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Sois sage, ma douleur

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La douleur est souvent un mystère, écrit Maurice CLAVEL.
Cette douleur implique l’Etre dans toute son histoire, tous ses secrets. C’est un élément affectif chargé de représentations. Elle est vécue d’une façon globale, à la fois sur le plan corporel et sur le plan psychique. Infiltrée dans le corps, les pensées, les émotions, elle constitue une menace pour l’intégrité physique et mentale.
Derrière l’objet douleur, il y a nécessairement un sujet qui souffre.
Il y a lieu de briser le cercle infernal : Douleur, Mal-être, Stress

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Deux grands groupes de douleurs :
-celle dont la composante est organique, où il y a la prise en compte de la réalité de la douleur physique.
- celle dont la composante est psychique.

Douleur dont la composante est organique

Si la douleur organique n’est pas soulagée, elle peut amener le patient à se recroqueviller sur lui-même, elle peut générer angoisse et dépression.
En effet :
Une douleur aiguë va engendrer de l’anxiété. Une douleur chronique risque d’être accompagnée de dépression

Lorsque le vécu est douloureux, des troubles de l’humeur, du sommeil, de l’appétit, de la libido, de la concentration s’installent. Si la douleur persiste, lancinante, chronique, le malade finit par perdre espoir. Il voit ses repères changer, son image corporelle se modifier, ses relations à l’entourage et ses réactions face aux événements sont perturbées.
Il va guetter l’accès douloureux et la zone algique surinvestie devient sa seule préoccupation.
L’accompagnement psychologique l’aidera alors à retrouver de nouveaux repères sur lesquels il pourra s’appuyer.
Les thérapies de relaxation lui permettront de relâcher les tensions et de réduire son anxiété, il faudra aussi lui laisser un espace pour exprimer sa souffrance.
Car si cette souffrance reste impossible à parler, à s’élaborer, elle se manifestera sous d’autres formes, notamment par une douleur psychique. C’est parce que sa douleur est infiltrée par l’angoisse que le patient devient dépressif.

Douleur dont la composante est psychique

Dans la douleur dont la composante est psychique, bien souvent, le lien avec des facteurs psychologiques est dénié. Certains répètent les investigations, tous les modes d’exploration, même les plus sophistiqués, auront été épuisés jusqu’à l’éradication par voie chirurgicale. Et pourtant la douleur persiste, lancinante, elle est une menace encore plus lourde qu’elle demeure inexpliquée et que personne n’a réussi à lui trouver une cause. Il importe de décoder ce qui se joue derrière ce message dont le code d’accès bien complexe traduit une réelle souffrance, il s’agit de pouvoir entendre si « j’ai mal » signifie « je suis mal ».
Pour Milton Erickson*, psychothérapeute, nous souffrons avec « un tiers de douleurs du passé, un tiers de douleurs présentes, un tiers de douleurs du futur », une manière d’expliquer combien notre douleur est infiltrée par notre passé et par nos peurs du futur.
Pour les psychanalystes, le problème de la douleur correspondrait au manque. Les premières expériences douloureuses de l’enfant sont souvent liées à l’absence, la séparation ou l’abandon. Des statistiques ont révélé qu’un certain nombre de personnes se plaignant de douleurs chroniques (musculaires et articulaires) relataient une enfance rigide, sans plaisir ; d’autres avaient vécu des expériences précoces traumatisantes : deuils, pertes, séparations, divorce, abandons, d’autres encore n’auraient pas été suffisamment entourées, maternées, touchées d’où la fragilité de leur enveloppe corporelle, « l’enveloppe souffrance » décrite par Didier Anzieu* La douleur vient alors pallier un sentiment d’existence défaillant : « Je souffre donc je suis », devient alors le seul mode d’expression possible. Pour D. Anzieu, « Elle témoigne d’une souffrance indicible, celle d’un « manque à être ».

Plus les traumatismes se sont répétés dans la prime enfance, plus ils risquent de se réactualiser dans la douleur. C’est aussi la raison pour laquelle certains auront un seuil de douleur très bas, d’autres plus tolérable. Ces paramètres témoignent pour certains de la difficulté à dépasser une douleur.

Il arrive aussi que la douleur corporelle survienne après un deuil. Le corps réagit à la moindre émotion, la perte d’un être cher entraîne une émotion plus ou moins vive et un état de deuil plus ou moins profond en fonction des personnes. La pathologie du deuil peut s’étendre chez le malade douloureux à des situations de perte autres que celle d’un être cher, en particulier après un divorce, une séparation, la perte d’un idéal, d’un emploi, le départ des enfants, la mise à la retraite, l’amputation d’un membre ou après une intervention chirurgicale comme une hystérectomie, que la femme peut vivre comme le deuil de sa féminité. La souffrance, à défaut de pouvoir s’élaborer par la parole, se répercutera dans le corps. Il s’agit donc ici de décoder ce qui se joue derrière ce message dont le code d’accès bien complexe traduit une souffrance et entendre si « j’ai mal » signifie « je suis mal ».

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Comment maîtriser notre douleur, quelles techniques utiliser ?

Il existe un large éventail de traitements pour calmer une douleur. Nombreuses sont les orientations pour venir à bout de la douleur, aussi est-il utile de consulter votre médecin qui vous aidera à choisir un traitement adéquat.

Du bon usage de la relaxation

De nombreuses études ont montré que l’apprentissage des techniques de relaxation entraînait une diminution des phénomènes d’anxiété et un relâchement de la tension musculaire. L’inquiétude qui caractérise le sujet anxieux perd, au cours des séances, son caractère permanent et les tensions se dénouent au fil des entraînements.

Quelques techniques à utiliser :

LA RELAXATION

La relaxation génère un état de repos associé à un relâchement de la tension musculaire.

LE TRAINING AUTOGENE

Basée sur l’apprentissage de certains exercices de relaxation et de concentration, à travers des suggestions précises, il permet de contrôler des messages venant de chaque organes par :
– l’apprentissage des sensations de pesanteur, de chaleur
– l’apprentissage du contrôle de la respiration qui permet une meilleure sédation de la douleur
– la concentration sur le rythme cardiaque.
L’ensemble de la séance dure environ quinze minutes et devra être répété deux à trois fois par jour. Le training autogène comporte six stades, six exercices visant six zones différentes :
1) expérimentation de la lourdeur : les muscles,
2) expérimentation de la chaleur : les vaisseaux sanguins,
3) expérimentation cardiaque : le cœur,
4) expérimentation de la respiration,
5) expérimentation de la chaleur abdominale,
6) la tête : le front frais.
Cette technique est très efficace notamment dans les cas de douleurs chroniques.

LA SOPHROLOGIE

Le patient pourra, au lieu de se focaliser sur sa douleur, se concentrer sur la détente de son corps, de ses membres, les uns après les autres...Il va ainsi se déconnecter du monde extérieur et établir une nouvelle relation avec son corps. Il découvrira par cette détente qu’il peut vivre son corps autrement qu’à travers la douleur. Cette détente corporelle va petit à petit engendrer une détente mentale et diminuer la pathologie douloureuse. La douleur est donc pour le moment remplacée par une attitude plus objective. Le vécu de la douleur change, les angoisses s’estompent.


Il importe donc d’écouter la plainte pour tenter de savoir où se situe la demande afin d’adapter le traitement choisir celle qui convient le mieux. Si le patient adhère en effet à la démarche thérapeutique, il participe activement au processus de guérison. Il pourra lui-même mettre en place une stratégie anti-douleur et restera moins figé sur sa plainte.
Il pourra peu à peu se réinvestir dans des projets de vie. Le but ultime étant d’arriver à dépasser la douleur ou à défaut, l’accepter et la transcender, comme Goethe qui, pour ce faire, narrait les Souffrances du Jeune Werther, ou Baudelaire qui conversait avec sa douleur : « Sois sage oh ma douleur, et tiens toi tranquille », une manière de la sublimer…


*Michèle Freud est psychothérapeute et auteur de plusieurs ouvrages. Elle dirige également la formation de sophrologues à St Raphaël dans le Var où sont animés également de nombreux séminaires à thème

Voir programme de l’ensemble des formations :

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