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LA PEAU DANS TOUS SES ETATS
Remplie de récepteurs sensoriels, la peau est le plus sensible de nos organes. Elle reflète notre état psychique et notre santé en général. « Etre mal dans sa peau », « avoir les nerfs à fleur de peau », « avoir la peau dure », ou encore « l’avoir dans la peau », nombreuses sont les métaphores à utiliser la peau comme marqueur somatique. Par Michèle Freud, psychothérapeute, auteur de « réconcilier l’âme et le corps » Abonnez-vous pour profiter de la totalité du site, en clair et sans publicités, consulter tous nos dossiers, en lien avec les fiches correspondantes.
Aujourd’hui, le lien entre les réactions physiologiques et psychologiques s’explique scientifiquement : De récentes découvertes ont montré que les cellules cutanées forment avec les terminaisons nerveuses présentes dans la peau de nombreuses connexions. Elles échangent ainsi en permanence des informations, sous forme de petites molécules appelées neuromédiateurs. Ainsi une vingtaine d'entre eux, communs à la peau et au cerveau, ont-ils été recensés. Notre cerveau joue un rôle capital dans le processus de notre fonctionnement psychique. Le système nerveux central dépend de la régulation de l’organisme et de nos comportements. En coordination avec le système limbique, il permet de faire face à l’environnement. Toutes nos émotions sont accompagnées de modifications physiologiques. L’hypothalamus réagit à un choc, en déclenchant toute une série de réactions : accélération cardiaque, montée d’adrénaline, augmentation de la sécrétion de liquide gastrique. Chacun met en place une stratégie d’ajustement pour gérer son émotion. L’alerte passée, tout rentre dans l’ordre. Une somatisation est une projection sur le plan corporel des perturbations émotionnelles. L’organisme se comporte tel un miroir de l’âme : quand l’état émotionnel est secoué, c’est l’énergie de l’organe qui en pâti. On appellera souvent la peau au secours quand on n'a pas les mots pour le dire : « Quand ça ne passe pas par la bouche, il faut bien que ça passe ailleurs ! » écrit Groddeck(1), contemporain de Freud, considéré comme le père de la médecine psychosomatique, et auteur attentif du langage du corps vécu. Pour lui, nos organes parlent, Ce qui est tu, réprimé, s’exprimera à même le corps chargé de supporter tous ces silences. Il se fait l’écho de nos frustrations et tourments dont nous ne sommes pas toujours conscients. La peau, organe sensoriel traduisant nos sentiments, fait la jonction entre le « dehors » et le « dedans », elle est le lieu privilégié de l’expression émotionnelle. Quand nous sommes anxieux, angoissés et que nous nous trouvons dans l’impossibilité de verbaliser notre peur, celle-ci se traduira par une allergie ou par tout autre message.
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