait la preuve de leur efficacité ». La HAS est une instance composée de médecins, pharmaciens, spécialistes en méthodologie et épidémiologie.

Le 24 mai Madame Agnès Buzyn, Ministre de la Santé a déclaré sur France Inter qu’elle envisageait de conditionner le remboursement de l’homéopathie à une évaluation scientifique stricte ; elle appelle ainsi les laboratoires pharmaceutique à une évaluation des médicaments homéopathiques par la Haute autorité de santé, à l'instar des médicaments allopathiques. 

Rappel

Actuellement, les médicaments homéopathiques pour lesquels il n’y a pas de demande d’AMM  (Autorisation de Mise sur le Marché) de la part du fabriquant peuvent bénéficier d’un Enregistrement Homéopathique simplifié dit EH. Le demandeur doit justifier du « caractère homéopathique » de la souche sur la base de données bibliographiques. Cette procédure comporte certaines contraintes : 

  • Une interdiction de revendiquer des indications thérapeutiques, 
  • Une limitation aux formes externes ou orales (solutions buvables en gouttes, granules, globules, poudres orales, crèmes et pommades), 
  • Un degré de dilution garantissant l’innocuité (dilutions supérieures ou égales au 1/10 000 de la teinture-mère, soit 4DH ou 2CH). 

 Quelle méthodologie pour l'évaluation de l'homéopathie ?

Le SNMHF (Syndicat national des médecins homéopathes français), demande à être associé à la réflexion sur la méthodologie appropriée à l'évaluation des médicaments homéopathiques demandée par Madame la ministre de la Solidarité et de la Santé, Agnès Buzyn.
 
Actuellement la Haute Autorité de Santé évalue les médicaments, et en particulier le service médical rendu, par classe thérapeutique. Or dans la pratique homéopathique, le médicament est généralement prescrit sur un ensemble de symptômes très différents et répond donc à de nombreuses « classes thérapeutiques ». Le médicament Arnica montana, par exemple, peut être indiqué et prescrit aussi bien en infectiologie que dans les états dépressifs, pour les troubles du sommeil ou encore en cardiologie. Le service médical rendu ressort ainsi de différentes classes thérapeutiques.
 
De même, le médecin choisit la hauteur de dilution d'un médicament homéopathique (par exemple : 5 CH, 9 CH, 30 CH) en fonction des symptômes observés et de l'effet attendu. Plusieurs études en attestent, notamment la série d'expériences effectuées sur l'activité de l'aspirine à dose ultra faible sur l'interaction plaquette-paroi vasculaire [1]

Ce particularisme rend spécifique l'évaluation du médicament homéopathique. C'est pourquoi le SNMHF demande la détermination d'une méthodologie d'évaluation correspondant à la méthode thérapeutique homéopathique, afin de mesurer son efficacité et le niveau de service rendu aux patients.  Le SNMHF entend être partenaire, au même titre que tous les acteurs pressentis sur la base de leur compétence dans ce domaine d'expertise, pour élaborer et conduire les travaux d'évaluation.

[1] Doutremepuich C et coll. Template bleeding time after ingestion of ultra low dosages of acetyl salicylic acid in healthy subjects : preliminary study. Thrombosis Research 1987, 48, p.501-504

A propos du SNMHF

Le Syndicat national des médecins homéopathes français rassemble les médecins libéraux qui considèrent que l'homéopathie apporte une réponse thérapeutique à la plupart des pathologies, en alternative ou en complémentarité des autres techniques médicales, auxquelles elle ne s'oppose pas. Il a pour objet la défense des intérêts matériels et moraux de ses membres, tant sur le plan individuel que sur le plan collectif. Il milite pour une médecine libérale humaniste et considère que les médecins homéopathes ont toute leur place dans le système de santé dont nos concitoyens ont besoin.
www.snmhf.net
 

Modifié le: 
02/08/2018
par: 
Véronique Baumann
Auteur : Véronique Baumann - Médecin homéopathe - 2/08/2018
La référence en homéopathie, phytothérapie et médecines complémentaires depuis 1999