Cannabinoïdes : ses composantes


Le cannabis sativa L. ou chanvre est une plante unique en son genre, qui fascine et dont l’usage thérapeutique documenté remonte à environ 2737 avant notre ère. C’est de lui que sont extraits tous les composants des produits à base de CBD qui connaissent de nos jours un succès fulgurant au sein de l’Hexagone. On note parmi ceux-ci les cannabinoïdes. Si une plante de cannabis sativa L. en contient plus d’une centaine, cet article fait le point sur ceux que l’on retrouve dans la majorité des produits CBD mis en vente actuellement.

Le cannabigerol (CBG)

Isolé pour la première fois en 1964 par Raphael Mechoulam, le CBG est une cellule souche des autres cannabinoïdes présents dans la plante de chanvre. En d’autres termes, ces derniers étaient dans un premier temps du cannabigerol.

Il est à savoir qu’une jeune plante de cannabis sativa L. renferme une importante quantité d’acide cannabigérolique connue sous le sigle de CBGA (notamment dans sa couche). Au fur et à mesure qu’elle croît, différents enzymes vont agir sur cet acide pour ensuite la transformer progressivement. Tout au long de ce processus naturel, le CBGA donne naissance aux différentes molécules souches des autres cannabinoïdes. On note par exemple l’acide tétrahydrocannabinolique ou THCA (le précurseur du THC), l’acide cannabidiolique ou CBDA (le précurseur du CBD), etc. Une fois la plante de chanvre à maturité, il ne restera plus que 1 % de CBG maximum dans sa couche.

À l’instar du CBD, le cannabigerol n’est pas psychoactif, c’est-à-dire qu’il n’engendre aucun effet euphorique. Une fois ingéré, il agit sur les CB2 qui se trouvent dans le tissu conjonctif, dans l’intestin et dans le système nerveux. Tous ceux qui souhaitent en savoir davantage sur les effets du CBG n’ont qu’à se rendre sur les CBD shop en ligne pour avoir plus d’informations.

Le cannabidiol (CBD)

Le CBD est le cannabinoïde prédominant dans les plants de cannabis sativa L. Il a été isolé pour la première fois en 1940 par une équipe de chimistes de l’Université de l’Illinois dirigée par Roger Adams. Il faudra attendre l’année 1963 pour que sa stéréochimie soit officiellement identifiée, notamment après que Dr Raphael Mechoulam l’a isolé de nouveau. Cette découverte historique a ainsi permis à d’autres scientifiques de découvrir toutes les facettes du cannabidiol et aux différentes marques de créer des produits qui en contiennent. L’OMS considère officiellement le cannabidiol comme étant non toxique et c’est ce qui a poussé de nombreux pays à procéder à sa légalisation, notamment en France.

Le CBD est plus précisément une molécule non psychoactive, contrairement à son cousin THC. À en croire les différents scientifiques qui se sont penchés sur son cas, il ne se lie ni aux CB1 ni aux CB2 une fois ingéré. Le cannabidiol active indirectement ces récepteurs en modulant la concentration d’endocannabinoïdes et de l’enzyme métabolique qui participe à la décomposition de l’anandamide (FAAH). Autrement dit, une fois qu’il est absorbé par notre organisme, ce phytocannabinoïde favorise la synthèse d’endocannabinoïdes tout en optimisant la métabolisation de l’anandamide. Le CBD agit donc positivement sur notre organisme et potentialise notre système endocannabinoïde sans pour autant générer des effets psychotropes. Il n’entraîne des effets secondaires qu’en cas de surdosage.

Et puisqu’il s’agit d’un antagoniste de faible affinité des récepteurs endocannabinoïdes, il a la capacité d’inhiber ou de moduler les effets neurologiques du THC si le produit consommé en contient bien sûr.

Le Δ -9 -tétrahydrocannabinol (THC)

Le THC est le cannabinoïde le plus connu de la plante de chanvre. Celui-ci est réputé pour ses effets psychotropes, raison pour laquelle il est qualifié de stupéfiant. Dans l’Hexagone, les chanvres industriels utilisés dans la fabrication de produits CBD ne doivent pas en contenir plus de 0,3 %. Il en va de même pour les produits finis. Ce psychoactif notoire a aussi été découvert grâce aux recherches menées par le chimiste américain Roger Adams en 1940. En 1964, le Dr Raphael Mechoulam est parvenu à découvrir sa composition chimique ainsi que le rapport entre celui-ci et les effets euphoriques liés à la consommation de cannabis.

Une fois le THC ingéré, il va imiter partiellement l’anandamide pour ensuite se lier aux CB1 qui se trouvent dans les systèmes nerveux central et périphérique. Après s’y être fixé, il va les activer et les stimuler comme le fait naturellement l’anandamide pour ainsi amener notre corps à booster la production de dopamine. C’est de cette façon que le THC :

  • modifie notre façon de penser,
  • altère notre manière de ressentir les éléments qui nous entourent,
  • engendre des effets euphoriques et convulsifs,
  • mène à la dépendance,
  • endommage l’activité cérébrale,
  • provoque l’anxiété et la paranoïa,
  • minimise les capacités d’apprentissage…

Malgré ses effets néfastes, le Δ-9 -tétrahydrocannabinol peut agir en synergie avec le CBD à partir du moment où le taux maximum de 0,3 % est respecté. Il peut conjuguer toutes ses propriétés bienfaisantes pendant que le cannabidiol conjugue les siennes et régule ou supprime complètement ses effets psychotropes. Lorsque ce taux maximum légal n’est pas respecté, le produit en question relève automatiquement de la politique pénale de la lutte contre les stupéfiants.

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Le cannabinol (CBN)

La structure partielle de ce cannabinoïde a été découverte par le chimiste britannique Robert S. Cahn à l’aube des années 30. En 1940, Roger Adams s’est basé sur les travaux de ce chimiste et parvient à isoler le CBN. D’après les scientifiques qui ont analysé en profondeur le cannabinol, ce dernier s’avère légèrement psychotrope du fait qu’il est issu de l’oxydation du THC. Cela dit, il se développe au fur et à mesure que ce dernier vieillit. Il a été constaté que ses effets seraient équivalents à 10 % de ceux du Δ -9 -tétrahydrocannabinol. Une plante de chanvre mûre n’en contient qu’une infime quantité.

Hormis le CBG, CBD, THC et CBN, un plant de cannabis sativa L. contient également de la tétrahydrocannabivarine (THCV). Bien qu’étant lui-même légèrement psychoactif à l’instar du CBN, il est un antagoniste des CB1, c’est-à-dire qu’il peut annuler les effets du THC. On note aussi le cannabichromène (CBC) dont la structure est similaire à celle du CBD, CBN, CBG et le THC. Avec le temps, il se dégrade naturellement en cannabicyclol (CBL). Lorsque le cannabis sativa L. est cueilli, puis séché, sa proportion en CBD descend sous la barre de 1 %.

Ensemble, tous ces cannabinoïdes créent l’effet d’entourage tant recherché par les consommateurs.

Comment sont fabriqués les produits à base de cannabidiol ?

La première étape consiste en l’extraction des différents cannabinoïdes présents dans le plant de chanvre. Ceux-ci sont plus exactement stockés dans les trichomes résineux situés essentiellement au niveau de la fleur. Les branches ainsi que les feuilles en referment également, mais en quantité restreinte. Au-delà des phytocannabinoïdes, les terpènes et les flavonoïdes sont aussi extraits de la plante. La méthode d’extraction se fait par solvant synthétique, à base d’huile végétale ou par fluide supercritique.

Une fois l’extraction effectuée, le produit ainsi obtenu fera l’objet d’une wintérisation. Le but est de le purifier au maximum et d’en booster aussi bien la qualité que la valeur. On obtient ainsi un extrait de chanvre full spectrum qui contient l’intégralité des substances actives du cannabis sativa L. Celui est débarrassé de ses impuretés et des éléments indésirables comme les graisses, les cires, les lipides… C’est à partir de cet extrait que seront fabriqués les produits finis souhaités, dont les huiles, les cosmétiques, les comestibles, etc. Selon le genre de produit à base CBD que l’on désire produire, on peut le mélanger à différents ingrédients.

Afin d’obtenir des cristaux CBD, l’extrait de chanvre subit un processus supplémentaire durant lequel on isole avec une grande précision le cannabidiol des autres substances actives non souhaitées. Ce processus est connu sous le nom de chromatographie. On opte également pour celui-ci dans la création de produits broad spectrum ou à spectre large. En l’occurrence, on isole le THC, puis on l’élimine naturellement jusqu’à ce qu’il n’en reste plus.

Pour ce qui est des tisanes et infusions CBD, ceux-ci sont fabriqués à partir des feuilles brutes et fleurs de cannabis sativa L. Pour créer des moon rocks, on doit imbiber de la fleur de cannabidiol dans de l’huile de chanvre et la rouler par la suite dans du kief. Au terme de ce processus, on obtient un produit qui ressemble à s’y méprendre à une pierre de lune, d’où son nom.

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