Dermatologie vétérinaire et homéopathie, les dermatoses aiguës ou suraiguës

Expert

Lésions dermatologiques aiguës, quel traitement homéopathique chez l'animal

Peau et poil chez les animaux ont un rôle d’isolation et de protection, pourtant leur aspect est le reflet de leur santé.
Peau et poils jouent un véritable rôle d’émonctoire, au même titre que le foie et les reins. C’est ce qui explique que, hormis quelques affections locales, les maladies, dont l’expression est dermatologique, sont la manifestation de troubles généraux.

Préambule

N’oubliez pas que nous ne devons pas parler de maladies, mais de malades… et que chaque cas doit être rigoureusement individualisé. En médecine vétérinaire, et tout particulièrement en dermatologie, « supprimer le symptôme n’est pas guérir le malade ».

La liste des maladies dermatologiques est longue… certainement aussi longue que pour l’homme.

… Mais, ce qui doit compter pour nous, homéopathes, c’est le terrain sur lequel évolue la maladie. Nous devons dresser la liste des symptômes locaux, généraux et psychiques avant d’écrire sur l’ordonnance le ou les médicaments les « plus semblables », dont le but sera de rééquilibrer l’organisme tout entier.

La « dermatose » de Gaston le chat noir européen a le même aspect que celle de Lola, la jolie siamoise. Mais, Gaston est un peureux castré très jeune, qui vit terré sous la couette et ne mange que des aliments industriels, alors que Lola accompagne chaque fin de semaine ses maîtres à la campagne, court dans l’herbe, déguste les petits plats de sa maîtresse et attend des bébés pour la troisième fois… Pourtant, leur poil est terne, agglutiné par endroits et il s’arrache facilement. Tous les deux se lèchent des heures durant.

Seul l’interrogatoire approfondi, aboutissant à un relevé des symptômes et des modalités peut nous aider à prescrire. Sans cette rigueur, rien n’est possible.

C’est en tant que praticien que je vais vous parler des maladies de la peau, et non en tant que dermatologue spécialiste.

Le traitement homéopathique a pour but principal, d’éviter les récidives ou les alternances morbides.

Ce qui veut dire que toutes nos prescriptions, primaires ou secondaires, se doivent de respecter les principes fondamentaux de l’homéopathie, même et surtout si nous devons utiliser des antibiotiques, des corticoïdes, des antiparasitaires locaux ou généraux.

L’homéopathie est une médecine très codifiée, précise et rigoureuse, qui repose sur trois principes :

1 - Le principe de similitude sans lequel on ne peut parler d’homéopathie.

2 - Le principe d’infinitésimalité, c’est-à-dire l’efficacité de la dose infinitésimale.

3 - Le principe de TOTALITE, c’est-à-dire l’individu considéré dans son entier.

C’est pour cette raison que vous comprenez qu’une petite lésion cutanée, plus ou moins croûteuse, plus ou moins prurigineuse… ne peut être regardée que comme un déséquilibre interne.

Le ou les remèdes prescrits, ne seront efficaces, que s’ils sont en correspondance avec le malade : c’est la SIMILITUDE.

Chaque remède possède une pathogénésie, c’est-à-dire l’ensemble des signes psychiques, sensoriels, organiques, cliniques et paracliniques qui lui correspondent.

  • Signes qu’il déterminera s’il est administré au sujet sain de façon répétée,
  • Signes qu’il guérira chez le malade qui les présente, s’il est administré de la bonne façon.

Aujourd’hui, la notion d’allergie est fréquente chez les animaux. Il est en effet admis, que tel sujet présente une sensibilité particulière à telle substance, alors que la plupart des autres sujets sont indifférents à cette même substance, le sujet est dit « allergique » à la substance en question et c’est là que nous devons intervenir.

L’homéopathe s’intéresse plus aux signes présentés par le malade qu’aux tests.

Pour entrer dans le domaine de l’homéopathie, les médicaments seront administrés à des doses infinitésimales : nous ne sommes ni des toxicologues, ni même des pharmacologues.

Encore aujourd’hui - après plus de 200 ans de succès thérapeutique – on nous assomme de critiques virulentes : le remède homéopathique n’est qu’un placebo ! Nos vaches, nos poules ne peuvent pas répondre… alors, n’engageons pas de polémique, et laissons nos clients nous défendre.

En privilégiant le PRINCIPE DE TOTALITE, nous admettons qu’une lésion cutanée ne peut pas être regardée isolément, détachée du reste du malade.

Nous tenons compte de la morphologie, de l’hérédité, si cela est possible, des maladies antérieures, des différents traitements reçus, du mode du vie, du comportement, de l’alimentation… du TERRAIN, d’où…L’INDISPENSABLE INTERROGATOIRE.

L’homéopathie n’est pas la médecine d’un symptôme, ni même d’une maladie, mais la médecine d’un patient particulier, unique.

L’homéopathe soigne le malade, avant tout pour ce qu’il est, beaucoup plus, que pour ce qu’il a.

Ne me demandez pas comment agit le remède homéopathique. Je n’en sais rien. Depuis 40 ans, je me contente de croire qu’il active les réactions de défense de l’organisme.

L’homéopathie ne tue pas les puces d’un chien qui se met en sang, mais elle peut l’aider à mieux supporter son prurit, à rétablir l’intégrité de sa peau, à accepter des mesures d’hygiène ou d’alimentation, à rééquilibrer son terrain.

Une consultation peut être demandée pour une dermatose aiguë ou suraiguë, mais aussi, bien souvent, pour une dermatose chronique.

Notre premier devoir est de soulager, car, dans le milieu familial, une dermatose fait peur : contagion possible vis-à-vis des enfants, des autres animaux, gêne provoquée par le prurit nocturne, dissémination des poils, des squames…

 

Les dermatoses aiguës ou suraiguës

Elles apparaissent brutalement sur des animaux de n’importe quel âge ou de n’importe quelle race, apparemment sains. Il est bien évident que, pour le plus grand bien du malade, nous sommes tenus de poser un diagnostic étiologique.

L’intérêt du malade passant avant l’esprit doctrinaire, en fonction de l’étiologie et des lésions présentées, nous sommes parfois dans l’obligation d’utiliser des corticoïdes, des antibiotiques et même des antifongiques par voie générale et locale.

Mais, attention au transfert morbide à d’autres localisations que la peau. Combien de chiens ainsi soulagés de leur dermatose, se sont retrouvés avec des crises d’arthrose ou des crises d’asthme… et surtout combien de récidives.

Alors, que faire ?

Dans un premier temps, soulager et, dans un second temps, se rendre maître du terrain : agir sur l’hygiène de la peau, sur l’alimentation, sur le mode de vie, sur les grands émonctoires…

J’ai fait bien des injections de cortisone, mais celles-ci ont toujours été suivies d’un DRAINAGE homéopathique ou phytothérapique. Je revois le malade six semaines plus tard et, si les propriétaires ont bien compris qu’ils devaient nous aider à décortiquer la cause du déséquilibre, nous prescrivons le médicament de diathèse qui doit éviter les récidives. Si besoin est, nous poursuivons le drainage.

Par respect pour mes maîtres, j’aime utiliser ce terme de DIATHESES, lesquelles restent des réalités cliniques. Leur connaissance permet de rechercher le médicament homéopathique du malade, celui qui est « réactionnel » et individuel et peut seul appeler la guérison. La connaissance de la diathèse est indispensable à une meilleure compréhension du malade au jour J de la consultation, mais aussi permet d’apprécier pourquoi l’équilibre a été rompu… et n’oubliez pas que nous sommes face à une dermatose aiguë ou suraiguë.

Le malade est rouge, il s’arrache les poils, se mord jusqu’au sang, et le risque d’infection est grand. S’agit-il d’une dermatose parasitaire, allergique… ? Qu’importe.

Dans un premier temps, il faut soulager… et aider l’organisme soulagé, mais empoisonné, à se défendre contre une récidive ou l’apparition d’une nouvelle maladie.

Aussi un drainage bien conduit est indispensable, et sa prescription basée sur l’interrogatoire, doit apporter un soulagement au niveau de tous les organes qui semblent avoir failli lors de l’installation de la dermatose.

 

Dans ces formes aiguës, un certain nombre de remèdes peuvent être prescrits, en fonction de l’aspect de l’éruption, des modalités, de la forme du prurit, de l’aspect de la peau, du comportement du malade.

Modifié le: 
26/07/2018
par: 
Véronique Baumann
Auteur : Jacqueline PEKER - Auteur - 29/05/2018

À propos de l'auteur

Docteur Jacqueline Peker, vétérinaire homéopathe et auteure de nombreux ouvrages dédiés à l'homéopathie vétérinaire.

La référence en homéopathie, phytothérapie et médecines complémentaires depuis 1999