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Ménopause et phytothérapie

Dr Bérengère Arnal-Schnebelen, (gynécologue, responsable du DU de phytothérapie, Faculté
de Médecine Paris XIII)
" Notre Santé au Futur ! "Mercredi 17 janvier 01 Assemblée Nationale

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La prise en charge thérapeutique de la ménopause, qu'elle soit allopathique ou phytothérapique, concerne un très grand nombre de femmes puisque 10 millions de femmes sont ménopausées en France, 400 000 nouvelles femmes le sont chaque année. 17 % de ces femmes, seulement prennent un traitement hormonal substitutif allopathique (THS). Mais il faut savoir que sur ces 17 % de femmes :
- Une femme sur deux abandonnera le THS en 24 mois,
- 20 à 30 % de ces femmes ne le commenceront même pas,
- 10 % le prendront irrégulièrement,
- 20 % le prendront moins de 9 mois.

Comment traiter les plus de 80 % de femmes restantes ?
Pourquoi traiter la ménopause, qui n'est pas une maladie en soi ?

Cette situation hormonale qui correspond à l'arrêt des sécrétions ovariennes peut s'accompagner de divers troubles inconfortables tels que notamment, les bouffées de chaleur, une sécheresse de la peau et des muqueuses. Elle conduit la femme vers un vieillissement général qui s'accentue, avec une augmentation du risque cardio-vasculaire et une déminéralisation progressive, pouvant dans certains cas seulement conduire à une ostéoporose, dont tous connaissent la gravité. La pratique d'une ostéodensitométrie dès l'arrêt des règles renseigne sur la minéralisation de la femme, et si elle est normale, autorise la mise en place d'un traitement hormonal plus naturel, en l'occurrence phytothérapique.

L'information et le choix doivent être donnés aux femmes ménopausées. Le traitement phytothérapique substitutif dans un souci de se calquer sur le cycle naturel et sur le THS associe des phyto-oestrogènes, le plus souvent du soja et des phyto-progestatifs. Les indications peuvent être les suivantes :
- Après 10 ans de prise de THS.
- Lorsque le THS n‚est pas souhaité par la femme
- Lorsque le THS est mal toléré par la femme (prise de poids, saignements, maux de seins…)
- En cas de non-observance du THS
- En cas de contre-indications relatives au THS (obésité, diabète, tabac, mastoses..)
- En association avec le THS afin d'en diminuer les doses

Les principes végétaux ne sont pas des remèdes de " bonne femme ", mais de " bone fame ", c'est-à-dire " bona fama ", de bonne réputation. L'usage traditionnel a orienté le médecin phytothérapeute vers un certain nombre de végétaux à usage hormonal, comme les sauges, Salvia officinalis et Salvia sclarea notamment. L'observation, dans les années 1950, de moutons présentant de gros troubles de la fertilité, a permis de mettre en évidence la forte activité oestrogénique du trèfle souterrain, Trifolium subterraneum. Des milliers de publications, depuis, font état de l'oestrogénicité de plus de 600 végétaux.
Un rapport d'expertise sur les phyto-oestrogènes, demandé en 1996 au Dr Catherine Bennetau-Pelissero, par le Ministère du Travail et des Affaires Sociales, dans le cadre d'un groupe de travail " Contaminants et phyto-sanitaires " est de façon étonnante, resté sans aucune suite.

La plante la plus étudiée à ce jour est le soja, Glycine soja. L'interprétation de certaines données épidémiologiques a pu faire penser et publier, que les femmes japonaises qui consommaient du soja depuis leur petite enfance présentaient de ce fait uniquement, moins de cancer du sein. Un pas facile avait été franchi informant le grand public d'une soi-disant protection par rapport au cancer du sein, et de leur innocuité chez une femme présentant un cancer gynécologique hormonodépendant (sein, endomètre).
Nous avons été les premiers à informer par voie de presse, de la nécessité absolue d'observer, pour les traitements hormonaux phytothérapies, (TPS), les mêmes contre-indications que pour les THS, c'est-à-dire, les cancers gynécologiques hormonodépendantss du sein et de l'endomètre, et les accidents thromboemboliques, contrairement à ce que soutenaient des laboratoires, leader d'opinion. Fort heureusement, les médecins allopathes sont revenus sur ces assertions, non dénuées de danger pour les femmes concernées.

La qualification de complément alimentaire actuellement donnée aux produits phyto-hormonaux complique grandement une situation qui n'est déjà pas simple, mais elle apporte de grandes satisfactions commerciales aux laboratoires les mettant sur le marché.
19 produits sont déjà en vente en pharmacie, sans compter les produits vendus par correspondance et dans les boutiques diététiques. Cette qualification encourage de plus l'auto-médication, qui n'est sûrement pas sans danger, surtout si la femme n'est pas régulièrement suivie par un médecin, car le risque de cancérisation sous TPS n'est pas éliminé. Si le terme de complément nutritionnel s'applique parfaitement au soja, il n'en est pas forcément de même pour le trèfle, Trifolium repens (diapositive)ou la luzerne, Medicago sativa, qui assimilent la femme à une brebis qu'elle n'est pas…

Pour le médecin phytothérapeute, les phyto-hormones ne sont pas des compléments nutritionnels, mais des phyto-médicaments. Les recherches pratiquées par les universitaires, tant dans les facultés de sciences que de pharmacie, le sont avec autant de rigueur que pour un médicament allopathique. Ces phyto-hormones devraient faire l'objet ; avec toutes les difficultés que cela comporte, d‚une véritable autorisation de mise sur le marché (AMM). Celle-ci cautionnerait et authentifierait le réel pouvoir thérapeutique de ces molécules, qui, notamment pour les isoflavones du soja, ne sont pas seulement dotées de propriétés hormonales, mais aussi d'actions anti-oxydantes majeures, intervenant à divers niveaux, sur le processus du vieillissement cellulaire, ce qui n'est jamais le fait d'une molécule de synthèse.

En matière de ménopause, l'équilibre de la femme s'intègre dans une notion de prise en charge globale, qui passe par l'attention portée aux facteurs émotionnels, neuro-hormonaux, immunitaires mais aussi nutritionnels et environnementaux. L'importance de l'alimentation est grande, elle est souvent négligée par le médecin.

L'environnement, du fait de la présence croissante des xéno-oestrogènes, peut interférer de façon conséquente, sur les processus de carcinogenèse, notamment en matière de cancer du sein et de l'utérus. Les xéno-oestrogènes sont des composés exogènes non naturels, d'origine industrielle, à activité oestrogénique, dont DTT et la dioxine (travaux du PR Marty, de Bordeaux).


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