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Ménopause et phytothérapieDr Bérengère Arnal-Schnebelen, (gynécologue,
responsable du DU de phytothérapie, Faculté Abonnez-vous pour profiter de la totalité du site, en clair et sans publicités, consulter tous nos dossiers, en lien avec les fiches correspondantes.
La prise en charge thérapeutique de la ménopause, qu'elle
soit allopathique ou phytothérapique, concerne un très grand
nombre de femmes puisque 10 millions de femmes sont ménopausées
en France, 400 000 nouvelles femmes le sont chaque année. 17 % de
ces femmes, seulement prennent un traitement hormonal substitutif allopathique
(THS). Mais il faut savoir que sur ces 17 % de femmes : Comment traiter les plus de 80 % de femmes restantes ? Cette situation hormonale qui correspond à l'arrêt des sécrétions ovariennes peut s'accompagner de divers troubles inconfortables tels que notamment, les bouffées de chaleur, une sécheresse de la peau et des muqueuses. Elle conduit la femme vers un vieillissement général qui s'accentue, avec une augmentation du risque cardio-vasculaire et une déminéralisation progressive, pouvant dans certains cas seulement conduire à une ostéoporose, dont tous connaissent la gravité. La pratique d'une ostéodensitométrie dès l'arrêt des règles renseigne sur la minéralisation de la femme, et si elle est normale, autorise la mise en place d'un traitement hormonal plus naturel, en l'occurrence phytothérapique. L'information et le choix doivent être donnés aux femmes ménopausées.
Le traitement phytothérapique substitutif dans un souci de se calquer
sur le cycle naturel et sur le THS associe des phyto-oestrogènes,
le plus souvent du soja et des phyto-progestatifs. Les indications
peuvent être les suivantes : Les principes végétaux ne sont pas des remèdes de " bonne
femme ", mais de " bone fame ", c'est-à-dire " bona
fama ", de bonne réputation. L'usage traditionnel a orienté le
médecin phytothérapeute vers un certain nombre de végétaux
à usage hormonal, comme les sauges, Salvia officinalis et Salvia sclarea
notamment. L'observation, dans les années 1950, de moutons présentant
de gros troubles de la fertilité, a permis de mettre en évidence
la forte activité oestrogénique du trèfle souterrain,
Trifolium subterraneum. Des milliers de publications, depuis, font état
de l'oestrogénicité
de plus de 600 végétaux. La plante la plus étudiée à ce jour est le soja, Glycine
soja. L'interprétation de certaines données épidémiologiques
a pu faire penser et publier, que les femmes japonaises qui consommaient
du soja depuis leur petite enfance présentaient de ce fait uniquement,
moins de cancer du sein. Un pas facile avait été franchi informant
le grand public d'une soi-disant protection par rapport au cancer du sein,
et de leur innocuité chez une femme présentant un cancer gynécologique
hormonodépendant (sein, endomètre). La qualification de complément alimentaire actuellement donnée
aux produits phyto-hormonaux complique grandement une situation qui n'est
déjà pas simple, mais elle apporte de grandes satisfactions
commerciales aux laboratoires les mettant sur le marché. Pour le médecin phytothérapeute, les phyto-hormones ne sont pas des compléments nutritionnels, mais des phyto-médicaments. Les recherches pratiquées par les universitaires, tant dans les facultés de sciences que de pharmacie, le sont avec autant de rigueur que pour un médicament allopathique. Ces phyto-hormones devraient faire l'objet ; avec toutes les difficultés que cela comporte, dune véritable autorisation de mise sur le marché (AMM). Celle-ci cautionnerait et authentifierait le réel pouvoir thérapeutique de ces molécules, qui, notamment pour les isoflavones du soja, ne sont pas seulement dotées de propriétés hormonales, mais aussi d'actions anti-oxydantes majeures, intervenant à divers niveaux, sur le processus du vieillissement cellulaire, ce qui n'est jamais le fait d'une molécule de synthèse. En matière de ménopause, l'équilibre de la femme s'intègre dans une notion de prise en charge globale, qui passe par l'attention portée aux facteurs émotionnels, neuro-hormonaux, immunitaires mais aussi nutritionnels et environnementaux. L'importance de l'alimentation est grande, elle est souvent négligée par le médecin. L'environnement, du fait de la présence croissante des xéno-oestrogènes, peut interférer de façon conséquente, sur les processus de carcinogenèse, notamment en matière de cancer du sein et de l'utérus. Les xéno-oestrogènes sont des composés exogènes non naturels, d'origine industrielle, à activité oestrogénique, dont DTT et la dioxine (travaux du PR Marty, de Bordeaux).
Rappelons qu'une femme sur neuf en France est atteinte d'un cancer du sein,
contre une femme sur 40 au Japon. Des interprétations rapides des
données épidémiologiques ont attribué cette différence
importante à
la consommation, par les japonaises, de soja depuis l'enfance. Il semblerait
que ce faible taux soit multifactoriel, lié
à un mode de vie totalement différent : La polémique autour du risque carcinologique lié aux THS perdure. Le PR Israël (dès 1993), tout comme le PR Joyeux (1998) mettent en cause les traitements hormonaux dans cette augmentation dramatique du cancer du sein. Il faut bien constater que la première chose demandée à une femme atteinte de cancer du sein, est d'arrêter toute hormone à usage gynécologique, qu'il s'agisse de la pilule contraceptive, des traitements progestatifs, ou de THS. L'étude du végétal au cours des siècles, a permis de confirmer l'efficacité de la phytothérapie dans un certain nombre de pathologies, dans des conditions précises de préparation. Elle a mis en évidence des effets secondaires possibles, la notion de dose et la possibilité d'effets indésirables voire de toxicité. Le grand public à tendance à l'oublier. Les ressources du végétal sont quasi infinies et servent en permanence, de modèle à la chimie de synthèse la plus avancée, notamment en matière de chimiothérapie anti-cancéreuse, ouvrant là de vastes champs de recherche. Les intérêts commerciaux et la recherche du sensationnel, les
notions de mode doivent passer au second plan. Mais nous devons être
vigilants, car de nouveaux problèmes liés à la mode
du Le " primum non nocere ", " d'abord ne pas nuire ",
d'Hippocrate, doit accompagner notre quête de médecin pour soulager,
soigner et guérir quand cela est possible. La plus grande prudence
est de mise quelle que soit la ou les thérapeutiques choisies, qui
peuvent sassocier et se compléter. L'automédication si
fréquente en matière de phytothérapie, la mise sur le
marché de produits non scientifiquement contrôlés, sont
sources d'erreurs, de risques, d'inefficacité et de perte de crédibilité
du pouvoir thérapeutique du végétal. Prescrire, conseiller,
mais aussi et surtout, mettre au point un produit végétal à visée
thérapeutique ou alimentaire, ne peut se faire sans une parfaite connaissance
de la physiologie, de la physiopathologie, de la pharmacocinétique
et des risques liés
à l'utilisation de cette plante, même si elle n'est pas toxique
(exemple du soja et nous n'avons pas parlé
des retentissements chez l'individu masculin
). La phytothérapie s'enseigne à la faculté
de médecine Paris XIII. Le PR Cornillot qui en a
été le doyen fondateur a créé
en 1982, non sans mal et sans critiques virulentes, le Département
Universitaire des Médecines Naturelles qui regroupe diverses pratiques
thérapeutiques : l'homéopathie, la naturopathie, l'acupuncture,
l'auriculothérapie, la mésothérapie, l'ostéopathie
et la phytothérapie. L'ouverture n'est plus à faire, l'usage thérapeutique du végétal accompagne l'histoire de l'Homme. Et le premier remède de l'Homme devrait être son aliment végétal. Vous souhaitez commenter cette page : Contacts |
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